L’ex-journaliste Pierre Duchesne fait une entrée remarquée sur la scène politique provinciale. Le nouveau candidat à l’investiture péquiste dans Borduas fait déjà l’objet d’une plainte du Parti libéral du Québec (PLQ) au Conseil de presse et à l’Ombudsman de Radio-Canada.
« Nous avons toutes les raisons de croire que le Guide de déontologie des journalistes du Québec et les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada ont été enfreints et que monsieur Duchesne s’est retrouvé dans une situation de conflit d’intérêts grave », écrit le directeur général du PLQ, Karl Blackburn, dans une lettre envoyée, vendredi, au Conseil de presse et à l’Ombudsman de la SRC.
Les libéraux accusent le parti de Pauline Marois d’avoir « tiré profit d’une telle situation », alors que les autres formations politiques « ont fait les frais d’une couverture médiatique biaisée ».
Pour le nouveau politicien péquiste, cette manœuvre est politique. Rien à voir avec son éthique journalistique, qu’il défend vigoureusement.
Cependant, les versions entourant la décision de Pierre Duchesne de se lancer en politique se multiplient. L’ancien député bloquiste Yves Lessard songe à se présenter contre l’ex-journaliste à l’investiture du comté de Borduas. Il soutient que Pauline Marois l’a informé que le comté était réservé dès le mois d’avril.
« Mme Marois m’avait dit qu’elle avait convenu avec quelqu’un de réserver le comté effectivement. Elle ne m’a pas dit c’était qui. Le comté était réservé à quelqu’un qui était professionnel et sa profession ne permettait pas présentement, au moment où on se parlait, de pouvoir annoncer cette candidature-là, que ce serait seulement au moment ou l’élection serait évidente, à l’approche d’élection », a-t-il dit lors d’une entrevue avec TVA Nouvelles.
La Presse indiquait la semaine dernière que « la direction du PQ a prévenu, il y a trois mois, l’ex-députée bloquiste Carole Lavallée, pressentie dans Borduas, que la circonscription était réservée à un candidat-vedette de Radio-Canada ».
Des versions niées par la chef péquiste, Pauline Marois, qui affirme que son parti avait bel et bien ciblé l’ancien correspondant parlementaire comme un candidat potentiel il y a quelque temps, mais qu’il n’est entré contact avec lui qu’après son départ de la SRC.
Le principal intéressé a lui aussi assuré, vendredi, qu’il n’avait jamais eu de discussion sur une éventuelle candidature pour un parti politique avant de quitter Radio-Canada.