La campagne électorale débutera dans quelques semaines.
J’espère qu’elle sera fertile en événements, car si je me fie aux gens que je rencontre et aux courriels que je lis, si ça continue comme ça, on risque de se retrouver avec un taux de participation étonnamment bas aux prochaines élections.
Bref, l’offre électorale n’est pas très alléchante.
CORRUPTION ET CARRÉ ROUGE
Beaucoup de lecteurs et amis m’ont avoué ces derniers jours ne pas savoir pour qui voter. Ils se sentent orphelins.
Le PLQ ? Trop longtemps au pouvoir, trop d’allégations de corruption, trop de rumeurs de conflits d’intérêts, méfiance, fatigue, lassitude.
Sans oublier la trop grande proximité entre Jean Charest et l’empire Desmarais.
Le PQ ? Trop près des syndicats et des associations étudiantes, trop à gauche, une chef inconsistante qui change souvent d’idées (brandissant le rapport Duchesneau puis attaquant la crédibilité de son auteur, appuyant tour à tour le dégel, le gel puis l’indexation des frais étudiants), un parti marchant sur des œufs et incapable de trancher (Pauline Marois s’engage à organiser des états généraux sur le financement des universités, un sujet qui a été maintes fois analysé).
Sans oublier le carré rouge et l’épisode des casseroles.
On peut comprendre qu’un simple citoyen tape sur des chaudrons pour se faire entendre : il n’a pas d’autres voix. Mais la chef de l’opposition peut confronter le premier ministre en Chambre — que fait-elle à manifester dans la rue comme si elle était un quidam comme tout le monde ?
Tout cela sent l’opportunisme de bas étage.
UNE OFFRE PEU ALLÉCHANTE
Quant à la CAQ, plusieurs personnes m’ont confié ne plus rien comprendre à ce parti, qui accueille à la fois des souverainistes de gauche et des fédéralistes de droite, et qui semble être partout et nulle part à la fois.
« Ça ressemble plus à un gadget qu’à un véritable parti politique », m’a confié un ami. « Une version 2.0 du PLQ plutôt qu’une véritable troisième voie », m’a dit un autre.
L’ADQ ne s’est pas seulement fait avaler par la CAQ : la formation de François Legault l’a digérée et a actionné la chasse d’eau.
Il reste finalement Québec solidaire, un parti d’extrême gauche déguisé en parti de gauche, qui flirte avec des groupes radicaux.
Bref, l’offre électorale n’est pas très alléchante.
L’électeur moyen se retrouve comme le cinéphile qui doit choisir entre Ironman 3, Thor 2, un concert filmé de Justin Bieber et Bugs Bunny en 3D.
VIVEMENT UN CODE D’ÉTHIQUE !
L’autre jour, je parlais de la couverture incroyablement biaisée de la crise étudiante par Pierre Duchesne, à l’époque où il travaillait à Radio-Canada tout en faisant les yeux doux au PQ.
« Monsieur Duchesne était journaliste dans une institution publique. N’était-il pas tenu de respecter une certaine objectivité ? », écrivais-je.
Ça m’a valu ce message d’un lecteur :
« À quand un code d'éthique pour les journalistes politiques des chaînes publiques qui les obligerait à un minimum décent d'absence des ondes avant de prendre officiellement parti pour l'un ou l’autre des acteurs politiques qu'ils ont “couverts” assidument ?
« Si on le fait pour les politiciens qui quittent leurs fonctions et doivent s'abstenir d'activités qui les mettent en contact avec le gouvernement pendant un certain temps, l'inverse ne devrait-il pas être vrai ? »