En accordant de l'aide financière à dix-sept projets d’organismes anglophones de la grande région de Montréal, Ottawa a fait bondir les organismes de défense de la langue française.
Le financement de plus de 4 millions $, déjà prévu au budget, est destiné à 22 projets au total, et vise à favoriser l’épanouissement des communautés francophones et anglophones minoritaires du pays. Les sommes proviennent des Programmes d’appui aux langues officielles.
«Notre dualité linguistique est un atout économique, social et culturel pour l’ensemble des Canadiens, a dit d’entrée de jeu le secrétaire parlementaire de la ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux et pour les Langues officielles, Jacques Gourde. C’est pourquoi le gouvernement entend ainsi maintenir le financement qui vise à préserver à célébrer et à renforcer la dualité linguistique au Canada.»
Dix-sept de ces programmes financés sont des organismes anglophones situés dans la métropole et ses environs. «Je n’ai pas vu la liste exacte des organismes, mais il y a beaucoup d’argent destiné à des organismes anglophones qui sont en situation minoritaire ici, à Montréal. C’est pour ça qu’il y a plus d’organismes anglophones», a expliqué M. Gourde, qui s’est lui-même fait reprocher son unilinguisme francophone par le Nouveau Parti démocratique au mois de mai.
Les défenseurs du français en colère
Le gouvernement du Canada destine à peine plus du tiers du financement de 4 415 801 $ à des organismes francophones de la ville, soit 1 626 302 $.
Pour l’organisme Impératif français, ce financement constitue une fois de plus un geste d’agression et d’arrogance à l’endroit de la francophonie canadienne et de celle du Québec. «La langue anglaise n’est nullement menacée au Canada, et c’est celle-ci qui menace le français dans l’ensemble canadien, a spécifié Jean-Paul Perreault, président de l’organisme. Les transferts linguistiques continuent d’avantager l’anglais et le gouvernement fédéral utilisera les impôts et les taxes des Québécois pour ça. C’est une aberration.»
Mario Beaulieu, président du Mouvement Québec français, est du même avis. «Quand on regarde la liste des organismes qui obtiendront un financement, on voit que ce sont essentiellement des projets anglophones, dont le Quebec Community Groups Network, qui recevra 1 560 000 $. Je trouve ça très choquant, surtout que ce groupe a comme mission d’angliciser le plus possible les services publics. Les anglophones au pays ne peuvent être considérés comme une minorité! La vraie minorité c’est les francophones.»