La décision de Stornoway Diamonds de produire de l’énergie avec des génératrices au diesel, la solution la moins chère à court terme, pour alimenter sa mine de diamant Renard, dans le Nord de la province, met Québec dans l’embarras.
En effet, le gouvernement Charest, qui se dit champion de la lutte aux réductions de gaz à effet de serre, favorise ce choix écologiquement néfaste en payant la grande majorité du prolongement de la route 167 qui mènera au projet minier Renard. C’est par cette route que le diesel sera ensuite acheminé au site.
La ligne électrique de 160 kilomètres aurait coûté 174 millions à construire. Mais même si l’État veut encourager l’énergie propre, « il ne peut pas payer pour le raccordement, estime le spécialiste en politiques énergétiques Pierre-Olivier Pineau, professeur aux HEC. Ça serait trop, on ne peut pas commencer à tout payer. Mais c’est une mauvaise nouvelle pour l’environnement », a-t-il ajouté, en pointant du doigt la bourse du carbone.
Le principe à la base de cet outil est de réduire les émissions de Co2. « En produisant de l’électricité avec du diesel, l’entreprise va être taxée. En principe, cela devrait miner sa compétitivité », selon M. Pineau.
Porte entrouverte
Ghislain Poirier, vice-président aux affaires publiques de Stornoway, admet ne pas savoir si l’étude de faisabilité sur une ligne d’électrique et les calculs de rentabilités tiennent compte de la bourse du carbone. L’entreprise reconnaît toutefois que le diesel coûtera plus cher à long terme. Elle dit ne pas totalement fermer la porte à l’hydroélectricité, qui reste le « scénario idéal ».
Mais la compagnie affirme ne pas avoir les reins assez solides pour se payer la ligne à haute tension. Les banques demandent un amortissement sur 11 ans et il est plus difficile de faire « un emprunt sur un actif qui ne nous appartient pas », a expliqué Ghislain M. Poirier.
Ainsi, Stornoway a choisi l’option « la moins chère à court terme », soit l’installation de génératrices au coût de 15 millions $, mais souhaite toujours de l’hydro-électricité. Selon M. Poirier, cette décision sera réévaluée lorsque la production débutera en 2016.