Difficile de nettoyer les parois d’un train de métro. C’est pourquoi le lave-auto sans contact conventionnel a été adapté format géant des trains, un dispositif qu’utilisent chaque nuit les employés de la Société de transport de Montréal (STM).
Trois trains sont nettoyés chaque nuit. Le premier à passer sous le savon est le train qui a été inspecté dans la journée. Dès 21 h 15, une équipe le prépare, raccorde les trois sections du train, le fait avancer grâce à des câbles électriques qui descendent du plafond, jusqu’à ce que la première motrice atteigne les barres d’alimentation.
Le train continue à cheminer dans le tunnel menant à la station Honoré-Beaugrand, puis est arrêté. Un autre employé prend les commandes à l’autre extrémité du train.
«Appuie-toi sur la fenêtre», suggère Louis Viau, un employé de la STM, à l’auteure de ces lignes, puisque l’accélération un peu saccadée peut déséquilibrer. Devant nous, l’immensité de l’atelier de sept voies, avec d’un côté la voie d’essai d’un kilomètre, de l’autre un garage où sont stationnés huit trains entre les pointes.
La direction des voies se change sous nos yeux pour que, une fois reparti en direction inverse, le train aille se faire savonner. Dans le lavoir, des jets de savons touchent d’abord la carrosserie, puis ce sont des jets d’eau pour le rinçage.
Puis, «les préposés viennent, ils vont essuyer les vitres, laver les planchers, les poteaux, etc.», a énuméré M. Lemieux.
Lorsqu’ils se mettent au travail, une odeur de propreté remplit l’air, dans un silence concentré. Ils ne doivent rien manquer.
Une équipe arrive même, à l’occasion, munie de nouvelles fenêtres. C’est que les graffitis et «scratchitis» sont un véritable fléau pour la STM.
«La ligne 1 (verte) est particulièrement touchée par les graffitis, plus que les autres lignes, parce qu’il y a beaucoup d’écoles secondaires, a précisé une autre employé, Martin Lemieux. L’été on a un répit, mais en septembre, ça repart.»
Si les étudiants qui viennent travailler en atelier durant l’été ne s’adonnent pas à ce genre de vandalisme, ils sont encore moins tentés de le faire par la suite, voyant le travail que cela représente.
Même chose pour les journaux qui jonchent le plancher. L’un d’eux remarque encore plus les gens qui laissent le journal derrière eux plutôt que de le déposer dans un bac à récupération, pensant faire plaisir à un autre usager. Ils se retrouvent au final poussés sur le plancher, entre les sièges.
«On ramasse les journaux dans les tunnels ou dans les garages. Les employés ont à marcher de grandes distances avec les sacs remplis de journaux. C’est très lourd. En plus de ça, ils ont beaucoup de choses à transporter», a raconté M. Lemieux.
Cette tâche prend beaucoup de temps et d’énergie pour les préposés à l’entretien.
Tous les trains sont balayés, idéalement vadrouillés et nettoyés minimalement chaque nuit. Ce travail sert à envoyer sur le réseau, le matin venu, des trains propres.