LAVAL -
Une seule journée avec la coupe Stanley, voilà le cours privilège qu’obtiennent ceux qui la remportent. Si la gloire est éphémère, on peut en dire autant des célébrations.
Un mois après la conquête des Kings, c’était au tour de Jonathan Bernier d’avoir un moment intime avec la coupe Stanley.
Moment intime qu’il a partagé non seulement avec famille et amis, mais également avec les élus municipaux et plusieurs centaines d’amateurs réunis à l’aréna Yvon-Chartrand de Laval.
«Ça paraît cours une seule journée pour célébrer, a convenu Bernier, en entrevue avec le Journal de Montréal. Cependant, avec tous les événements prévus et les émotions que la présence de la coupe nous fera vivre, j’ai l’impression que ce sera amplement suffisant.»
Il faut dire que la journée était réglée au quart de tour. Après son bain de foule, le gardien des Kings était attendu dans un restaurant du coin par 150 personnes.
Avant de le remettre aux autorités de la LNH vers les 4h30 du matin, Bernier comptait amener le précieux objet dans un bar pour clore cette journée de rêve avec ses plus proches amis.
«Ça, c’est si celui qui la surveille nous laisse faire», a-t-il lancé avant d’éclater de rire.
Transaction exigée
Les célébrations avec Mme Stanley sont l’occasion de boucler la boucle sur cette saison couronnée de succès.
Elles pourraient également marquer la fin de l’association de Bernier et des Kings de Los Angeles.
Après tout, il n’a gardé que 44 matchs au cours des trois dernières saisons.
Sans compter qu’il a regardé Jonathan Quick mener les Kings à la coupe Stanley. Un parcours au terme duquel celui-ci a remporté le trophée Conn Smythe et signé une prolongation de contrat de 10 ans, de l’ordre de 58 M$.
«J’ai demandé à Dean (Lombardi, le directeur général des Kings) de m’échanger., a admis Bernier, sans détour. Le contrat donné à Quick prouve qu’il sera l’homme des Kings pour plusieurs années et qu’ils peuvent se permettre de me laisser partir.»
Le gardien de 23 ans assure qu’il n’y a eu aucun développement depuis. Cependant, Toronto, Tampa Bay et Chicago pourraient se montrer intéressés.
Mentalement difficile
L’avenir semblait pourtant prometteur pour Bernier sous le chaud soleil de la Californie. Les Kings en avaient fait leur choix de premier tour (11e) lors du repêchage de 2006.
À l’époque, personne ne pouvait prévoir l’émergence de Quick, sélectionné l’été précédent. Surtout que l’Américain a dû faire un détour par la Ligue de la côte Est avant de faire le saut dans la Ligue américaine puis dans la Ligue nationale.
Bernier reconnait que ce fut ardu d’assister à cette conquête sans y prendre part activement.
«C’est très difficile mentalement. À l’entraînement, on travaille aussi fort que nos coéquipiers. On se dit que l’on est qu’à une blessure de jouer. En même temps, on ne le souhaite pas, a-t-il expliqué. J’espère avoir la chance d’en gagner un autre.»
D’ailleurs au moment des célébrations, sur la glace du Staples Center de Los Angeles, il avait déclaré à l’auteur de ces lignes: «Un jour, je vais en gagner une par moi-même. C’est moi qui garderai les buts. À ce moment-là, ce sera réellement comme dans mes rêves d’enfance.»
Il s’agira, une fois de plus, de tomber à la bonne place au bon moment.
Martin St-Louis et Eric Perrin avaient été les derniers Lavallois à amener la coupe Stanley à l’hôtel de ville de Laval. C’était en 2004 lors de la conquête du Lightning.