L’hôpital Royal Victoria fait face à une pénurie d’infirmières en raison du retrait préventif de neuf employées, qui sont toutes tombées enceintes récemment. Un problème qui force le report de plusieurs chirurgies.
« On a beaucoup de jeunes, et beaucoup de bébés ! », lance la présidente du syndicat des infirmières de l’hôpital Royal Victoria, Line Larocque.
Situation imprévisible
Au total, neuf des 50 infirmières du bloc opératoire ont quitté leurs fonctions au cours des derniers mois, après être tombées enceintes.
Selon la direction de l’hôpital, cette situation était totalement imprévisible.
« Ce sont tous des départs préventifs parce que les femmes sont tombées enceintes. C’était donc impossible de les prévoir, explique le porte-parole du Centre universitaire de santé McGill, Marc-Antoine Pouliot. Et si une femme qui travaille au bloc tombe enceinte, c’est le retrait automatique. »
Cette situation est d’ailleurs exceptionnelle. Normalement, l’hôpital compte deux ou trois retraits préventifs de grossesses en même temps.
Tous ces départs, qui représentent 20 % de la main d’œuvre du bloc opératoire, s’ajoutent donc à la diminution du personnel disponible durant la période estivale, en raison des vacances.
Chirurgies annulées
L’hôpital se retrouve donc forcé d’annuler plusieurs chirurgies, faute de personnel.
Selon Marc-Antoine Pouliot, il est toutefois impossible de chiffrer le nombre direct d’opérations reportées en lien avec ces retraits.
« Il y a plusieurs raisons qui font que les blocs ferment, notamment avec les horaires d’été, ajoute-t-il. Mais, ça touche l’ensemble des chirurgies effectuées à l’hôpital. »
Du côté du syndicat, il est évident que ces départs ont des conséquences sur le personnel en place.
« Quand on est infirmière, c’est sûr qu’on est capable de s’adapter, le yo-yo va vite, indique Line Larocque. Mais, c’est sûr que la situation met de la pression sur les infirmières, la charge est plus lourde. »
Défi du recrutement
Afin de pallier ces pertes, l’hôpital est actuellement en période de recrutement. Or, la situation pourrait s’avérer difficile étant donnée la complexité de la tâche au bloc opératoire.
« C’est le défi de recruter, avoue Marc-Antoine Pouliot. Ça prend de trois à six mois pour former une infirmière au bloc pour qu’elle soit complètement fonctionnelle. Mais, il y a déjà des gens en formation, et on continue. »
L’hôpital compte d’ailleurs combler les neuf postes laissés vacants au cours des derniers mois.
«Une infirmière en retrait peut être partie jusqu’à deux ans avec son congé de maternité, ajoute Marc-Antoine Pouliot. Et il y a toujours des phénomènes de ressources humaines qui peuvent survenir.»
Selon Line Larocque, les infirmière de l’hôpital ne sont pas particulièrement jeunes. Or, elle croit que l’hôpital devra être en mesure de prévoir ces situation pour les années à venir.
« Avec les nombreux départs à la retraite, il faut préparer le terrain, pense-t-elle. Ça n’ira sûrement pas en s’améliorant. »