Pour certains (les plus jeunes), Rock of Ages est le titre d’un long métrage avec Tom Cruise, l’adaptation cinématographique d’une comédie musicale en hommage aux bands chevelus des années 1980. Pour d’autres (les plus vieux), il s’agit plutôt d’une chanson de Def Leppard.
Tirée de l’album Pyromania (1983), cette pièce a beaucoup inspiré le quintette britannique au moment d’intituler sa tournée estivale, qui s’arrête à Montréal ce soir.
Personne ne pourra reprocher au groupe d’avoir voulu profiter de l’engouement entourant la sortie du film d’Adam Shankman. « On n’a pas hésité une seconde, dit le guitariste Phil Collen en entrevue téléphonique au Journal de Montréal. Trois de nos chansons jouent dans le film. On ne s’est pas posé de questions. »
Bien qu’il ait « beaucoup aimé » le long métrage, Collen ne s’est pas reconnu dans les personnages souvent stéréotypés qu’il met en scène. « Je ne corresponds pas au cliché, prétend-il. Le “musicien qui se tape des pitounes blondes entre deux lignes de coke”, ça n’a jamais été mon genre. Au contraire. Je ne bois pas depuis 25 ans. Je suis végétarien. Et ma femme et mes enfants sont noirs. »
« Mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas reconnu quelques-uns de mes amis dans le film ! », ajoute-t-il en riant.
Connexion québécoise
Def Leppard a toujours entretenu une relation privilégiée avec ses fans québécois. On n’a qu’à penser au Combat de clips, cette défunte émission de MusiquePlus que le groupe dominait outrageusement grâce aux Pour Some Sugar On Me et autres Love Bites.
La formation n’est jamais restée indifférente au soutien indéfectible du public d’ici. Phil Collen se souvient encore de l’atmosphère électrique qui régnait au Forum le 12 juin 1988. « Je m’en souviens comme si c’était hier : après une chanson, le public avait applaudi pendant deux minutes ! C’était extraordinaire ! C’est la foule la plus bruyante devant laquelle nous avons joué. »
Aux dires du guitariste, Montréal est l’endroit où Def Leppard préfère jouer… juste devant Mexico. « Sans l’ombre d’un doute », insiste-t-il.
Des anniversaires
Le 3 août prochain, Def Leppard soulignera le 25e anniversaire du lancement d’Hysteria, l’album phare de sa carrière. Réalisé par Robert John « Mutt » Lange (AC/DC, Bryan Adams, Shania Twain), l’opus s’est écoulé à 20 millions d’exemplaires dans le monde grâce au succès remporté par des chansons comme Rocket et Armageddon It.
Autre raison de célébrer : les 30 ans de Phil Collen au sein du groupe. Ce dernier s’est joint à Def Leppard durant l’enregistrement du disque Pyromania, peu de temps après le départ de Pete Willis. « C’est fou comme le temps passe vite, observe Collen. On n’a jamais arrêté. C’est extraordinaire ! »
Quand on lui demande d’expliquer la longévité du groupe, qui continue d’attirer les foules même s’il ne tourne plus dans les radios commerciales depuis belle lurette, Phil Collen soulève les difficultés rencontrées par la relève musicale.
« L’industrie a beaucoup changé au cours des dernières années. Les jeunes artistes ont du mal à percer aujourd’hui. Les maisons de disque n’encouragent pas beaucoup l’émergence de nouveaux groupes. Elles n’en privilégient qu’un à la fois… et souvent pour les mauvaises raisons. On prenait soin de nous à nos débuts. On nous a donné du temps… pour grandir et évoluer. L’industrie a perdu sa patience avec les artistes émergents. »
► Def Leppard en spectacle, ce soir, au Centre Bell à 19 h. Artistes invités : Poison et Lita Ford.