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Une vraie police des manifs

Créée pour la surveillance des festivals, la brigade urbaine 2012 du SPVM s’est adaptée au conflit étudiant

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Manifestations étudiantes et contexte social obligent, la traditionnelle brigade urbaine de la police de Montréal présente un visage un peu plus répressif cet été, a constaté le Journal.

Et en raison du contexte social plus mouvementé, le mandat de la brigade, qui se termine normalement à la fin de l’été, pourrait être prolongé à l’automne si la situation le commande, c’est-à-dire si les manifestations reprennent de plus belle.

Créée en 2009 pour, à l’origine, veiller au bon déroulement des nombreux festivals de l’été à Montréal, la brigade urbaine édition 2012 a plus de dents que les trois éditions précédentes.

Des super-patrouilleurs

Depuis dimanche dernier, en effet, des super-patrouilleurs portant un uniforme bleu foncé et arborant un nouvel écusson turquoise, ont commencé à intervenir auprès des manifestants nocturnes.

Ils se situent à mi-chemin entre les patrouilleurs de postes de quartier et les policiers du groupe d’intervention (anti-émeute). Ils ont été choisis à l’issue d’un processus de sélection, ont suivi une formation spéciale et ont un équipement plus sophistiqué que les patrouilleurs, que la direction de la police refuse de préciser, pour des raisons de stratégie.

Plus mobiles

Contrairement à leurs collègues de l’intervention, ces policiers, qui ont quelques années d’expérience derrière leur veste en kevlar, ne portent pas de bouclier, pour être plus mobiles.

« Ce qui me frappe depuis le début, c’est la rapidité avec laquelle les manifestations s’organisent sur les réseaux sociaux. Ces policiers mobiles, c’est notre façon de répondre », explique l’inspecteur Philippe Pichet, de la planification opérationnelle du SPVM.

« Ces policiers sont déployés lorsque nous avons besoin de faire des interventions un peu plus fortes. »

« Par exemple, lorsqu’une manifestation débute et que nous avons des informations voulant que ça puisse dégénérer. À la vue de ces policiers, les citoyens qui manifestent devraient être plus alertes », poursuit l’inspecteur Pichet.

Finis les cadets

Entre dimanche et hier, les policiers « au mandat plus pointu » avaient interpellé deux personnes pour des infractions à la réglementation municipale.

Contrairement aux dernières années , la brigade ne compte plus de cadets (étudiants en techniques policières) dans ses rangs.

Comme les années passées, la Brigade urbaine de cette année est également composée de policiers à vélo, qui composent environ la moitié de ses effectifs.

Enquêtes organisées

En ce qui concerne les enquêtes sur les manifestations et les crimes commis dans le cadre du conflit étudiant, elles ne relèvent plus du centre opérationnel sud, mais de la Division du crime organisé depuis le Grand Prix du Canada, au début du mois de juin.

Même si la direction est satisfaite du travail effectué par les enquêteurs de la force de frappe qui avait été mise sur pied après l’incident des bombes fumigènes dans le métro, elle a décidé de transférer le tout à la Division du crime organisé, vraisemblablement pour être plus efficace au niveau du renseignement.

Des enquêtes sont en cours et des individus qui ont causé des méfaits ces derniers mois sont toujours recherchés par les policiers.

Il y a plus d’un an, le SPVM avait créé une escouade baptisée GAMMA pour lutter contre les groupes radicaux. Elle a cependant été dissoute peu après.

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