HAMILTON | Avec ses six pieds bien comptés, Samuel Giguère n’est pas le plus grand et longiligne des receveurs de passes. Jamel Richardson, par exemple, fait six pieds et trois pouces.
Le Sherbrookois de 27 ans est cependant bâti sur une solide charpente puisqu’il fait osciller l’aiguille de la balance à 215 lb, soit le même poids que Richardson.
Les journalistes de Hamilton ont été impressionnés par sa forme physique lorsque Giguère s’est présenté au camp d’entraînement, après avoir tenté sa chance avec les Colts d’Indianapolis et les Giants de New York.
L’ancien joueur du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke a un physique taillé au couteau. Et ce n’est pas parce qu’il s’entraîne comme un forcené au gymnase.
« Je dois ça à mes parents, a expliqué Giguère. C’est héréditaire. »
Ça tient son homme en forme
Il a ensuite révélé son secret au chroniqueur Steve Milton, du Hamilton Spectator.
« Cette masse musculaire, je l’ai développée en jouant les bûcherons, a raconté Giguère. À ma première année au cégep Champlain, mon père a acheté une terre à bois dans la région de Sherbrooke.
« Il m’a alors dit que je pouvais couper autant d’arbres que je le désirais et ainsi me faire un peu d’argent en vendant ce bois dur, si utile pour les foyers. J’ai trouvé que c’était une bonne façon de m’entraîner tout en gagnant un peu d’argent. »
C’est donc armé d’une scie à chaîne, de grosses pinces et d’une énorme hache que Giguère s’est mis à l’ouvrage pour couper et fendre ces longs troncs d’arbres.
300 cordes par année
Une fois la forêt nettoyée, il a fait transporter d’autres troncs d’arbre sur la terre pour les fendre et vendre ainsi d’autre bois de chauffage.
« Pour moi, c’était comme lever des poids et haltères, a dit Giguère. Parfois, des coéquipiers venaient me donner un coup de main, mais ils revenaient rarement le lendemain. Surtout qu’il fait très chaud durant l’été. C’est un dur boulot. »
Il a ainsi coupé et vendu du bois à chauffage durant ses années de cégep et d’université.
Il estime qu’il vendait environ 300 cordes de bois par année.
Ce dur labeur l’a rendu très puissant musculairement.
« Si tu fends du bois six heures par jour, tu trouves que 45 minutes de travail au gymnase, c’est rien », a fait remarquer Giguère, qui avait bien hâte de montrer hier soir aux Alouettes… de quel bois il se chauffe !