Avec une augmentation croissante de cyclistes sur les routes de Montréal, les policiers de la métropole intensifient les actions préventives et punitives tout l’été pour freiner les comportements risqués à vélo.
Les comportements sont difficiles à changer et une augmentation du nombre de cyclistes en tous genres sur les routes de Montréal rend le respect du Code de la route difficile, constatent les policiers de la SPVM.
« Les utilisateurs des BIXI, par exemple, sont parfois moins habitués de rouler à vélo et semblent plus nonchalants. La prévention, c’est bien, mais à certains moments, il faut sévir », explique Michel Mauger, agent affecté à la circulation au SPVM.
À l’heure de pointe, s’il est affecté seulement aux vélos, Michel Mauger peut donner jusqu’à une vingtaine de contraventions en une heure et demie.
Meilleurs aménagements
« Pour que les cyclistes respectent les règles, il faut qu’ils aient accès à un aménagement urbain plus convivial », prône la présidente-directrice générale de Vélo-Québec, Suzanne Lareau.
Elle croit que Montréal est accueillante pour les cyclistes, mais que face à la hausse « foudroyante » des utilisateurs, les infrastructures cyclables ne répondent pas à la demande.
Pour elle, des aménagements comme un « sas pour vélo », qui donnent la priorité aux cyclistes devant les voitures à une intersection, sont utiles, mais très peu nombreux.
« Le sas est facile à faire, peu coûteux, et met les cyclistes à l’aise », plus enclins à respecter le Code la route de cette manière.
Suzanne Lareau conclut que si la coercition policière est efficace et nécessaire lorsqu’elle attaque les comportements les plus dangereux, elle est parfois abusive ou mal dirigée.
Gros bon sens
« Si je dois choisir entre arrêter une voiture ou un vélo qui brûlent un feu rouge, bien sûr que je vais cibler la voiture », explique Nathalie Valois, conseillère en sécurité routière pour le volet vélo.
Elle-même cycliste et patrouilleuse à vélo, Nathalie Valois conçoit que plusieurs personnes ne connaissent pas les règlements. C’est pour cette raison que les policiers font aussi continuellement de la prévention.
D’ailleurs, en un court après-midi avec les agents de la SPVM, le Journal a pu constater que, malgré la distribution de nombreux constats d’infraction, les avertissements et même les récompenses pour bon comportement étaient aussi de coutume.
► 160 000, c’est le nombre de personnes sur l’île de Montréal qui utilisent un vélo comme principal moyen de transport.
► 40 %, c’est l’augmentation de l’achalandage des pistes cyclables entre 2008 et 2010.
► 52 %, c’est la proportion de Montréalais qui faisait du vélo au moins une fois par an en 2010.