La justice a frappé dur contre un contrebandier de cigarettes. Le cerveau d’une lucrative organisation de trafiquants de la Montérégie a non seulement écopé d’une sévère peine de pénitencier, mais il s’est surtout vu confisquer ses biens personnels pour une valeur avoisinant le million de dollars.
Voitures Camaro de collection, bateaux, motoneiges, autobus, maison, argent comptant : le trafiquant Gary Arnold a été détroussé de plusieurs de ses possessions après avoir reconnu sa culpabilité à sept accusations criminelles, lundi, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.
L’organisation faisait la loi dans le secteur longeant la frontière canado-américaine. Fermier avantageusement connu pour sa générosité à Godmanchester, Arnold s’était même adjoint les services du chef du service des incendies de l’endroit, Andrew McDonald, ainsi que trois de ses pompiers.
Arnold était à la tête de cette puissante organisation de trafic de cigarettes, qui était transportées par bateau l’été et par motoneiges et traîneaux l’hiver.
Du cannabis aussi
Les cigarettes, américaines et amérindiennes, transitaient par les réserves de Kanawake et de Kanesatake, puis par celle d’Akwesasne. La marchandise était destinée à l’Ontario et aux États-Unis.
On estime qu’en 2011 il aurait ainsi fait passer 5 000 caisses de cigarettes. Et pour les seuls six premiers mois de 2012, pas moins de 1 800 caisses ont été acheminées par l’organisation d’Arnold.
Selon la preuve, Arnold et sa bande avaient aussi comploté avec d’autres criminels, qui souhaitaient profiter de sa route établie vers les États-Unis pour y exporter 1 500 lb de cannabis.
Fraudes de 10 M$
Lors de son arrestation, Arnold était sous le coup d’un sursis de peine pour une autre affaire de contrebande de cigarettes.
L’enquête de la Sûreté du Québec, baptisée Projet Hachoir, a été mise sur pied en septembre 2010 et a permis l’arrestation d’une vingtaine de personnes en mars dernier.
Les autorités estiment que le clan Arnold a privé l’État de revenus allant de 2,5 à 10 M$.
Arnold est passé aux aveux lundi, sur des accusations de complots, de fraudes et de gangstérisme. Suivant une suggestion commune, la juge Odette Perron l’a condamné à l’équivalent de sept ans de pénitencier, en plus de lui confisquer de nombreux biens.