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Pourquoi Doan ?

Doan qui veut rencontrer les dirigeants du Canadien, c’est quand même étonnant

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Ainsi donc, Shane Doan effectuera, la semaine prochaine, une visite à Montréal. Il veut voir le site d’entraînement du Canadien, il désire jaser avec Marc Bergevin, qu’il connaît bien selon ce qu’il raconte, et il veut en savoir un peu plus sur les objectifs du Tricolore.

En résumé, il veut savoir si cette formation pourra décrocher la coupe Stanley dans un avenir rapproché.

Oups... Ça pourrait être problématique.

Au cours de son arrêt à Montréal, on répondra à toutes ses questions relativement à l’éducation, à la qualité de vie, et également, il en saura davantage sur l’organisation qui a la réputation d’être parmi les meilleures de la Ligue nationale au niveau des relations de travail.

Va-t-on lui proposer un tour de la ville ? C’est possible. À cet égard, on pourrait toujours conseiller à Bergevin d’inviter Denis Coderre comme accompagnateur, le député fédéral qui, on s’en souviendra, monta aux barricades, il y a quelques années, à la suite d’un incident survenu au Centre Bell, Doan ayant proféré des mots pas très gentils à l’endroit des officiels francophones. Le tout fut réglé à l’amiable et comme Denis Coderre se veut un candidat idéal à la mairie de Montréal, pourquoi ne pas être le guide officiel ?

Une stratégie ?

On admettra que Doan qui veut rencontrer les dirigeants du Canadien, c’est quand même étonnant. Je n’y vois qu’une explication. Il faut que Bergevin ait une solide réputation pour créer chez le capitaine des Coyotes de Phoenix un engouement particulier pour le Canadien. Parce que je suis convaincu que si les Coyotes avaient abouti à Québec, et c’est toujours possible, Doan n’aurait pas accompagné ses coéquipiers.

Il y a un autre aspect qu’on ne peut ignorer. Se pourrait-il que Doan utilise la même stratégie que bien des joueurs étoiles dans le passé ? Une visite à Montréal représente un incontournable dans le but de faire hausser les prix...

Pourquoi Doan est-il convoité par tant de formations ? On est prêt à lui donner un contrat de plusieurs saisons malgré qu’il soit âgé de 35 ans. De prime abord, on est unanime à travers la ligue pour affirmer qu’il est un leader, c’est un joueur respecté par tous ses coéquipiers et ses adversaires. C’est un patineur avec un solide gabarit qui ne craint pas de frapper l’adversaire et, parfois, son désir de vaincre le pousse à commettre des gestes entraînant des suspensions comme ce fut le cas en mars dernier. Il est clair qu’il ajouterait une autre dimension à l’attaque du Canadien.

Sauf qu’il a 35 ans. A-t-il toujours les mêmes ressources que jadis alors qu’il était un attaquant de puissance dans le sens propre du mot ? L’an dernier, il a marqué 22 buts, il en avait inscrit 20, il y a deux ans, et 18, il y a trois ans. Et, chez le Tricolore, n’y a-t-il pas suffisamment de joueurs dans la trentaine ? Sachant que Doan tentera d’obtenir une entente de plusieurs saisons, le Tricolore a-t-il vraiment intérêt à s’associer avec un joueur qui, au fil des prochaines années, ne s’améliorera pas ?

Ce serait un risque. Un gros risque.

Le pari des Hurricanes

J’aurais pensé qu’à cet égard, si Bergevin et le Canadien sont prêts à tout pour dénicher un attaquant pouvant évoluer sur les deux premiers trios, pourquoi n’avaient-ils pas regardé du côté de Alexander Semin qui vient de signer une entente d’un an avec les Hurricanes de la Caroline ? Un contrat de 7 M$, vous allez me dire que c’est fou et vous avez entièrement raison. Surtout pour un joueur qui a mauvaise réputation. On le dit joueur à problème. Les entraîneurs ont peur de lui. Les Capitals l’ont largué, mais ils croyaient qu’ils seraient en mesure de le récupérer au rabais. Ça n’a pas fonctionné.

Semin traîne la réputation d’un joueur qui oublie trop souvent l’heure du match. On lui reproche son manque d’intensité et il lui arrive trop souvent de ne pas fournir les efforts nécessaires pour aider sa formation. Sa fiche pendant les séries éliminatoires n’est pas très reluisante : seulement sept buts en 30 matchs. Il attire l’ire de ses coéquipiers et de ses entraîneurs en raison de son manque de discipline sur la surface de jeu.

On comprend mieux pourquoi Semin, joueur autonome sans restriction, a obtenu le gros lot, mais pour une période d’un an. Le Canadien aurait pu prendre un tel risque, comme l’ont fait les Hurricanes. Il aurait été plus logique, je pense, de regarder dans la direction d’un patineur de 28 ans, un patineur controversé, je le conçois, mais, admettons que le risque aurait été moins grand que d’accorder un contrat de plusieurs saisons qu’exigera Doan si Montréal et le Canadien l’intéressent.

L’âge et le talent auraient dû prévaloir dans ce dossier. Les Hurricanes viennent d’investir une grosse somme d’argent, mais pour un an seulement.

C’est là toute la différence.

 

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