Trois ans après avoir été heurté à mort sur son voilier par un bateau à moteur, un coroner a conclu à l’accident. Mais même si Jacques Godin a perdu la vie sur le fleuve Saint-Laurent, il vit encore dans le cœur de sa femme.
Jacques Godin, commodore du Club nautique de Mézy, à Boucherville, se baladait à bord de son voilier sur le fleuve Saint-Laurent, le 17 juillet 2009. Mais sa sortie aura été fatale. Ce jour-là, un bateau à moteur l’a heurté de plein fouet.
Le décès du navigateur de 70 ans, qui se trouvait seul sur son voilier au large de Pointe-aux-Trembles, a été constaté à l’hôpital.
Une enquête avait été confiée à un coroner, qui a récemment rendu son rapport. Alexandre Crich a ainsi conclu que les traumatismes ayant causé la mort de M. Godin n’étaient pas intentionnels.
Il estime cependant que le voilier avait priorité de passage sur le bateau à moteur. Ce dernier aurait dû lui laisser le passage.
Dans son rapport, le coroner explique que la visibilité sur le bateau à moteur, un « Sunseeker », est réduite lorsqu’il avance. La proue s’élève sous l’effet de la vitesse et le pilote, assis à l’arrière, perd ainsi de la visibilité.
Durs souvenirs
Trois ans plus tard, le rapport du coroner rappelle à la famille du disparu de tristes souvenirs. Malgré tout, la femme de Jacques Godin, qui a gardé toutes les coupures de journaux de l’époque, dit être contente d’avoir eu le rapport.
« En lisant tout ça, ça m’a ébranlé, a commenté Lorraine Huard-Godin. Il me manque énormément, mais je suis bien entourée, et je me dis qu’il faut que la vie continue. »
L’année 2012 aurait d’ailleurs marqué leurs 50 ans de mariage. Mais malgré le décès, elle continue de le porter dans son cœur.
« J’ai une belle photo de lui, toute grande dans la cuisine, a-t-elle dit. Je parle à mon mari tous les jours, je lui raconte tout, ça me réconforte. Nous avons eu une belle vie tous les deux et c’est quelque chose que je n’oublierai jamais. Mais ça ne sert à rien de s’apitoyer sur son sort, on n’avance pas. »
Une amende
Lors de l’enquête du coroner, le capitaine du bateau, un deux moteurs, a témoigné qu’il était au poste de pilotage lorsqu’il a aperçu une voile du voilier de M. Godin à l’avant de son bateau. L’impact a eu lieu immédiatement après, à la hauteur de Pointe-aux-Trembles.
Après l’abordage, le conducteur a sauté à l’eau pour porter secours à M. Godin. Le 9-1-1 a été appelé et c’est l’unité nautique du Service de sécurité incendie de Montréal qui a pris en charge la victime.
M. Godin était alors en arrêt cardiaque. Son décès a été constaté quelques minutes plus tard à l’hôpital.
La femme de M. Godin a d’ailleurs été avisée que son mari était mort sur le coup.
Le conducteur du bateau a déjà écopé d’une amende de 500 $ pour ne pas avoir porté une veille visuelle suffisante pour éviter un abordage. Il s’agit d’une infraction à la Loi sur la marine marchande.
Il est à noter que l’enquête n’a pas permis de déterminer la vitesse du bateau lors de l’abordage. Il n’y avait cependant pas de limite de vitesse sur ce plan d’eau. Depuis, la situation se serait légèrement améliorée.
Selon le coroner, l’état mécanique des embarcations, la signalisation maritime et les conditions météorologiques ne sont pas en cause dans ce drame.
Régate éponyme
Depuis le décès du commodore, qui avait déjà traversé l’Atlantique, une régate amicale est organisée en sa mémoire chaque année. Lorraine Huard-Godin sera d’ailleurs présente lors de la prochaine, cet été.
La Régate amicale Jacques-Godin aura lieu le 25 août prochain. Le départ s’effectuera du Club nautique de Longueuil et se terminera au Club nautique de Mézy, à Boucherville.
Jacques Godin était d’ailleurs un des membres fondateurs du club de Mézy, qui fête ses 45 ans cette année. Il était très actif dans la promotion de la sécurité et de la courtoisie sur les pans d’eaux.
« J’assiste à la régate chaque année, a expliqué Lorraine Huard-Godin. Tout le monde parle encore de mon mari. Il était très présent, toujours sur l’eau, mais c’est incroyable que trois ans plus tard, ça recommence. Ça veut dire que ça avait marqué le monde. »
-Avec la collaboration de l’Agence QMI