La campagne électorale sera déclenchée cette semaine. Le PQ partira légèrement favori, mais tout demeure possible.
Dans toutes les campagnes électorales, il y a des moments qui sont devenus des rituels, comme le débat télévisé ou le débat autour de celui qui a gagné le débat.
La campagne électorale qui s’amorce comportera cependant deux aspects inédits que je surveillerai avec attention.
Été
Le premier tient au calendrier. Dans l’histoire récente du Québec, nous n’avons jamais eu une élection en plein été.
Le Parti libéral a choisi de tenir ces élections au mois d’août pour deux raisons. Premièrement, il veut que la crise étudiante soit encore bien présente dans l’esprit des électeurs.
En incarnant la loi et l’ordre, le PLQ s’est remis dans la partie malgré ses maladresses pendant cette crise.
Le PQ, lui, en épousant inconditionnellement le carré rouge, a peut-être attiré à lui une frange de l’électorat, mais a indisposé beaucoup d’électeurs modérés.
Deuxièmement, une élection estivale ne favorise pas un taux de participation élevé. Historiquement, moins la participation est élevée, plus les libéraux en profitent.
Pourquoi? Parce que les trois clientèles les plus favorables aux libéraux : les aînés, les anglophones et les allophones – votent dans des proportions plus importantes que les autres catégories d’électeurs.
Twitter
L’autre aspect nouveau de cette campagne sera le rôle que joueront les médias sociaux.
Les campagnes électorales modernes étaient jusqu’ici presque entièrement conçues en fonction de la télévision.
L’état-major de chaque parti majeur met littéralement en scène chaque journée de campagne. Les événements du jour sont conçus de façon à essayer d’imposer un message et des images qui se renforcent les uns les autres.
On visitera une ferme pour dévoiler un programme agricole ou une garderie pour avoir de belles images d’enfants.
Tous les candidats du parti reçoivent le message du jour qu’ils doivent marteler et qui se décline en deux ou trois phrases simples.
Si les bulletins de nouvelles télévisées du soir reprennent le message et les images que vous vouliez, la journée est réussie.
Twitter vient ébranler cela. En une fraction de seconde, un candidat peut dire une niaiserie ou un propos sensé, mais contraire aux orientations du parti.
Les adversaires s’en empareront et le chef devra passer la journée à rectifier le tir. Tout le plan de match de la journée est foutu. Je ne doute pas que les partis donneront instruction à leurs candidats de se servir des médias sociaux seulement pour véhiculer la ligne du jour. Mais Twitter semble avoir un effet intoxicant sur certaines personnes.
Les trois partis majeurs présentent aussi des candidats qui n’ont aucune chance d’être élus. Mais, pour la première fois de leur vie, on s’intéresse à eux. Ils sont grisés. Ce sont souvent ceux-là qui créent le plus de problèmes à leur formation.
Des candidats intéressants
Malgré tout, une chose me frappe. On entend beaucoup dire que le cynisme s’est répandu dans toute la société québécoise.
Les trois principaux partis ont pourtant réussi à dénicher de très intéressants candidats. Il faut saluer l’engagement de ces gens indépendamment du sort que les urnes leur réserveront.