ETON DORNEY, Angleterre – Lesley Thompson-Willie est assise depuis si longtemps dans l’embarcation du huit de pointe féminin canadien qu’elle sait assurément de quoi elle parle.
«C’est l’équipe la plus rapide, la plus forte que j’ai vue», a commenté celle qui a remporté quatre médailles olympiques, dont l’or en 1992.
Avec les rameurs canadiens en quête de motivation à la suite des performances médiocres des deux derniers jours, le huit féminin – dont fait partie la Québécoise Andréanne Morin - a livré un message puissant, dominant. Il a remporté sa vague avec le meilleur temps de la journée, prouvant que Thompson-Willie, 52 ans, a sûrement raison.
Les Canadiens espèrent aussi qu’elle aura vu juste à ce sujet : «Notre objectif était de gagner. Nous nous sentons bien, solides. Nous en avons encore beaucoup à donner. Nous avons imprimé notre billet pour la finale et rendues-là, nous donnerons tout ce que nous avons.»
Contre les Américaines
Cette victoire en 6 min 13,91 s a ouvert la porte à une finale contre les dominantes Américaines, qui subissent de plus en plus de pression des Canadiennes. Les États-Unis ont remporté les six derniers Championnats du monde, mais à la Coupe du monde d’aviron de Lucerne, plus tôt cette année, le Canada n’a terminé qu’à trois centièmes du bateau américain.
Les Américaines ont inscrit un temps de 6 min 14,68 s pour aussi atteindre la finale. Elles ont devancé les Australiennes, les Britanniques et les Allemandes dans leur vague. Ces trois pays prendront part au repêchage, tout comme les deux nations battues par le Canada, la Roumanie et les Pays-Bas.
Cette victoire du huit de pointe est survenue après que Lindsay Jennerich et Patrica Obee, les vice-championnes du monde de 2011 en deux de couple poids léger, eurent terminé cinquièmes de leur vague. Elles devront passer par le repêchage.
Le deux de couple masculin constitué de Michael Brathwaite et Kevin Kowalyk a fini troisièmes de leur repêchage pour accéder à la demi-finale.
Dose d’énergie
Le directeur de la haute performance canadien Peter Cookson dit qu’il espère que cette victoire du huit de pointe donnera de l’énergie au reste de l’équipe d’aviron.
«J’espère que cela agira comme catalyseur et je suis assez certain que l’équipe bâtira là-dessus, qu’elle en tirera du momentum et qu’elle bâtira là-dessus, a-t-il déclaré.
«C’était beau à voir. Les autres équipages n’ont pas mal couru. C’était leur première course et c’est toujours plus difficile. Je ne crois pas qu’ils ont aussi bien fait qu’ils l’auraient pu, surtout le deux de couple masculin. Mais une victoire comme celle des filles est toujours bonne pour une équipe et je suis assez convaincu que cela donnera confiance à tout e monde.»
Compte tenu de la rivalité qui existe entre les deux pays, la finale impliquant le Canada et les États-Unis s’annoncent comme un des grands moments de la première semaine des Jeux.
«Nous devions passer un message et tailler notre place en finale. C’est ce que nous avons fait», a commenté l’une des de l’équipe, Ashley Brzozowicz.
Toutefois, les Canadiennes assurent ne pas prendre les Roumaines à la légère. Le pays est grimpé sur le podium dans cette catégorie à chaque Jeux olympiques depuis 1980.