L’homme soupçonné d’avoir étouffé deux patients à l’hôpital Notre-Dame de Montréal en juin était « fou, violent et agressif », selon l’une de ses anciennes compagnes.
« Il avait quelque chose de diabolique dans le regard », se rappelle-t-elle, après avoir vécu plusieurs mois aux côtés d’Idelson Guerrier.
L’homme de 31 ans, soupçonné d’avoir étouffé deux patients dans l’aile psychiatrique de l’hôpital Notre-Dame où il séjournait également, hante encore les nuits d’une de ses ex-petites amies.
Celle-ci qualifie leur relation de « véritable cauchemar ». Les coups, les blessures, les injures, elle dit qu’elle ne pourra jamais les oublier.
Aujourd’hui, l’ex-conjointe de Kool G (le surnom d’Idelson Guerrier) a décidé de sortir de son silence. Sans détour, elle dépeint un homme d’une rare violence.
« Il me battait. Et celle qui sortait avec lui avant moi subissait la même chose. Il était de bonne humeur et deux minutes après, c’était un autre homme », témoigne-t-elle.
Si bien qu’un jour, il l’a prise par le cou, plaquée contre le mur du salon et a serré jusqu’à ce qu’elle manque d’air, raconte-t-elle au Journal.
« C’était le diable en personne. On dit qu’il ne faut pas vivre avec des regrets, mais il a été la pire erreur de ma vie. »
Gang de rue
Elle a fini par porter plainte. Une fois. Mais Idelson Guerrier fréquentait le gang de rue des Blood à Montréal-Nord, alors la jeune femme a eu peur des représailles et s’est rétractée.
« Il était toujours habillé en rouge. Dans ce milieu-là, tu n’entends rien, tu ne vois rien et tu ne fais rien. Mais c’est assez ! », déclare-t-elle, ajoutant avoir reçu des menaces.
De son côté, la maman de l’ex-copine a tout fait pour qu’Idelson Guerrier sorte de la vie de sa fille, en vain pendant des mois. « Il était dangereux avec elle, il lui pourrissait la vie », confie-t-elle.
L’ex-petite amie de Kool G ne comprend pas que la conjointe actuelle du suspect puisse parler de lui comme d’un homme « ordinaire et non violent ».
« Elle est forcément sous son emprise. Toutes les filles qui l’ont fréquenté et que je connais disent que c’est un homme dangereux. Il m’a battu jusqu’au sang, alors ce n’est certainement pas un homme ordinaire ! », s’insurge-t-elle.
À plusieurs reprises, il lui a promis la lune, puis il a recommencé. Il a continué à la battre et à la tromper.
Elle raconte même qu’il était devenu proxénète et que plusieurs filles travaillaient pour lui. « Il a le don d’embarquer les gens dans ses histoires. »
Accro à la drogue
La jeune femme avoue qu’elle ne serait pas surprise d’apprendre qu’il ait commis ces deux crimes à l’hôpital Notre-Dame.
Elle mentionne entre autres sa dépendance à l’alcool et à la drogue qui le rendaient paranoïaque.
« Il mélangeait beaucoup les pilules, le cannabis et le cognac », livre-t-elle. J’ai vécu un enfer avec lui, entre l’envie qu’il change, la peur et finalement la honte. Maintenant, il faut qu’il paye pour ce qu’il a fait », termine-t-elle.
Après une évaluation d'un mois à l'Institut Philippe-Pinel, Idelson Guerrier était de retour en Cour hier matin. Il demeurera au centre psychiatrique 30 jours supplémentaires.