Les parents d’enfants en âge de fréquenter les CPE pourraient voir augmenter les tarifs de services de garde. Cette proposition adoptée par les militants au congrès libéral de l’automne dernier, risque de se retrouver dans le programme électoral du Parti libéral.
L’imminence d’une élection ramène la question du financement des CPE à l’ordre du jour. En octobre dernier, les militants ont adopté une proposition qui indexerait à l’inflation les tarifs actuels de 7 $ par jour.
Cette proposition qui n’engageait jusqu’ici que les militants « chemine », confirme Olivier Duchesneau, attaché de presse de la ministre de la Famille Yolande James. « Lors de la dernière campagne électorale, les Libéraux avaient pris l’engagement de ne pas hausser les tarifs des services de garde dans le présent mandat, ce qui fut respecté. Pour la suite des choses, il faudra voir », explique-t-il.
Une éventuelle hausse des tarifs ne sera connue que lors du dévoilement du programme électoral du Parti libéral. Mais déjà, dans le réseau des CPE, la grogne se fait entendre. « Nous, on travaille en milieu défavorisé et je sais que bien des familles ne pourront s’offrir un service de garde si les tarifs augmentent. Si au moins cet argent était réinvesti dans le réseau, mais ce n’est pas le cas », déplore Chantal Bellavance, gestionnaire du CPE Caillou-Lapierre à St-Hubert.
Mère de deux jeunes enfants qui fréquentent le CPE et très bientôt d’un troisième, Caroline Pommeville se passerait bien d’une augmentation de ses frais de garde. « C’est une pression supplémentaire sur les familles, tout augmente. Les parents font déjà leur part et sont stressés. C’est un peu décourageant », confie-t-elle.
Revoir tout le financement
Selon l’économiste Jean-Yves Duclos, la question n’est pas d’envisager une hausse des tarifs de garde, mais bien de revoir la gestion du financement du programme.
« Présentement, le système laisse aller des centaines de millions de dollars vers Ottawa. En ne payant pas directement le plein montant de leur service de garde, les familles ne peuvent déduire au fédéral tout ce qui leur reviendrait, ce qui représente beaucoup d’argent », explique le professeur d’économie à l’Université Laval qui propose de revenir à l’ancien système de crédit d’impôt, mais en le bonifiant selon le revenu des familles.
« Présentement, les familles plus fortunées paient le même montant que les familles moins bien nanties, ce qui est inéquitable », plaide-t-il.
Le coût du financement des CPE est passé de 1,4 milliard en 2004 à 2,2 milliards en 2012, soit une hausse annuelle plus rapide qu’en santé, souligne l’économiste.