Lorie semble en grande forme au téléphone. En studio pour l’enregistrement de son septième album, la chanteuse nous parle avec enthousiasme de Regarde-moi, sa galette précédente. Parue en France en novembre 2011, elle arrivera dans les bacs québécois mardi. Avec cet opus, la jeune femme poursuit un virage électro-dance entamé en 2007. À 30 ans, Lorie s’affiche dorénavant comme une disco queen hyper glamour, dans la même veine que Kylie Minogue et Mylène Farmer, deux artistes qu’elle admire beaucoup. Exit l’éternelle adolescente qui promettait aux gamines d’être leur Meilleure amie. Lorie tente aujourd’hui d’élargir son public. Chose plus facile à dire qu’à faire…
« La presse aime bien les étiquettes, dit-elle. Les journalistes aiment bien nous mettre dans des tiroirs. Et tout va bien jusqu’au moment où on essaie d’en sortir ! Mais quand on a commencé très jeune comme moi, on ne veut pas rester éternellement dans le même tiroir ! J’aime me mettre en danger, évoluer, poser des questions… J’ai envie de découvrir plein de choses. Je suis très fière d’avoir été une chanteuse pour enfants. À plusieurs égards, je me considère encore comme une chanteuse pour enfants. Mais cette fois-ci, je veux toucher à toute la famille : de 7 à 77 ans. »
Lorie décrit Regarde-moi comme « un message à tous ceux qui s’enferment dans leurs préjugés ». Celle qui faisait autrefois l’apologie des Weekend se révèle plus engagée sur des chansons comme Nous ne sommes pas des anges (homosexualité), Faut-il que je développe ? (discrimination) et Une histoire sans faim (anorexie). Lorie a composé ce dernier titre au terme d’une rencontre avec des adolescentes souffrant de cette maladie.
« En rentrant chez moi, ce jour-là, des mots me sont venus. Des phrases se sont formées dans ma tête. Je les ai simplement mises sur un bout de papier. C’est comme ça qu’est née Une histoire sans faim. »
« J’ai l’impression d’avoir touché plusieurs adolescentes avec cette chanson, poursuit-elle. Plusieurs fans sont venues me voir. Elles m’ont fait vivre des moments assez forts. Durant une séance de dédicaces, une jeune fille s’est mise à pleurer devant moi. Ça m’a donné des frissons. Elle m’a dit : “Ma sœur était anorexique. Elle est décédée. Ta chanson me fait beaucoup de bien…” C’est dans ces moments-là qu’on réalise l’importance du rôle des artistes. »
Une déception
Regarde-moi n’a pas obtenu le succès escompté dans l’Hexagone. Entré au 54e rang du classement des meilleurs vendeurs, l’opus a quitté le top 200 après seulement trois semaines en magasin. Pour une fille dont les cinq premiers albums se sont vendus à 7,5 millions d’exemplaires, il s’agit d’un échec retentissant. Voilà pourquoi Lorie planche présentement sur sa nouvelle offrande.
« Pour des raisons professionnelles et personnelles, j’ai quitté ma maison de disques, confirme-t-elle. Comme je suis quelqu’un qui fonce, j’ai commencé à travailler sur mon prochain album, qui devrait sortir en France le 8 octobre. »
Lorie promet un disque dansant à saveur latine, une avenue musicale qu’elle a déjà empruntée (Sur un air latino en 2002). « J’avais envie de repartir sur autre chose, explique-t-elle. Je veux retourner à des ambiances beaucoup plus chaudes. »
Une carrière d’actrice
Lorie mène aussi une carrière d’actrice depuis quelques années. Elle a joué dans deux téléfilms : De feu et de glace (2008) et Un mari de trop (2010) aux côtés d’Alain Delon. Ses performances lui ont d’ailleurs permis d’obtenir un petit rôle dans Les feux de l’amour (The Young and the Restless), un feuilleton américain diffusé à CBS.
« Quand on m’a proposée ça, j’ai d’abord cru que c’était une blague, avoue-t-elle. Je sortais du tournage de mon premier téléfilm. Les patrons de TF1 étaient tellement contents de mon travail qu’ils ont immédiatement pensé à moi quand la production américaine leur a demandé s’ils connaissaient une actrice française pour jouer un top-modèle français ! Ça s’est fait très, très vite. J’ai tourné pendant une seule journée, mais j’ai appris énormément de choses. C’était génial d’être au milieu de cette petite fourmilière. »
Pour l’instant, Lorie lit des scénarios de films. En attendant le bon projet, elle joue la comédie dans ses vidéoclips. Dans Dita, elle incarne « une ménagère des années 1950 qui rêve d’être showgirl ».
« Au grand comme au petit écran, j’ai envie de rôles surprenants. Mais dans mes clips, j’évite de trop m’éloigner. Je tiens à rester fidèle à ma personnalité. Sinon, mes fans pourraient se sentir largués… »
Regarde-moi en magasin dès mardi