La ville de Londres est la seule de l’histoire à avoir accueilli trois fois les Jeux olympiques (1908, 1948, 2012). Des deux premiers Jeux dans la capitale anglaise, un seul site est encore utilisé aujourd’hui : le Herne Hill Velodrome. Véritable vestige du passé, le vélodrome nous plonge immédiatement cinquante ans en arrière. L’un des charmants petits secrets de Londres.
Se rendre à Herne Hill, dans le quartier de Southwark, sur la rive-sud de Londres, n’est vraiment pas long, à partir du centre-ville londonien. Une dizaine de minutes en train de banlieue et on est arrivé. Après une petite marche, une allée nous indique le chemin pour le vélodrome. En plein quartier résidentiel, on retrouve alors la merveilleuse piste de cyclisme, la même où se sont déroulés les Jeux de 1948.
Sur la piste, lors de notre passage, des jeunes d’une dizaine d’années testaient les vélos pour la première fois. Malgré son âge avancé de 121 ans, le Herne Hill Velodrome est encore utilisé sept jours sur sept. Les cyclistes sont âgés de 8 à 70 ans.
« C’est la piste la plus rapide du Royaume-Uni, dit Iain Cook, un jeune employé de 22 ans. Chaque jour, il y a environ 100 personnes qui roulent sur la piste. » Parmi les athlètes à avoir déjà pédalé au vélodrome, on compte Bradley Wiggins, récent vainqueur du Tour de France. « Il a fait ses débuts ici à l’âge de 9 ans. »
Employés bénévoles
À travers les vieilles estrades de l’époque et le bâtiment principal complètement abandonné (« on prévoit en construire un nouveau »), la surface de la piste contraste grandement, elle qui a été entièrement refaite l’an dernier.
« Nous avons eu un don privé qui nous a grandement aidés », dit le jeune Londonien, qui travaille au vélodrome depuis six ans. Le coût des rénovations s’est élevé à 300 000 livres (près de 500 000 $).
Pour aider à la survie du vélodrome, chaque employé travaille maintenant de façon bénévole. Ils sont environ 200 à faire partie du club du Herne Hill Velodrome, et de 50 à 60 personnes différentes donnent un coup de main pour maintenir le site actif.
Ce qu’il reste de 1948
Sur le site du vélodrome, on peut remarquer certaines installations qui étaient là à l’époque des Jeux de 1948. « Il y en a ici et là, dit Iain. Les anciennes estrades y sont toujours. Et le compteur de tours est toujours le même. Il est là depuis 64 ans et nous l’utilisons tous les jours. Il fonctionne encore bien. »
À l’époque des Jeux, le vélodrome comprenait aussi une piste d’athlétisme, ce qui rendait le site plus large qu’aujourd’hui. Cette piste de course n’avait toutefois pas été utilisée pour les compétitions. Et même si le vélodrome existait à l’époque, il n’a pas accueilli les Jeux de 1908. « Je ne sais même pas s’il y avait eu une compétition de cyclisme sur piste », dit Iain.
Il n’a jamais été question de tenir les compétitions de cyclisme sur piste pour les Jeux de 2012 au Herne Hill Velodrome. « Lorsqu’il mouille, la piste devient très glissante. Et avec la météo britannique que l’on connaît, il ne faut pas prendre de chance », convient Iain. Aujourd’hui, pratiquement toutes les nouvelles pistes de cyclisme sont bâties à l’intérieur, ce qui confère au Herne Hill Velodrome son caractère encore plus unique et historique.