Un an après l’horrible tragédie qui a coûté la vie à deux hommes lors de l’affaissement d’une maison mobile, à Saint-Amable, le survivant Patrick Parent apprend à vivre avec les séquelles de l’accident.
« Je suis vivant, mais des fois je me dis que j’aurais été mieux d’y rester, confie l’homme de 40 ans. La cassette tourne encore, je ne l’oublierai jamais. »
Il y a un an exactement, le 5 août 2011, Mathieu Ballabey, 33 ans, et Jean Monière, 57 ans, ont péri après que la maison mobile qu'ils avaient soulevée pour effectuer des travaux se soit effondrée sur eux.
Survivant de l’horrible tragédie, Patrick Parent apprend aujourd’hui à vivre avec les séquelles de l’accident.
Déménageur professionnel, il ne peut plus travailler en raison des blessures qu’il a subies au bassin, au dos et à une épaule.
« Bourré » de pilules
« J’ai des pilules pour la douleur, pour la dépression, pour dormir, je suis bourré, déplore-t-il. Il y a des nuits où j’ai tellement mal, c’est incroyable. »
Ami de Mathieu, Patrick Parent n’était même pas censé participer aux travaux.
« Je peinturais chez ma sœur et Mathieu est venu me demander de l’aide, raconte-t-il. J’y suis allé, mais je n’avais jamais fait ça de ma vie ! Je me disais qu’ils devaient être bien organisés. »
Selon le rapport du coroner (voir autre texte), les travaux auraient été effectués après que la Ville de Saint-Amable eut ordonné au propriétaire de la maison, Roger Gemme, de réparer une fuite d'égout.
Les travaux consistaient à mettre au point la plomberie vers la fosse septique et à remonter la maison mobile, qui s’était affaissée d’environ huit pouces.
La maison s’écroule
Or, une heure seulement après l’arrivée de Patrick Parent sur les lieux, l’inimaginable s’est produit. La maison s’est affaissée vers l’avant et trois hommes se sont trouvés coincés sous le bâtiment.
« La maison m’est carrément tombée dessus, je ne pouvais pas bouger, se souvient Patrick Parent. J’ai pris un choc électrique, je recevais de l’eau dans la face, c’était fou. »
Ce dernier se souvient par ailleurs de sa dernière conversation avec son ami Mathieu Ballabey, qui était aussi coincé.
« Je criais et il me disait de me calmer, qu’on allait sortir, ajoute-t-il, l’émotion dans la voix. Ce sont les dernières paroles de lui que j’ai… J’étais sûr qu’il en sortirait vivant. »
Quant à Jean Monière, Patrick Parent souligne qu’ils ne l’ont pas entendu après l’affaissement. Le quatrième travailleur, Roger Gemme, s’en est tiré avec des blessures mineures puisqu’il ne se trouvait pas sous la maison lors de l’accident.
Sûr de mourir
Un an plus tard, l’accident continue d’habiter Patrick Parent, qui était bien certain d’y laisser sa vie.
« J’étais sûr que je ne sortirais pas de là vivant, jure-t-il. C’est vraiment difficile. Maintenant, quand je vais voir mon père au cimetière, je vais aussi voir mon chum. »