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FANTASIA

L’art de se battre pour de... faux

canuel frenette
Photo JOEL LEMAY / AGENCE QMI
Érik Canuel et Jean Frenette lors d'un entretien sur les cascades au cinéma québécois, dans le cadre du Festival Fantasia
canuel frenette
Photo JOEL LEMAY / AGENCE QMI
Érik Canuel et Jean Frenette lors d'un entretien sur les cascades au cinéma québécois, dans le cadre du Festival Fantasia

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Le réalisateur Érik Canuel (Bon Cop, Bad Cop, Cadavres, Barrymore) et Jean Frenette, coordonnateur de cascades (300, Les immortels, Miroir, miroir) étaient de passage au Festival international de films Fantasia pour discuter fausses bagarres et cascades au cinéma.

Le métier de cascadeur n’est pas des plus reposants. Non content d’encaisser différents coups portés (ou non, en fonction de l’habileté de son adversaire), de subir des éclats de bouteille sur le crâne et des explosions dans des voitures lancées à 140 km/h, il doit le faire avec style et selon les desideratas du réalisateur.

Pour le Senseï Jean Frenette, ceinture noire - 8e Dan de karaté, 5 fois champion du monde W.A.K.O. de Kata artistique et coordonnateur de cascades pour le cinéma, une étude en profondeur du scénario est indispensable au bon rendu d’une scène d’action à l’écran.

«Il est important pour moi d’avoir une bonne lecture du scénario en amont. Les chorégraphies que je réalise sont des commandes, ce n’est pas moi qui décide de l’action, elles doivent être fidèles aux personnages. Ce n’est pas juste un spectacle, ça doit aussi servir l’histoire», a-t-il expliqué.

Une fois les scènes d’action décortiquées sur le papier par le coordonnateur, c’est au réalisateur d’intervenir. «Érik [Canuel] me dit alors quelles sont les motivations des personnages, ce qu’il pense de cette scène en particulier, ce qu’il veut vraiment, et c’est cet ensemble qui façonne la cascade», a déclaré Jean Frenette.

Complexes à orchestrer, parfois fastidieuses à paramétrer et souvent coûteuses, les scènes de cascades sont aussi le résultat du travail de concert le Jour J entre le coordonnateur et le réalisateur. «Les scènes d’action, au prix que ça coûte, tu essaies de pas trop en couper en montage» a déclaré le réalisateur avec une pointe de sarcasme. Au Québec, quand tu as un char à faire exploser, il n’y a pas de «take 2.»

Dans une optique de réalisme et de rentabilité, les acteurs/cascadeurs doivent suivre à la lettre les conseils de leur instructeur. «Ce qui fait l’action, c’est la réaction, tu peux faire un mouvement parfait, si le timing n’est pas bon, ça ne va pas marcher, a expliqué Jean Frenette alors que deux de ses élèves (Maxime Laferrière et Jason Hsu) se battaient devant nous afin d’illustrer ses propos. On travaille beaucoup avec la distance, pas besoin de frôler le visage, les angles des caméras font le reste.»

Depuis un an, Jean Frenette propose un camp d’entraînement pour les cascadeurs et les acteurs en tournage à Montréal. « On n’a pas que des cascadeurs qui s’entraînent à «On Set Stunts», on a aussi beaucoup de comédiens qui font leurs propres cascades et qui veulent apprendre à gérer une claque dans la face ou des choses plus lourdes».

La série humoristico-policière Bullet in the Face (coproduite par Just for Laughs et Muse) réalisée par Érik Canuel sera diffusée sur la chaîne de télévision américaine IFC à partir du 16 août. Le réalisateur travaille actuellement sur un long métrage qui devrait voir le jour à l’été 2013.

Jean Frenette, de son côté, relève actuellement un nouveau défi en coordonnant les cascades pour The Mortal Instrument: City of Bones, un film à mi-chemin entre Twilight et Monde infernal produit par Sony et Constantin Film (Les 4 fantastiques, Resident Evil).


Hommage à Jennifer Lynch

La provocatrice, excentrique et controversée Jennifer Lynch - fille du réalisateur de L’homme éléphant, Autoroute perdue et Mulholland Drive -, présentait dimanche soir aux côtés du coscénariste Damian O’Donnell Chained, son denier long métrage qui retrace l’histoire d’un chauffeur de taxi tueur en série (Vincent D’Onofrio) qui kidnappe un jeune garçon (Eamon Farren) afin de l’élever comme son fils et d’en faire un tueur à son tour.

Cette première mondiale fait suite au documentaire Despite the Gods, de la cinéaste australienne Penny Vosniak, présenté samedi 4 août au public québécois lors du Festival international de films Fantasia. Le film illustre les difficultés rencontrées par Jennifer Lynch sur le tournage de Hisss, une coproduction Bollywood/États-Unis qui ne verra jamais le jour pour cause de mauvaises gestions et Loi de Murphy.

Despite the Gods sera rediffusé lundi 6 août en présence de Jennifer Lynch.

Columbarium

Un peu plus tôt la même journée, c’est le cinéma québécois qui était à l’honneur avec la première mondiale de Columbarium, premier long métrage du réalisateur Steve Kerr. Le film relate l’histoire de deux frères qui doivent construire un columbarium près du chalet de leur défunt afin d’en toucher l’héritage. Columbarium met en vedette David Boutin, Maxime Dumontier, Gilbert Comtois et Pierre Collin, tous présents ce soir-là.

 

 

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