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Psychologie du grand homme politique : réflexions dispersées sur l’homme politique

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D'ailleurs, les personnalités puissantes, organisées pour la lutte, l'épreuve, les grands événements, ne présentent pas toujours ces avantages faciles, cette séduction de surface qui plaisent dans le cours de la vie ordinaire.

Général Charles de Gaulle

On ne comprendra probablement jamais rien au politique si on se sent incapable d’admirer les grands hommes politiques. J’ai souvent parlé de mon admiration pour le général de Gaulle. Pour Winston Churchill, également. Je pourrais mentionner Jacques Parizeau. On évoquer plus simplement mon admiration pour les grands chefs politiques qui savent transformer une somme d’individus en peuple. Pour les grands hommes politiques qui savent mettre un peuple en mouvement. Qui savent infléchir le cours de son destin. Qui savent passer de l’administration des choses au gouvernement des hommes. Qui savent incarner, à un certain moment particulier de l’histoire, le destin de leur peuple. Qui savent délivrer la politique du langage de la gestion pour l’exprimer plutôt dans le langage de l’histoire. C’est une grâce qui n’est pas donnée à tous ceux à ceux qui s’engagent politique.

Des grands hommes, il peut y en avoir quelque uns par génération. Peut-être. Pensons par exemple au Québec de la Révolution tranquille. Évidemment, ils ne peuvent apparaître que lorsque l’histoire génère de grandes circonstances, lorsque les tensions fondamentales logées au cœur d’une cité ou d’une époque s’exacerbent. Mais c’est justement parce qu’ils devinent ces tensions, s’ils les saisissent et s’en emparent pour mettre de l’avant un projet qui les transcendent et permettent à la cité de se refonder. Sans grands hommes pour porter de tels projets, il peut arriver qu’une cité finisse par se disloquer sous le poids de ces tensions. Il peut arriver qu’elle se disloque sous la pression des factions seulement attentives à leurs intérêts privés, qu’elle perde le sens du politique en inoculant à ses institutions le poison du cynisme et en invitant chacun à se replier dans une intimité qui à notre époque, laisse libre cours à la marchandisation de l’existence.

D’ailleurs, à mes étudiants qui veulent comprendre la politique, j’ai souvent donné un conseil simple: lisez les biographies des grands hommes politiques. C’est que les grandes biographies politiques sont des amplificateurs remarquables de la conscience historique, ils proposent une vision de l’histoire où l’action des hommes, loin d’être insignifiante, peut basculer sous l’influence d’une volonté, ou s’écrire de manière inattendue par le choc des volontés. Ils retracent ainsi à travers la figure d’un homme politique singulier toute une époque. Ils montrent comment à chaque moment, ceux qui ont cru nécessaire de faire débloquer une société ont fait le choix de l’action politique. Car c’est à travers la politique, quoi qu’on en pense, qu’il est possible d’avoir une emprise sur l’ensemble du destin d’une collectivité. N’est-ce pas la politique qui est chargée, en dernière instance, de la responsabilité du salut public?

C’est ainsi que je suggère souvent aux meilleurs d’entre eux de lire la biographie en trois tomes de Jacques Parizeau, par Pierre Duchesne, qui représente à mon avis une des œuvres marquantes de l’histoire politique québécoise. Je leurs conseille aussi de lire celle de de Gaulle, par Jean Lacouture. Et bien évidemment, de lire les Mémoires du Général de Gaulle. S’ils continuent dans cette voie, je les inviterai même à lire le de Gaulle de Mauriac. Et le À demain de Gaulle, de Régis Debray. Je leur suggérerai aussi quelques biographies de Churchill, celle de François Kersaudy, notamment. Et alors, je leur suggérerai de lire de Churchill lui-même ses Mémoires de la deuxième guerre mondiale (dont on vient d’ailleurs de faire paraître une version française abrégée, qui ont d’ailleurs, je le précise, le charme d’être excellemment traduits).

Et pourtant, j’en reviens toujours à de Gaulle. Pourquoi toujours de Gaulle? Par sympathie pour la France? Peut-être. Mais surtout parce qu’il représente le dernier grand homme politique occidental. Il y en a eu d’autres après, mais aucun ne donnait l’impression de sortir des profondeurs de l’histoire. De Gaulle est le dernier à avoir révélé dans toute sa splendeur tragique la charge existentielle du politique. Je dis souvent à mes étudiants que le véritable laboratoire de la philosophie politique ne se trouve pas dans les querelles de théoriciens qui définissent la philosophie politique contemporaine où on se chamaille à propos de théories de la justice désincarnées (on pourrait aussi parler de querelles idéologiques qui excitent les théoriciens sans emporter les peuples) mais bien dans la réflexion sur les grands moments politico-historiques, ceux lors desquels une société quitte la vie ordinaire pour se questionner sur ses fondements, sur ses principes premiers. C’est normalement à ces moments que surgissent dans l’histoire les grands hommes, qui explicitent les questions les plus fondamentales du politique, et qui tranchent sur leur signification. Et ne se laissent pas distraire par l’histoire à la mode telle qu’on la pratique dans les départements qui s’y consacrent officiellement, et qui ne croient plus depuis longtemps à l’action humaine, à la liberté humaine.

La question que je me pose ici est toute simple (et bien compliquée en même temps) et ouvre sur une plus vaste enquête portant sur les passions politiques: qu’est-ce qui caractérise psychologiquement le grand homme politique? Je dis «psychologiquement» au sens large. Je ne parle pas de la psychologie telle qu’on la pratique aujourd’hui. Je parle des caractères humains qui fondent une personnalité appelée à se construire au fil de l’existence. Une bonne manière d’appréhender cette question dans la littérature politique contemporaine consiste à se tourner vers les portraits politiques. Il s’agit d’un art remarquablement développé en France (et terriblement manquant au Québec – cela en dit peut-être beaucoup sur notre rapport au politique). Le portrait nous montre un homme dans ses limites tragiques. Il nous montre comment un homme a souvent les idées de son tempérament – certains vont même jusqu’à dire que les idées d’un homme s’accordent souvent à son physique, à moins qu’ils ne finissent par avoir le physique de leurs idées ! Pensons seulement, parmi ceux qu’on a pu lire ces dernières années, à La tragédie du président, de Franz-Olivier Giesbert, à L’homme qui ne s’aimait pas, d’Éric Zemmour ou à Alain Juppé : l’orgueil et la revanche, d’Anne Cabana. Plus largement, j’aime dire que la littérature nous en apprend davantage sur la politique et les désirs qu’elle génère que les meilleurs sondages. Ceux-là nous permettent certainement de connaître les hommes dans la diversité de leurs préférences ordinaires et actuelles mais ne nous permettent pas de saisir l’homme dans sa profondeur.

Réfléchir au grand homme politique, c’est réfléchir probablement à ce qu’il y a de plus existentiel en politique. Pourtant, on réfléchit de moins en moins à la figure du grand homme. Aux motivations profondes qui l’anime. Aux désirs qui irriguent son action. Aux aspirations qui l’amènent à se mêler des affaires de la cité, là où il se croit indispensable. On étudie de moins en moins ce que le politologue américain Daniel Mahoney nomme le Statemanship. La société démocratique ne veut croire qu’à l’égalité des talents et des tempéraments. Elle ne veut pas admettre que certains sont appelés à gouverner, et que d’autres ne le seront pas. Si elle pouvait censurer la beauté parce qu’elle est inégalitaire, je devine qu’elle le ferait. Réfléchir au grand homme, cela veut dire réfléchir à un certain type d’hommes avec un destin singulier. Cela veut dire réfléchir au politique en reconnaissant qu’il y a un certain angle mort dans la théorie démocratique. Cela veut dire que le politique ne peut pas se réduire exclusivement aux catégories liées au consentement démocratique. Cela veut dire que si le pouvoir peut et doit être démocratisé dans nos sociétés, il ne peut jamais être que démocratique.

D’ailleurs, lorsque notre société s’ouvre au grand homme, elle ne veut le voir finalement que par le petit trou de la serrure, comme on l’a vu récemment dans le film Iron Lady, consacré à Madame Thatcher, réduite à la figure d’une démente dont la seule vertu aurait été de faire avancer sans le savoir la cause du féminisme. Je me souviens aussi d’un téléfilm britannique sur Churchill où le réalisateur était surtout occupé à le présenter aux toilettes, comme s’il s’agissait là d’une chose fondamentale à savoir : même Churchill devait passer par le petit coin. Le grand homme ne nous intéresse plus pour sa grandeur que parce qu’il a aussi sa part de fragilité. Même s’il est grand, nous voulons le voir petit. En fait, plus il est grand et plus nous voulons le voir petit. C’est la commune humanité qui intéresse, plutôt que l’exceptionnelle humanité.

La passion de la grandeur (ou qu’est le grand homme devenu?)

Ce type de questions dérange notre temps. Tout comme nous ne nous questionnons plus vraiment sur les passions et les sentiments politiques nécessaires à l’irrigation de la démocratie, désormais livrée à sa seule définition procédurale ou rationnelle. De là le mythe si appauvrissant de la transparence, qui est un mythe impolitique, et même antipolitique, sans transparence. Car il n’y a pas en politique d’accord parfait entre l’intention et l’action. La première arrive à la seconde par la stratégie et le calcul, qui sont pris pour acquis, mais qui ne peuvent jamais être avoués ou confessés. Plus largement, on oublie alors qu’une cité sur un fond anthropologique, sur une certaine idée de la vie, sur une certaine idée de l’homme. On oublie qu’une cité n’est pas existentiellement neutre.

Ce qui ne veut pas dire qu’on ne se les pose plus du tout. Daniel Mahoney l’a fait il y a quelques années dans un livre remarquable, De Gaulle, Statesmanship, Grandeur And Modern Democracy. Il a repris ce questionnement dans son récent ouvrage The Conservative Foundations of the Liberal Order, où il réfléchit aux périls liés à la radicalisation de la démocratie et nous invite, nous modernes, à prendre la grandeur politique. Jacques Julliard s’est aussi demandé Que sont les grands hommes devenus ? Pierre Manent, un des plus grands philosophes politiques français contemporains, a aussi abordé, dans son récent ouvrage Les métamorphoses de la cité, la question des passions qui animent le grand homme. J’aimerais m’y attarder, parce que c’est la piste qu’il nous indique que je suivrai pour l’instant. Le texte est un peu difficile pour ceux qui ne sont pas familiers avec la philosophie politique. Mais il vaut la peine d’être médité. Je le cite un peu longuement.

«La gloire, ou la passion de la gloire, est l’affect politique par excellence. Elle est ainsi l’affect de l’homme agissant par excellence puisque l’action politique, ou l’action dans le domaine politique, est l’action par excellence. On peut distinguer deux aspects, ou deux composantes, de la gloire. D’une part, l’action étant contingente et fugace – elle disparait en même temps qu’elle apparait-, les hommes désirent lui donner consistance et une sorte de permanence. La gloire vise la conservation de ce qui passe. La gloire vise délibérément l’impossible. Elle vise l’immortalité de l’action humaine, au moins de certaines actions, celles précisément qui sont glorieuses.

Seule une action extraordinaire est digne de durer. Extraordinaire, cela veut dire : une action plus qu’humaine, une action par laquelle l’agent s’élève, dans une certaine mesure et pour un temps, au-dessus de l’humanité. Il doit nécessairement pour cela s’élever au-dessus des autres hommes, l’emporter sur eux – devenir en somme «un dieu parmi les hommes». On le voit, ce mouvement, cette démarche, cette aspiration, le désir de gloire, que nous sommes portés à regarder comme une extravagance ou une foliee, est pour ainsi dire inscrit dans la constitution ontologique de la vie humaine, ou il est une réponse naturelle à celle-ci. Une réponse à la contingence et à la caducité de nos actions. Bref, une réponse à notre mortalité.

D’autre part, parce qu’elle est un mouvement pour sortir de l’homme, la gloire, l’action glorieuse, comporte nécessairement emportement, déséquilibre, excès. Elle est nécessairement ou essentiellement dangereuse, aussi bien pour l’agent lui-même que pour ceux sur lesquels il agit. Plus précisément, elle comporte une sorte de contradiction interne. Le glorieux veut être reconnu dans sa supériorité intrinsèque et substantielle; il veut être reconnu ultimement, nous l’avons dit, comme un dieu parmi les hommes. Cette supériorité intrinsèque et substantielle ne peut résider que dans une indépendance essentielle par rapport aux autres hommes. Le glorieux demande aux autres hommes de reconnaître, confirmer et célébrer son indépendance. Il veut être absolument indépendant des autres hommes, et c’est lui qui a le plus besoin d’eux. Tendanciellement il a besoin que tous les êtres humains déclare qu’il n’a aucun besoin d’eux».

On pourrait retenir méchamment de cette description très fine que le grand homme est un vaniteux ou un déréglé. D’ailleurs, c’était le titre d’un ouvrage fort populaire paru à la fin des années 1970 : Ces malades qui nous gouvernent. La sagesse populaire des modernes ajoute que l’homme politique ne soit attiré que par les attraits du pouvoir : les femmes, l’argent, le statut social. Il y a probablement une part de vérité dans ce portrait. Mais cette part de vérité est-elle toute la vérité? Ne passe-t-elle pas à côté de cette grandeur que je cherche justement à ressaisir ici, et qui correspond à une manière particulière de s’imaginer au service de la cité? Le grand homme est aussi un homme. Mais en quoi est-il grand? Autrement dit, ne nous rendrions-nous pas coupables ici d’un préjugé moderne qui nous rend incapable de reconnaître certaines vertus autrefois au cœur de la philosophie politique, et aujourd’hui refoulées dans le registre des pathologies narcissiques. Les vertus liées à une existence publique ne sont plus reconnues comme telles aujourd’hui. Mais se pourrait-il que l’imaginaire de la modernité dévoile ici ce qu’on pourrait la pauvreté fondamentale de son anthropologie, de sa vision de l’être humain? J’y reviendrai.

Ce n’est pas que le monde moderne ignore le désir de l’existence publique. La passion de la grandeur n’est-elle pas celle qui permet à un peuple, dans les moments difficiles, de se mobiliser, pour être fidèle non seulement à ses intérêts matériels immédiats, mais à une «certaine idée de lui-même?». La grandeur, comme le sens de la liberté politique (c’est-à-dire une liberté qui n’est pas qu’instrumentale, mais qui est créatrice de sens, parce qu’elle permet à l’homme d’avoir une emprise sur son destin) est une passion politique asséchée dans le monde moderne. Asséchée mais pas éradiquée, parce qu’elle appartient à la nature de l’homme et qu’elle finit toujours par resurgir, même si elle ne sait plus se nommer. C’est probablement ce qu’on cherche à nommer aujourd’hui lorsqu’on parle de «fierté». Fierté nationale. Fierté patriotique. Fierté de son pays. La fierté est probablement ce qui reste de la grandeur dans une société qui a parachevé sa conversion à la modernité.

En fait, on pourrait dire que notre monde est à ce point inhospitalier aux passions politiques les plus fondamentales qu’il ne sait les mettre en scène que dans une série d’univers parallèles, fantastiques ou imaginaires, où certaines dimensions refoulées de notre humanité pourraient remonter à la surface. On peut penser ainsi à la trilogie du Seigneur des anneaux, qui illustre les thèmes les plus fondamentaux de la liberté politique et les questions politiques les plus fondamentales dans un moyen-âge imaginaire et fantastique. Ou alors, on se transpose dans un passé non plus mythique mais très éloigné – pensons ici à un film comme Bravehearth. La seule tentative de mettre en scène la grandeur politique pleinement située dans le monde contemporain qui me vienne à l’esprit est la série West Wing. Je conviens qu’il s’agit d’un chef d’œuvre. L’espoir est donc permis !

J’en reviens donc à une chose fondamentale : l’homme ne change pas, même si d’une époque à l’autre, il ne dévoile pas toujours les mêmes passions, les mêmes sentiments, les mêmes émotions, les mêmes admirations. Mais certaines passions sont si fondamentales qu’elles finissent par renaître à chaque époque. Celles-ci finissent toujours par renaître à la manière d’un désir incompréhensible, que les hypermodernes au pouvoir, fiers de ne croire en rien, auront l’habitude de tourner en ridicule. Les grands projets politiques sont justement ceux qui mobilisent ces passions irréductibles aux avantages du commerce et à ceux de la consommation. C’est probablement pourquoi les libéraux (je parle ici du libéralisme philosophique), dont la philosophie n’est pas faite pour entrer en profondeur dans le politique, se réfugient toujours dans les «vraies affaires». Comme si la rationalité s’épuisait dans l’idéal de la gestion. On raconte qu’à la fin de sa présidence, le général de Gaulle pensait de plus en plus à démissionner. Pourquoi? Parce qu’il n’y avait plus rien de grand à faire, que la paix était de retour, que la gestion était désormais le seul horizon des affaires publiques. Un moderne ne pourrait pas vraiment comprendre une telle réflexion. Cela nous confirme une chose d’ailleurs : le libéralisme philosophique repose sur une conception appauvrie de l’homme et des passions qui irriguent sa conscience et son action. Il manque au monde moderne le sens du tragique qui était traditionnellement lié à la condition humaine.

Je disais de la gloire comme de la grandeur qu’elle survivait dans le langage de la fierté. Mais il ne faut pas se faire d’illusion. Plus souvent qu’autrement, ce désir de gloire déchoit dans un désir de célébrité. Jacques Julliard écrit cruellement : «la médiatisation moderne n’est pas une simple accentuation d’un système permanent, celui de la célébrité ; c’est en vérité un nouveau système qui apparaît, à travers ses règles propres, qui exclut la présence des héros et des grands hommes ; ne demeurent que les stars, ou vedettes, ou idoles, comme on voudra». Julliard ajoute plus loin : «la différence entre héros et grands hommes d’une part, stars ou idoles de l’autre est que les premiers tirent l’humanité moyenne vers le haut, alors que les seconds la rejoignent dans la médiocrité». Julliard accuse le système médiatique : «longtemps, la fonction des médias a été de consacrer la gloire ; aujourd’hui, ils la fabriquent». Chose certaine, l’homme moderne n’accède au désir de l’espace public que par l’imaginaire frelaté de la célébrité. Le désir d’être connu ici et maintenant. L’homme moderne souhaite bien davantage se voir à la Une des magazines à potins qu’avoir un biographe qui rendra compte dans cinquante ans ou dans cent ans de sa trace dans l’histoire. Il préférerait se confier à n’importe quel spécialiste médiatique du «vécu pathétique»» qu’avoir Jean Lacouture comme biographe!

Retour aux grandes biographies et à ce qu’elles nous apprennent. Celui qui désire la gloire se voit souvent comme un héros tragique : il ne veut pas montrer l’image d’une vie lisse et parfaite mais d’une vie déchirée par de grands tourments qu’il aura surmontés par de grandes décisions. Il a surtout le souci d’être reconnu par ceux qui suivront. Il est animé par la volonté de survivre par la mémoire à sa propre existence. Ce qui veut dire qu’il a le sens de la durée. Et qu’il  peut conséquemment s’ouvrir au Bien commun dans le temps, au-delà des limites de l’actuel. Il a plus de chance de penser en décennies qu’en journée. Il intègre même peut-être les siècles dans sa réflexion. Celui lui permet de mieux comprendre les permanences historiques que sont les cultures et les identités. C’est parce qu’il est soucieux de sa place dans l’histoire que le grand homme peut se délivrer de la tyrannie de l’éphémère et apercevoir son pays au-delà des querelles artificielles qui peuvent le diviser pour un instant. C’est ce que la philosophe Hannah Arendt nommait dans Condition de l’homme moderne le «désir d’immortalité» consubstantiel à la condition politique. Elle distinguait l’éternité, d’ailleurs, qui concernait l’âme dans ses replis les plus intimes, et l’immortalité, qui consistait à survivre à son passage sur terre dans la conscience collective.

C’est probablement pourquoi l’histoire est aussi importante dans l’action politique. Elle immortalise les grandes actions – en fait, c’est elle qui reconnaît leur grandeur. L’histoire enregistre une action qui sinon, se perdrait dans l’éphémère. Un grand politique qui ne désire pas dès le début de son engagement un grand biographe n’est pas taillé dans la pâte humaine nécessaire pour la fonction qu’il convoite. C’est d’ailleurs pour cela que les grands politiques, souvent, ont fait le travail à l’avance. De Gaulle a laissé des Mémoires remarquables. Churchill était non seulement un mémorialiste doué, mais l’historien de sa propre action, de sa propre époque. Il ne s’est pas contenté de gagner la deuxième guerre mondiale. Il en a écrit l’histoire pour en façonner la représentation collective pour les générations à venir. Ben Gourion, quant à lui, a écrit l’histoire de l’État d’Israël qu’il a fondé.

La meilleure manière de passer à l’histoire, n’est-ce pas d’abord de s’y situer soi-même? Non pas en dialogue avec ses contemporains. Mais avec ses grands prédécesseurs. Le grand homme politique, pour agir, a besoin de sentir que sans lui, ce qu’il désire collectivement n’adviendra pas. Il se croit porteur de la vertu d’incarnation. Il se sent prédestiné à servir une cause. Qu’il réduira rarement, d’ailleurs, à une idéologie, et qu’il identifiera plus largement au destin de son pays. Mitterrand disait de lui qu’il était le «dernier grand président français». Après lui, il n’y aurait que des comptables. Est-ce qu’un homme politique qui n’est pas persuadé de cela peut véritablement être à la hauteur de sa fonction ? S’il n’a pas le sentiment que le monde s’effondrera s’il ne le porte pas sur ses épaules, pourquoi se démènerait-il absolument pour faire de grandes choses qui passent souvent par le sacrifice de leur existence?

J’en reviens à la figure du grand homme politique. À sa psychologie singulière, que je cherche à comprendre dans ce qu’on pourrait paradoxalement appeler sa démesure légitime. J’en suis arrivé à la conclusion suivante. Un homme qui ne se croit pas indispensable à la promotion de ses idées ne l’est probablement pas. Un homme qui se croit un homme parmi d’autres hommes l’est probablement. Et c’est le problème de certaines grandes intelligences qui voudraient bien gouverner mais à la seule condition d’être nommées paisiblement aux plus hautes fonctions. Qui ne savent pas non plus que le pouvoir n’est pas accordé gracieusement mais qu’il est toujours conquis passionnément. Nul n’accède au pouvoir innocemment. Il n’empêche que la chose est ainsi et qu’elle sera toujours ainsi.

Celui qui n’envisage pas le pouvoir, mais seulement les pouvoirs, celui qui ne désire pas la souveraineté pour lui, mais qui désire seulement administrer une société, n’est pas fait pour le premier rôle. Je me permets une image : le grand homme se sent appelé par les dieux. Il sait, d’abord parce qu’il le sent, que ce qu’il désire pour son peuple. D’ailleurs, il devine son peuple sans avoir besoin d’une batterie de sondages. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne les consulte pas. Mais il sait que grouillent en dessous des confessions sondagières des vérités plus profondes sur l’homme que lui seul peut dire par la parole publique. Par une parole publique riche, capable justement de mettre en mots et en images les passions humaines qui convergent vers la cité.

La psychologie du grand homme et la démocratie

Je sais bien, et on me le reprochera peut-être, que le portrait que je fais du grand politique n’est pas exactement conforme à la psychologie démocratique à laquelle on est habitué. Le blabla contemporain sur le leadership participatif et communicationnel est étranger à la véritable logique du pouvoir et de l’autorité. L’imaginaire démocratique, dans sa version caricaturale, aime s’imaginer une masse en mouvement. Un peuple en marche. Le politicien, chez elle, est seulement l’exécutant de la volonté populaire, qui serait immédiate, qui se laisserait deviner spontanément, qui ne devrait pas être construite politiquement. La démocratie est philosophiquement réfractaire à la verticalité inévitable du pouvoir. À gauche, c’est un mythe très puissant, ce qui n’a pas empêché les révolutions qu’elle vénère d’être menées par des hommes qu’elle a longtemps admiré. C’est le paradoxe démocratique, d’ailleurs : l’homme ne peut apparemment s’émanciper qu’en se dépersonnalisant et en se massifiant. Dès qu’un homme politique se prend pour un chef, il est accusé de dérive autoritaire, de tentation fascisante. C’est ce qu’en France, on nomme, avec une trace d’épouvante dans la voix, la tentation du pouvoir personnel.

Dans ce cas, nul besoin du grand homme. Il est inutile. Au mieux, il rajoute un peu de majesté protocolaire au cours de l’histoire, sur laquelle l’empreinte du politique serait finalement minimale. Plus l’histoire humaine progresserait, moins le politique serait nécessaire. La démocratie ne s’accomplirait finalement qu’en dépolitisant la société, qu’en amenant chaque homme à devenir à lui-même son grand homme, ce qui passe paradoxalement par le repli dans l’intime, le seul domaine où il peut être vraiment maître de lui-même. La démocratie ne s’accomplirait donc qu’en amenant l’homme à consentir à la société dans laquelle il vit, aux structures de pouvoir qui la définiraient. Ce serait le prix à pour qu’il devienne maître de son intimité. C’est en se fondant dans la masse que l’homme trouverait dans l’intimité l’occasion de révéler la part la plus irréductible de sa singularité. 

Ce mythe s’est laissé traduire par les sciences sociales et la théorie des tendances lourdes. Hannah Arendt l’avait remarquablement noté dans Condition de l’homme moderne : «les lois de la statistique ne sont valables que pour les grands nombres ou de longues périodes ; les actes, les événements ne peuvent apparaître statistiquement que comme des déviations ou des fluctuations. [...] L’application de la loi des grands nombres et des longues durées à la politique ou à l’histoire signifie tout simplement que l’on a volontairement oublié l’objet même de l’histoire et de la politique et il est absolument vain d’y chercher une signification, un sens, après en avoir éliminé tout ce qui n’est pas comportement quotidien ou tendances automatiques». Ce qu’on appelle l’histoire sociale, du moins dans sa version caricaturale, se rend notamment coupable de cette manie : elle ne veut voir la vérité de l’homme que dans l’intimité, que dans la quotidienneté. Elle ne croit plus qu’une part irréductible, et irréductiblement belle, ne se dévoile que dans les grandes actions politiques. Ici, le politique est réduit à peu de choses. Au mieux, il se réduit à une force d’adaptation aux changements impliqués par la modernité.

C’est une belle légende, peut-être. Mais les choses ne se passent pas ainsi. Le peuple ne se met jamais en marche tout seul. Même les révolutions les plus populaires ont besoin de héros pour se nommer. Car si une foule peut scander un slogan, seul un chef ou un leader peut transformer ces désirs confus en parole publique, créatrice de sens, à laquelle on s’identifiera. La démocratie, si elle peut et doit généraliser les conditions de l’exercice de la liberté civique, ne saurait sérieusement éradiquer le politique. Elle ne saurait éradiquer le fait que toute société reconnaît à un pouvoir sa légitimité. C’est que le politique n’est pas une superstructure de pouvoir sans consistance propre. Il correspond plutôt à une nécessité anthropologique, comme le savaient les Anciens, comme ne le savent plus les Modernes.

Qu’on ne me comprenne pas mal. Évidemment que le peuple compte. Les dirigeants l’ont toujours su, même aux temps prédémocratiques. À Rome, le peuple était une figure constante. On s’en méfiait. Et parce qu’on savait sa force, on cherchait à le distraire. Du pain et des jeux, ne disait-on pas? Surtout que dans la figure de la cité antique, l’émeute est toujours possible, puisque le peuple peut se rassembler physiquement et faire trembler ceux qui le dirigent (on sait d’ailleurs que la chose est encore possible et pourrait revenir à l’avant-scène de l’histoire avec la force de mobilisation des médias sociaux). Plus tard, les rois se méfièrent de la jacquerie. Le peuple apparaît dans l’histoire de la pensée politique comme l’autre du pouvoir. Il apparaît comme celui qui peut se rebeller et qu’il faut conséquemment domestiquer, amadouer, et dans le meilleur des cas, protéger.

Avec la démocratie, le peuple est reconnu. Il ne s’agit plus d’en avoir peur mais de fonder le pouvoir sur lui. Et de multiplier les mécanismes qui permettent au peuple d’avoir une emprise sur son destin. Avec la démocratie, le peuple quitte l’opposition, se déprend de la tunique de la plèbe, du moins théoriquement, et devient le principe de légitimité qui justifie tout pouvoir. Avec la démocratie, le peuple n'est plus seulement une partie de la cité, mais la totalité du corps politique - même si à l'occasion, il a tendance à reconstituer son autonomie lorsque la cité semble confisquée par unne oligarchie ou une autre. La démocratie est un immense progrès, évidemment.

Il n’en demeure pas moins que le politique demeure une constante anthropologique des sociétés humaines. C’est parce que le politique n’est pas la société, qu’il ne la recoupe pas exactement, qu’il a son autonomie morale et existentielle, qu’il est capable d’avoir une emprise sur elle. C’est parce que le pouvoir est au moins partiellement extérieur à la société qu’il est capable de lui imposer une direction, qu’il ne se laisse pas définir exclusivement par les évolutions sociologiques, démographiques ou économiques. Et puisque le pouvoir est extérieur à la société, puisqu’il donne à ceux qui l’exerce un sentiment de supériorité, il attire, quoi qu’en en pense, un type de personnalité particulière. Il suscite des désirs particuliers. Il y a un magnétisme du pouvoir qui attire un certain type d’homme particulier. Je soutiendrais même qu’il y a quelque chose de fondamentalement non-démocratique (je n’ai pas dit antidémocratique, qu’on me comprenne bien) dans le désir du pouvoir. Cela nous ramène à Aristote, en quelque sorte, qui distinguait les gouvernants et les gouvernés. Ce constat peut être choquant. Je serais curieux de savoir qui pourrait sérieusement l’invalider.

De là l’importance de la démocratie, d’ailleurs. C’est parce que la nature humaine a inégalement distribué les talents et les privilèges que les institutions doivent généralement produire de l’égalité – à tout le moins, qu’elle doit créer entre les hommes certains rapports égalitaires, sans pour autant massifier dans un égalitarisme indifférencié. L’égalité politique est là pour civiliser l’inégalité des talents et des avantages naturels. Il ne s’agit pas de verser dans un égalitarisme rigide, qui finit par découper les têtes qui dépassent. Mais de rappeler à ceux qui gouvernent qu’ils partagent avec ceux qu’ils gouvernent une commune humanité et que les privilèges dont ils disposent ne leur sont que temporairement et circonstanciellement accordés. C’est parce que certains hommes sont plus avantagés que d’autres par la nature ou la naissance qu’il faut justement égaliser un peu la société en donnant à chacun les mêmes droits. La nature produit de l’inégalité : la société pour cela peut et doit produire au moins un peu d’égalité.

La démocratie contraint l’homme d’exception à s’adresser aux autres hommes pour accéder au pouvoir. Il se rappelle ainsi qu’il a des semblables et qu’il ne dispose pas d’un droit naturel, divin, à l’exercice de la souveraineté. La démocratie est une école de modestie. Tocqueville l’avait compris. Il s’en réjouissait et nous nous en réjouissons aussi. Et s’en inquiétait aussi, lorsqu’il craignait de voir la liberté politique régresser. La modestie n’allait-elle pas conduire à la médiocrité et à la servitude. Tocqueville nous invitait d’ailleurs à toujours lire et relire les textes anciens pour garder le contact avec les vertus politiques oubliées par la modernité. Tocqueville craignait qu’une société exclusivement démocratique ne soit plus une société mais un troupeau de serfs anonymes. Il n’est pas interdit de penser qu’il y avait là chez lui une fulgurance prophétique.

La formation du grand homme

On en revient pourtant au problème initial. Si la démocratie s’est donnée pour mission de civiliser la cité par l’égalité, si elle encadre avec des institutions fortes le désir de puissance de ceux qui se sentent appelés par un premier rôle politique, elle ne saurait pour autant se passer de ces derniers. Elle ne saurait non plus cesser de cultiver les vertus et les dispositions du caractère qui préparent à l’exercice du pouvoir. Si la démocratie veut renaître, se déprendre de l’illusion gestionnaire, revaloriser le politique, elle doit redécouvrir la figure du grand homme, ne serait-ce que pour s’ouvrir à eux lorsqu’elle les rencontre, lorsqu’elle les croise sur son chemin.

Cela nous ramène à l’éducation du grand homme. Une question qui se situe plus largement dans la réflexion sur la formation des élites, sur la transmission du savoir, sur le fond de culture et de civilisation à partir duquel prend forme la personnalité, et cela même dans le cadre de la civilisation démocratique. Je suis de ceux qui croient qu’une éducation politique véritable se situe au croisement de trois enseignements : ceux de l’histoire, ceux de la littérature, ceux de la philosophie.

L’histoire prépare l’homme à agir dans le temps. Elle l’éduque du sens de la durée. Elle le préserve de l’illusion gestionnaire qui laisse croire que les «vraies affaires» sont toujours des affaires techniques, des problèmes à résoudre dans une perspective gestionnaire. L’histoire conserve le souvenir de la grandeur. Elle éduque ainsi la sensibilité politique. On comprend pourquoi la fin de l’enseignement de l’histoire correspond aussi à une forme d’avachissement civique et de bourgeonnement des égoïsmes qui s’excitent dans les replis de l’intimité. Cela ne veut pas dire que les modernes ne savent plus ce qu’est la grandeur politique. Mais comme je le disais plus haut, elle ne reste présente dans leur imaginaire politique qu’à travers la figure de la «fierté». Fierté nationale. Fierté patriotique. Ces mots désignent une réalité mais ne la saisissent pas vraiment. C’est probablement pour cela que dans un contexte hypermoderne, des projets comme l’indépendance politique d’un peuple touchent moins spontanément l’imaginaire collectif. Paradoxalement, ce sont seulement des projets de cette envergure qui peuvent réactiver le sens du politique chez les peuples.

La littérature développe la connaissance des passions humaines. Elle renseigne sur l’homme, sa part d’ombre, ses désirs inavoués, et les autres, plus avouables. Elle rappelle à l’homme d’État avec quels hommes l’humanité est faite. Elle les immunise même, de ce point de vue, contre une vision trop abstraite et décharnée de l’humanité, qui n’aurait pas de part d’ombre, qui n’aurait aucune contradiction passionnelle insurmontable, et qui n’attendrait finalement que d’être sauvée par l’utopie politique rédemptrice du moment. J’ajoute que la littérature cultive chez ceux qui entretiennent un rapport ne serait-ce que distant avec elle le sens des grandes passions, et permet d’explorer l’amplitude et la profondeur des sentiments humains.

La philosophie, enfin. Je parle de la philosophie politique. Elle ouvre à la question du sens. Elle rappelle que la cité ne saurait être seulement un arrangement procédural, une machinerie institutionnelle rationnelle et rationaliste, une architecture de principes qui ne sont pas contaminés par l’affectivité humaine. Le monde moderne a cru délivrer la cité du conflit religieux en refoulant la question du sens dans l’intimité. Hélas, le sens refoulé dans l’intimité est tout simplement récupéré par le capitalisme et par d’autres entreprises de marketing publicitaire qui récupèrent le désir de sens collectif pour noyer dans la marchandise. L’homme s’y perd dans une course à la nouveauté, et en vient à croire que la liberté humaine n’a de sens qu’à la manière d’un épuisement de la sensualité dans l’instant présent. Il faut donc réhabiliter la question du sens collectif. Sans quoi, encore une fois, la politique déchoit, elle s’épuise. Et l’humanité, à travers ça, s’appauvrit existentiellement.

La formation du grand homme est en cela fondamentale. Car plus la culture d’un homme est vaste, plus il voit la richesse des possibles contenues dans le présent, plus il saura définir le monde autrement qu’à travers les seules catégories proposées ou imposées par la pensée gestionnaire dominante. Plus il connaîtra l’histoire, la littérature, la philosophie, plus il saura l’étendue des passions humaines et les nombreux moyens de les mobiliser au service du bien commun, pour accomplir les grandes actions politiques qui gardent en vie une collectivité politique. On ne mobilise pas les peuples quand on ne dispose pas des ressources culturelles ou langagières nécessaires pour traverser les préoccupations des jours ordinaires et faire jaillir les passions, les sentiments élémentaires, qui poussent à l’action et au dépassement et qui sont enfouies au fond d'une culture.

On pourrait le dire à la québécoise : on ne fait pas l’indépendance d’un peuple quand on ne voit pas un peuple mais seulement une société. On pourrait le dire à l’européenne : on ne défend pas la souveraineté de la France si on se contente de voir celle-ci comme une société à multiplier les interactions avec d’autres sociétés européennes, consentant chacune à partager une souveraineté à laquelle ils ne reconnaissent plus rien de sacré, parce qu’en général, on ne voit plus rien de sacré en politique. La manière qu’on a de voir le monde conditionne notre manière d’agir sur lui.

Un dernier mot

Alors voilà. Si je me suis prêté à l’analyse de ces passions qui conduisent un homme à se vouloir le premier de la cité, c’est justement parce que je crois les grands hommes nécessaires à la poursuite du bien commun. La politique est le théâtre historique des plus grandes passions humaines. On peut dire d’ailleurs que la disparition des cadres politiques traditionnels, comme la nation, principalement, limite les possibilités d’expression de la grandeur politique, dans la mesure où ne reconnait plus son cadre reconnaissable. Mais la démocratie exige paradoxalement le culte implicite de ce qu’elle réprouve explicitement : la passion de la gloire, le désir de la singularité publique, la volonté de porter seul le destin collectif. Je dirais méchamment qu’en politique, je préfère les grands égos aux petits égaux.

C’est même parce que je crois les grands hommes indispensables à la démocratie. Parce que la démocratie, par la passion du grand nombre, risque de noyer la liberté politique dans le règne de l’anonymat. Le grand homme, par sa volonté, peut casser l’anonymat des bureaucraties qui nous enveloppent, des marchés qui nous enserrent. Le grand homme, en fait, est celui qui le politique accède à une conscience de lui-même. C’est par lui qu’un peuple accède à la conscience de sa liberté collective, qu’il découvre qu’il peut se mouvoir dans l’histoire et choisir son destin. De ce point de vue, comme on aurait dit autrefois du grand homme qu’il est l’instrument privilégié de la providence pour accomplir ses fins, je dirai de lui qu’il est l’instrument privilégié d’une démocratie qui ne renoncerait pas au politique et qui croirait à nouveau possible de faire l’histoire plutôt que la subir.

25 commentaire(s)

Hélène Beaulieu dit :
5 août 2012 à 16 h 07 min

M. Côté, Le libéralisme philosophique n'est pas fait pour entrer en profondeur dans la politique.. se réfugie toujours dans les vraies affaires.. Le libéralisme repose sur une conception appauvrie de l'homme.."

La "Grandeur" telle que vu par la pensée unique. La "Grandeur" on la retrouve tout autant dans les porteurs des idéologies libérales...

Raymond Aron, école de pensée au libéralisme tempéré, teinté de conservatisme inspiré de Max Weber et Karl Marx sans le marxisme, un technicien sans âme?... Jean Monnet, père de l'Europe, n'aurait joué aucun rôle dans l'histoire de la France.. et manquait de profondeur? Au Québec l'hstoire et la politique sont enseignés en regardant par le petit bout de la lorgnete.

C'est trop facile d'avoir rangé l'économie dans les secteur du privé pour la dissocier de la "Politique". Vous parlez pour votre chapelle.

On sent que l'arrivée de Jacques Duchesneau et de Gaétan Barrette vous indispose au plus haut point.. Vous dites, dans la démocratie le peuple se déprend de la tunique de la plèbe mais en théorie. La Grandeur est là pour amadouer, domestiquer ce nouveau pouvoir du peuple ..

Je préfère les grands "Egos" aux "petits "égaux".. Pas méchant mais combien arrogant pour un jeune homme de 30 ans..

Guy Léger dit :
5 août 2012 à 17 h 02 min

Vous êtes, Monsieur Bock-Côté, un drôle d'animal intellectuel : À lire votre dissertation sur la psychologie du grand homme politique on se demande comment fichtre vous "fitez" dans le Journal de Montréal! Grand bien lui fasse à ce journal et à ses lecteurs. Vous m'épatez. Je vous vois un peu comme Notre Seigneur marchant sur les eaux alors que les autres pataugent dans la soupe de l'actualité.

Je n'ai pas la prétention de votre capacité mais j'ai été heureux de constater que vos trois grands hommes politiques sont aussi exactement les miens!

Je vous admire mais j'ai peur pour vous!

mastoc dit :
5 août 2012 à 17 h 25 min

"Les tragédies de l'Histoire révèlent les grands hommes; mais ce sont les médiocres qui provoquent les tragédies." Maurice Druon

Robert Landry dit :
5 août 2012 à 22 h 10 min

Sublime !

Jean Marois dit :
6 août 2012 à 0 h 48 min

Le peuple québécois, dans toute sa diversité, attend toujours le grand homme (ou femme) politique qui le mobilisera autour d'une vision et d'un projet inspirant et rassembleur. Malheureusement, nos politiciens n'agissent qu'en fonction du "politically correct", de la bonne gouvernance et de la réduction de la dette. La saine gestion des affaires publiques va de soi mais elle seule ne permettra pas au Québec de se distinguer et laisser sa marque dans l'histoire des peuples.

Ben dit :
6 août 2012 à 8 h 45 min

C'est un livre que vous auriez du écrire. Moi aussi j'ai beaucoup aimé Parizeau,c'était clair,net et précis.On savait ou il s'en allait.

eye flys dit :
6 août 2012 à 9 h 12 min

Excellent billet...

J'aimerais y ajouter quelques bémols par contre.

J'avoue avoir un certain malaise avec le terme "peuple". Est-il convenable d'employer ce terme de nos jours? J'en doute et ce pas au nom du multiculturalisme, mais au nom de la particularité, de la spécificité, mais surtout de la liberté de conscience. L'appellation "peuple" est autoritaire dans la mesure où elle fait nécessairement violence aux multiplicités des qualités des consciences. C'est-à-dire à tout ce qui ne cadre pas avec ce qu'on pourrait entendre par "peuple".

Cependant, je vous rejoins peut-être ici, si ce que vous entendez par "peuple" est en fait un ensemble de caractéristiques, d'aspirations voir même de passions communes à une multiplicité des consciences. Le rôle ou encore le devoir du grand homme politique serait de reconnaître dans la multiplicité des consciences ces caractéristiques, aspirations et passions communes pour ainsi les faire jaillir et ce dans le respect de la multiplicité des consciences.

Finalement, je présume que vous ne voulez pas réduire l'ensemble de la philosophie à l'unique philosophie politique, du moins je l'espère. Cependant, je crois que l'ensemble de la philosophie est utile à la politique dans la mesure où l'on définit la philosophie comme la recherche de la vraie vie. À cet effet nous devons reconnaître la complémentarité des thématiques philosophiques notamment pour les questions politiques. Vous y faites allusion consciemment, ou non, dans votre texte lorsque vous définissez la liberté comme donateur de sens qui est largement tributaire de la notion de liberté kantienne.

Nelson dit :
6 août 2012 à 12 h 59 min

Mathieu, quelques réflections :

Parmi les hommes politiques je crois que nous pouvons trouver :

Des grands narcissiques-centres de l'univers-que se croient importants (parce qu'ils ont été en grand vilnerabilité au cours de leurs jeunes enfances). Ils pourraient être méchants.

Des grands humanistes qui veulent le bien de l'autrui, comme Ganhdi, Jesus, Buda, Mandela, Lèvesque, etc.

Comme dans tous les professions et metiers, des gens qui viennent des familles de politiciens, habituées au pouvoir qui suivent les modèles parentaux......comme tous les enfants des rois, des empereurs et des hommes et femmes politiques...

Des gens que se sont trouvés par concurs de cirscunstances en plein pouvoir, comme solutions de compromis, ou pour manque d'autres candidats,

Ceci-dit le Québec a ses propres grands hommes et femmmes politiques....de la presque rien René Lèvesque à transforme un mouvement souverainiste marginal en 40% de l'électorat lors du référendum en 1980.....et Lucien Bouchard, en presque 50% en 1995.....les deux bien secondés par Jacques Parizeau....

Avec toute l'admiration que nous pouvons avoir pour Churchill et De Gaulle, ils ont été plus de combatants, des pitbull profondement nationalistes, des soldats, DANS UN CONTEXTE DE GUERRE EN QUE LEURS PAYS ÉTAIENT EN DANGER D'ÊTRE COMPLÉTEMENT DÉTRUITS....face à un pays mené par un malade !!!......

Je serai porté à croire que dans des cirscuntances historiques extrèmes comme celles d'Europe face à la menace Nazi, LES PEUPLES TROUVENT ce qui peuvent mieux les conduire à la victoire.....

Les cirscuntances semblent jour aussi des rôles clefs concernant les hommes politiques.....

Je fait référance au fait que malgré la Grandeur dans des moments donnés de De Gaulle, Chuchill, Lèvesque, Bouchard, Parizeau.......ils ont tous finis leurs carrières politiques en queue de poisson...et humiliés....et pas après près.

Yannick Roy dit :
6 août 2012 à 13 h 00 min

Cher Mathieu, Excellente analyse, j'apprécie beaucoup la manière dont vous essayez de réhabiliter la "vanité" (j'emploie ce mot faute de mieux), si nécessaire à la grandeur et si mesquinement méprisée (rendue pathologique) par l'hypermodernité. On ne manquera pas d'y voir un grave crime de lèse-démocratie; ce serait au contraire, je vous donne entièrement raison sur ce point, la seule chance de la démocratie. Mais je suis plus pessimiste que vous; ce qui a changé, c'est l'homme lui-même, devenu incapable de se mépriser, et donc de croire à la grandeur de ce qui le dépasse. Il s'est appauvri; quelque chose en lui s'est brisé qu'on ne peut recoller, sans compter qu'il est désormais entouré, à tout jamais, d'images terriblement flatteuses de lui-même. Mais les prédictions ne valent rien; je ne fais que trahir mon tempérament mélancolique. Cordiales salutations YR

Victor H dit :
6 août 2012 à 13 h 07 min

Le général De Gaulle fut le plus grand parce qu’il avait hérité de la situation militaire la plus désespérée, et la situation politique la plus compliquée. C’est ce grand homme, la France enfin libérée, qui, sur un quai de gare, rejoignit tout un peuple venu accueillir ses réfugiés en provenance des camps allemands. Le général, dit-on, y pleura sans retenue.

Les héros ne pleurent pas. Ils triomphent. Ils font même des farces. De ce point de vue, Charest nous a démontré depuis longtemps, avec une rigoureuse application, qu’il n’est pas un grand homme, mais qu’il peut être un héros. Ceci expliquant cela, nous comprenons mieux maintenant sa dévotion à décorer d’anciens premiers ministres : le héros voudra qu’on lui retourne l’ascenseur. Ce que je lui souhaite bien volontiers...

Charles Marier dit :
6 août 2012 à 13 h 26 min

Il y a sûrement deux conditions essentielles lorsqu'on parle d'un grand homme; la vision et la réussite.

De Gaulle voyait loin, très loin pour son peuple. Pour lui, la France éternelle commencait avec son premier roi chrétien, Clovis, et sa «mission» de sauver le pays à partir de juin 1940 s'inscrivait dans le sillage de Jeanne-D'Arc lors de la guerre de Cent-ans. On connait la suite; il a réussi malgré le défaitisme et la hargne de nombreux Français qui avaient trouvé des avantages personnels dans le nouveau régime. Il ne s'est pas contenté de succéder à Pétain; il a changé les régles du jeu établies par les envahisseurs allemands et redonné la fierté aux Français, les plaçant même du côté des vainqueurs.

Au Québec, Jacques Duchesneau ou Gaétan Barrette seront peut-être de bons soldats d'une formation politique, mais je ne les comparerai pas à des Gandhi ou à des Churchill tout-de-suite. Mais sait-on jamais?

Robert-Bourassa est connu pour son rôle dans le développement de la Baie-James, et on l'en est reconnaissant. Mais il n'est pas devenu le plus grand des Québécois.

On se souvient de lui lors de son plus grand discours, au lendemain de l'échec de Meech. Au début des années 1990, les Québécois l'auraient suivi s'il avait donné suite à sa promesse de référendum sur l'indépendance. À l'époque, de nombreux sondages faisaient état d'un appui atteignant les 70%, et ce, pendant plusieurs mois. Les manoeuvres, les tergiversations, le grenouillage ont fait le reste. Il n'est pas passé du côté des «grands», se contentant de perpétuer un certain misérabilisme québécois.

Nelson dit :
6 août 2012 à 13 h 39 min

Mathieu, un peu plus de réflextions....

Les grands hommes et femmes politiques.....qui dirigent des animaux humains en survie perpetuelle....en compétition perpetuelle....qui fonctionnent selon la Loi de la Jungle....que se voeint comme des enenmies....en guerre toujours.....en détruissant rapidement le seul envirionnement que nous avons.....

Nous sommes loin des Mandelas, Jesus, Budas, Socrates,...long temps emprisonnés d'ailleurs....assessinés parfois...

L'humain semble plus prédateur que Armé de Salut.....plus loup que charitable, compasif, ''humain'' (dans le sens romantique-utopique).

Les loups Krupp des complexes militaro-industriels aleman ont monté le nazisme de toute pièce...financé Hithler....la guerre....pour alleur chercher petrole et matières premières partout....en se poignant avec les loups anglais, americains, russes, français, etc...............même bombes atomiques en têtes japonaises permisses..... L'HUMAIN FAIT PAS MAL DUR....DUR.

Le Capitalisme semble le seul sistème à fonctionner parce que le plus semblable à la Loi de la Jungle.....piragnas, requins, lions, mangent les autres.........

Si nous regardions de plus prêt les horreurs des colonialismes anglais, français, etc.....nous serions moins fiers de ses hommes politiques.....qui font partie des pays rapaces, abuseurs, requins....parce que plus forts.......la loi de la Jungle=le plus fort.

Le coeur humain a besoin d'être changé en profondeur....ou l'humanité ne survivra pas, se détruira à elle même.

Nelson dit :
6 août 2012 à 13 h 57 min

Concernant la psycholigie des hommes politiques, il serait comme même fort distrayant avoir des opinions des psychologues concernant :

Amir

Jacques

Gabriel

Jacques D.

Quebec99 dit :
6 août 2012 à 15 h 07 min

Hélène Beaulieu : Si vous n'aimez pas Mathieu Bock-Coté, qu'est ce que vous faite ici?? S'en est ridicule, vous n'avez rien d'autre a faire de vos journée?? A vous lire, je vous soupçonne de faire partis du partie Libéral 2.0.. ceux qu ils ont engagé afin daller faire de la propagande sur tout les sites, médias-sociaux et blogues.

Charles Marier dit :
6 août 2012 à 18 h 47 min

@Québec 99

Bien que les idées de Mme Beaulieu ne me rejoignent pas, je pense que tous peuvent s'exprimer. Il serait dommage que nous pensions tous de la même façon. Ses interventions sont respectueuses, écrites dans un français impeccable, et ajoutent au débat. J'avoue tout-de-même essayer de comprendre, au fil de ses prises de position, les motivations profondes des fédéralistes, au-delà de la simple dépendance affective.

Hélène Beaulieu dit :
6 août 2012 à 20 h 05 min

Quebec99, la diversité des opinions.. ça vous indispose?.. La liberté d'expression je vais continuer à l'utiliser ne vous en déplaise..

J'ai beaucoup de respect pour Mathieu Bock Côté.. Je lis toutes ses chroniques... je ne suis pas d'accord avec sa vision souverainste... Mais je le considère comme un penseur de haut niveau. Le lire alimente ma réfeexion.

Je suis fédéraliste comme un fort pourcentage de Québécois.. Et nous avons autant raison que vous croyez avoir raison!

J'ai entendu Jean-Martin Aussant admettre que des prix "Nobels" il y en a de différentes idéologies.. Il choisit les penseurs qui sont en accord avec ses convictions profondes..

Je fais de même... Quand le niveau intellectuel d'un être humain le porte aux rangs des êtres exceptionnels, une échelle de valeur entre l'idéologie de l'un par rapport à l'idéologie de l'autre ce ne sont que ceux qui adhèrent à l'une comme à l'autre qui la fixe.. Tous ces êtres humains ont fait avancer l'humanité.

Nelson dit :
6 août 2012 à 21 h 37 min

Mathieu, en lien avec la psychologie des hommes politiques, Lise Payette voudrais que les Premiers Ministres passent une évaluation psy à tous les deux ans.....

Jippy dit :
6 août 2012 à 22 h 37 min

Avoir des convictions. Qu'est-ce qu'une conviction sinon le terme (l'aboutissement) d'une expérience de développement des VALEURS au cour du premier tiers d'une vie humaine. Sept (7) critères peuvent nous permettre d'identifier ce qu'est une VALEUR (en politique, si elle est commune à une vaste majorité, disons 75% des citoyens «majeurs et vaccinés», elle est susceptible de faire surgir le Grand Homme pour la concrétiser). 1) Une valeur doit être CHOISIE (elle nous pousse à l'Action) 2) Une valeur est choisie parmi d'Autres Solutions de rechange valables 3) Connaître parfaitement les CONSÉQUENCES de son CHOIX 4) Lui accorder l'importance qu'elle mérite et la cultiver 5) Être prêt à la proclamer et la défendre publiquement 6) Vivre en s'y conformant 7) S'y conformer SOUVENT et RÉGULIÈREMENT Parmi les Grands hommes, Franklin Delano Roosevelt, Président USA 1933-1945 (décédé en fonction) que vous passez complètement sous silence...parce qu'il se méfiait de De Gaulle qui prétendait incarner toute la France? Ce même De Gaulle rabroué en 1946 par ceux qui optèrent pour la IVe République. Le grand politique est, sous un trait psychologique commun, un OBSTINÉ. C'est pourtant bel et bien FDR (son New Deal) qui a permis au monde occidental de sortir de la Crise Économique Occidentale Historique à laquelle on a encore référé il n'y a pas si longtemps! La science et l'économie ont pris le dessus sur la Politique, avatar sans doute de la modernité... Les Grands hommes historiques ont éprouvé un MANQUE (carence affective pcq orphelins de père, de mère ou des 2 parents). Alexandre le Grand, Jules César, Charles Quint, Louis XIV (De Gaulle caricaturé souvent), George Washington, Napoléon, Bismarck, (Fidel Castro, dans un contexte particulier; Lénine a triché ne laissant pas une chance honnête à Kerensky pour redresser la situation). « La Grandeur de l'Homme est de se savoir misérable. » Blaise Pascal

Colombe L'Écuyer dit :
7 août 2012 à 8 h 46 min

j'espère que les politiciens vous lisent.... ET GRAND BIEN LEUR FASSE.

Jippy dit :
7 août 2012 à 9 h 16 min

J'ai oublié le Premier de l'Histoire et j'ai nommé MOÏSE. Fallait le faire. Convaincre son peuple de sortir d'Égypte pour ensuite passer 40 ans au DÉSERT, ce qui n'était pas prévu dans le Programme de Libération. Évidemment, pendant qu'il travaillait sur un autre dossier (Législation des 10 Commandements) avec Dieu le Père, il y eut un renversement de Gouvernement sous la conduite de son propre frère. Sa sainte colère lui permit de reprendre le pouvoir (retrouver une majorité) et il conduisit son peuple aux portes de la Terre Promise. Si I Rabin (PM Israël) n'eût pas été exécuté en 1995, il aurait pu être inclus avec les Grands, tout comme Anouar el Sadate (Égypte) assassiné en 1981. Pour J F Kennedy, il n'a pu compléter le dossier de l'intégration raciale et son premier mandat; donc ambiguïté pour l'intégrer parmi les Grands tout comme son frère Robert en qui on pouvait voir de belles perspectives mais disparu trop vite. Il y aurait toute une analyse à développer sur l'Assassinat des Grands Hommes...Misère!

Sylvain Chartrand dit :
7 août 2012 à 10 h 50 min

Parizeau avant Levesque et Bourassa? C'est quand meme surprenant.

Hélène Beaulieu dit :
7 août 2012 à 12 h 38 min

Jippy, suggestions de lecture de Didier Fessou dans le Soleil du 5 aout::

"Aristocrate et rebelle" Eleanor Roosevelt, First lady et rebelle.... Claude-Catherine Kiejman

En complément: Franklin D. Roosevelt de l'historien André Kaspi.. Magistral esai de 744 pages qui vient d'^^etre réédité par les Editions Perrin dans la collection de poche Tempus....

Hélène Beaulieu dit :
7 août 2012 à 13 h 19 min

Robert Marier, moi aussi, j'essaye toujours de comprendre, au fil de leurs prises de positions, les motivations profondes des souverainistes, qui, comme de jeunes vierges, semblent vouloir se préserver de toute dépendance affective en-dehors d'un idéal de pays imaginaire.

J'apprécie votre appui a mon droit d'expression... On peut ne pas se comprendre dans le respect.

Je comprends Mathieu Bock Coté. Il est né souverainiste dit-il. Rien de surprenant! Il est le fils d'un historien de surcroit spécialisé dans l'Histoire du Québec.. Il a raison..

Idem pour Justin Trudeau.... idem pour les enfants de Pierre Falardeau.. pour les enfants de Jean Charest.. eux aussi ont raison.....

C'est du coté maternel tr``es politisé que je tiens mes allégeances politiques fédéralistes.. Mon conjoint est aussi issu d'une famille fédéraliste.. Son prénom "Laurier" en dit beaucoup.. Nos enfants sans surprise partagent notre vision..

Mon conjoint a fait son cours classique au Séminaire de Québec et nous sommes tous les deux friands d'histoire, de littérature et de philosophie.. Donc je refuse la médiocrité intellectuelle dont les fédéralistes sont trop souvent étiquetés.

.

Nelson dit :
7 août 2012 à 16 h 18 min

Hélène Beaulieu dit :

'' moi aussi, j’essaye toujours de comprendre, au fil de leurs prises de positions, les motivations profondes des souverainistes, ''

Langue maternelle

Histoire,

valeurs,

idiosyncratie,

culture,

philosophie de la vie

representation du Monde et du réel,

Façon de sentir, voir et agir LA VIE,

SANS TOUT ÇA NOMME PLUS HAUT, LES GENS DEVIENNENT DES LÉGUMES....

Nelson dit :
9 août 2012 à 17 h 07 min

Marhieu, cet article fait penser à :

Psycologie homme politique psycologie politique....psycologie science politique....sociologie.... comportement humain...comportement social....comportement organisation du pouvoir comment les humains fonctionnent au niveau individuel, social, et le pouvoir politique, la conduction des societés.

ça fait penser à :

pouquoi les hommes fonctionnent toujours en lutte des classes, dominants-dominés, exploiteurs-exploités pouquoi en guerre permanente entre pays, regions,... pourquoi autant de cruanté, violence, sauvagerie entre humains pourquoi mange à sa faim seulement la moitié des humains... pouquoi nous les humains construissont assez des armes capables de nous détruire completement, tous... pouquoi nous détruissons rapidement le seul environnement que nous avons... pourquoi l'ambition est sans limites même en sachant que des fortunes ne nous achêteront pas un seconde de plus de vie... pourquoi nous sommes à date incapables de vivre en collaboration, empathie, partage, harmonie...

pourquoi la psycologie humaine est si meurtrière et si suicidaire ?

Est-ce qu'il y a quelque chose que ne vais pas avec les humains ?

Sera-t-il, comme pensent certains, que les humains sont un accident de la nature (un dégenérecence ?) dans le sens que nos ancetres en manque des grains et végetaux, se sont mis à manger de la viande, ce qu'aurait dévéloppé notre cerveau ?

Ce quoi qu' a fait qui apparaisse 200 mille ans en arrière un gène que, en changeant la laringe, nous permet de parler ?

Est que tout en étant animal et fonctionnant par la Loi de la Jungle, la Loi du plus fort, tout en étant intelligent et capable de fabriquer des armes de destruction massive....il est condané à un destin tragique ?.

Ou il sera un jour capable de vivre d'amour....sans guerre....sans détruire la nature....et se sauver de sa destruction et disparition totale,