Le ministère des Transports se donne huit ans pour concevoir et réaliser un nouveau projet de réfection du pont Honoré-Mercier, après avoir annulé ses plans initiaux en raison du mauvais état de la structure.
Les 80 000 automobilistes et camionneurs qui empruntent chaque jour cette traversée devront donc prévoir une cohabitation à long terme avec les cônes orange.
Selon des documents obtenus par le Journal, Le ministère (MTQ) a décidé de rénover en deux temps le pont, à l’image d’un patient gravement blessé à qui on prodiguerait les premiers soins avant de l’amener sur la table d’opération.
D’abord, une série de travaux « à court terme », qui s’étendront sur une période de cinq ans, doivent être menés sur la structure.
« Ces interventions ont pour but de maintenir la pérennité de l’ouvrage et la sécurité des usagers jusqu’à sa reconstruction ou sa réfection majeure », peut-on lire dans une note technique.
En parallèle, le ministère souhaite faire concevoir « un grand projet d’infrastructure publique », soit des travaux majeurs qui permettront au pont construit à partir de 1932 d’être encore debout pendant quelques décennies.
Essentiellement, il faut refaire le tablier de toute la portion qui appartient au gouvernement provincial, c’est-à-dire celle qui passe par-dessus le fleuve Saint-Laurent.
Contrat annulé
À l’origine, ces mêmes travaux majeurs devaient être entrepris cet été et battre leur plein en 2013.
Mais en mars dernier, tout est tombé à l’eau. Le Journal a révélé que Québec venait de résilier une importante portion d’un contrat octroyé en 2010 au consortium Pomerleau/Demathieu & Bard, d’une valeur totale de 108 millions $.
Une porte-parole du ministère a d’abord expliqué qu’un nouveau rapport produit par la firme Dessau montrait que l’état de la structure était pire que ce qui était estimé jusque-là, ce qui obligeait à recommencer la conception des travaux.
Le lendemain, le ministre des Transports Pierre Moreau l’a contredite, affirmant qu’il n’y avait pas de nouveaux dommages. Selon lui, c’était la solution proposée par Pomerleau/Demathieu & Bard qui n’était pas adéquate, et aurait entraîné des dépassements de coût de 24 millions $.
Mais depuis, le ministère a toujours refusé de rendre public le plus récent rapport décrivant l’état du pont.
Poursuivies
Dans les prochaines semaines, le ministère prévoit octroyer un contrat d’ingénierie qui pourrait atteindre 15 millions $ pour déterminer la nature exacte des travaux à réaliser au pont Mercier.
D’une durée de 8 ans, ce contrat portera autant sur les interventions urgentes que le sur grand projet de réfection à plus long terme.
Le MTQ souhaite d’abord obtenir un rapport d’expertise qui montre de façon claire l’état du pont.
Trois consortiums ont répondu à un appel d’offres lancé au début juillet.
Fait à remarquer, les trois firmes de génie poursuivies en justice par le MTQ suite à l’effondrement survenu à l’entrée du tunnel Viger, l’an dernier, sont du nombre des soumissionnaires.
L’une d’elles, SNC-Lavalin, forme un consortium avec BPR et Génivar.
Les deux autres firmes que le MTQ tient responsables de l’effondrement, Dessau et CIMA +, se sont regroupées dans l’espoir d’obtenir le contrat.
Un troisième consortium, HMA, est aussi en lice.