Les enseignants du Québec se sont réunis, mercredi, en vue de la rentrée de la semaine prochaine dans les cégeps, et l'inquiétude était palpable dans leurs rangs.
L'assemblée à laquelle une centaine d'entre eux assistaient doit durer trois jours, et vise tant à préparer la rentrée qu'à discuter du règlement intervenu au sujet de leurs conditions de travail.
Le prochain trimestre s'annonce comme un marathon puisqu'il ne doit durer qu'un mois et demi, ce qui provoque bon nombre d'interrogations chez les enseignants.
«On fait du deux dans un, ça va être très difficile. Pédagogiquement, on devra tourner les coins ronds un peu. On n'est pas sûr que tous les élèves vont être capables de réussir à ce marathon-là. À un moment donné, tu ne peux plus raccourcir», a déploré Caroline Senneville de la Fédération nationale des enseignants de la CSN.
Une inconnue majeure
La majorité des cégeps doivent ouvrir leurs portes la semaine prochaine et on ne sait pas si les étudiants vont accepter de retourner en classe. Certaines assemblées générales au terme desquelles s'est tenu un vote de grève ont eu lieu plus tôt cette semaine, mais aucune tendance ne peut être identifiée quant au choix que feront les étudiants.
«Le principal problème en ce moment, c'est que c'est des inconnues partout. Nous autres, on est dépendants des étudiants», a expliqué Jean-Marc Petit, du Syndicat des professeurs du Cégep du Vieux-Montréal.
Les directions d'établissements d'enseignement n'ont pas non plus arrêté leurs stratégies en vue de la rentrée, puisqu'elles doivent attendre les décisions des étudiants.
«Si les étudiants poursuivent leur mandat de grève, et que leur mandat est fort, ça va être difficile pour nous de donner les cours. On ne pourra pas les donner, a affirmé Johanne Fraser, du Syndicat des professeurs du Cégep Saint-Laurent. Nous on a vécu cinq injonctions au printemps, et ça a été une situation très difficile.»
La Fédération des cégeps rencontrait le Service de police de la Ville de Montréal, mercredi matin, pour voir quel genre d'interventions pourraient être faites pour respecter la loi 78 tout comme la sécurité des professeurs et des étudiants. «Ça nous permet de nous préparer à agir en toutes circonstances», a mentionné le président de la fédération.
La majorité des établissements ont toutefois déjà embauché des agents de sécurité.