SAINT-JOSEPH-DE-BEAUCE – Vous fiez-vous aux sondages pour faire votre choix électoral? Un barbier de la Beauce, passionné de politique, fait ses propres prédictions depuis des années et il ne se trompe jamais. En fait, il arrive même à prédire au pourcentage près les résultats d'élections municipales, provinciales, fédérales.
À chaque campagne électorale, le salon de Robert Veilleux, à Saint-Joseph-de-Beauce, se transforme donc en une véritable petite maison de sondage où les électeurs vont se prononcer avant de passer aux urnes.
Entre deux coups de ciseaux, M. Veilleux sonde ses clients et compile le tout. Certains se déplacent même spécialement pour participer à son sondage.
«Le gars fait un crochet, il insère son papier dans la boîte et, tous les samedis, c'est compté par un membre d'une organisation politique. On va ramasser 400 votes à peu près et ça n'a jamais donné le contraire. Ç'a toujours donné la bonne proportion. Aujourd'hui, j'ai un libéral, trois péquistes et dix-sept caquistes.»
M. Veilleux va dévoiler le résultat final de son sondage dans Beauce-Nord le 31 août prochain et les candidats ne l'ignorent pas!
«Ça nous sort des sondages qu'on voit sur les journaux ou des sondages télévisés qui sont plus scientifiques, dit André Spénard, candidat caquiste dans Beauce-Nord. Ça, c'est un sondage folklorique.»
«C'est un peu loufoque, croit Daniel Bizier, candidat péquiste. Mais, quand même, ça peut être intéressant de voir statistiquement parlant que ça peut être aussi intéressant que n'importe quel sondage scientifique, finalement.»
«Je viens de la Beauce et j'ai eu l'occasion d'entendre que ça faisait 30 ans qu'il faisait ça. J'étais tout petit et j'en entendais parler», a dit le candidat libéral, Jack Roy.
Mais, pour Robert Veilleux et ses clients, ce sondage, c'est surtout l'occasion de parler politique sans prétention.
«Au lieu de parler de mémérages, on parle de Duplessis, puis, de René Lévesque, puis, de toute cette belle gang-là qui nous ont embarqués», a dit M. Veilleux.
C'est comme ça que le barbier Veilleux a fini par avoir une bonne idée de ce que veulent les gens de sa circonscription.
«Des promesses, ils n'en veulent plus, a-t-il conclu. Ce qu'ils veulent : honnêteté, justice, point. Du bourrage de crâne, là, on n'est plus en 1940, on n'est plus dans le temps de Duplessis!»