Qui sera le prochain premier ministre du Québec ? Après dix jours de campagne, les sondages indiquent que beaucoup d’électeurs « magasinent » encore un chef. Dans ce contexte, chaque détail compte et les leaders politiques ont tout intérêt à contrôler leur image, affirment nos spécialistes en stratégies.
Changement de couleur au Parti Québécois. Le parti de Pauline Marois n’a pas abandonné le traditionnel bleu de son logo, mais la chef a décidé d’attaquer la présente campagne en troquant ses cheveux blonds pour une teinte plus foncée.
Un hasard ? Un détail ? Pas du tout, affirment les stratèges de l’image que nous avons consultés.
« Un changement d’emballage signifie implicitement que la candidate veut démontrer qu’elle peut changer, qu’elle est capable de s’adapter. Dans le cas de Madame Marois ce n’est jamais mauvais », croit Luc Dupont.
Professeur de publicité, marketing et de communication à l’Université d’Ottawa, Monsieur Dupont affirme que les chefs devront contrôler particulièrement leur image lors de la présente campagne.
Plus sensibles au charisme
« Aucun des trois ne soulève l’enthousiasme et ils sont nez à nez. L’enjeu sera donc plus tactique, ça se jouera par l’accumulation d’événements et de petits détails », explique Bernard Motulsky, professeur de communication sociale et publique à l’UQAM. « Il sera important pour eux d’avoir l’air confiant, sincère, empathique », ajoute-t-il.
Les Québécois sont particulièrement soucieux de ce que dégage un politicien, observe Robert Asselin, professeur de Communication politique à l’Université d’Ottawa. « Nous sommes plus attentifs qu’ailleurs au Canada à l’image en politique. Les gens sont sensibles au charisme, à la façon de défendre les idées. C’est
sociologique, nous avons une prédisposition à apprécier les gens qui se présentent bien », détaille-t-il.
Miser sur le chef
Selon les experts consultés, l’aisance est l’aspect le plus important à maîtriser en campagne tout comme lors des débats. « Beaucoup plus crucial que la couleur des cheveux ou de la cravate, c’est l’allure générale qui importe. L’image est importante, mais pas déterminante », plaide Louis Aucoin, spécialiste de l’image pour Octane Stratégies.
« En ce moment, les électeurs n’ont pas de favoris. Les partis doivent donc demeurer centrés sur leurs chefs pour centraliser le message et être le plus cohérent possible », avance-t-il.