Un coroner estime que la Société des alcools du Québec (SAQ) et la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) devraient revoir leurs messages publicitaires qui donnent, selon lui, un faux sentiment de sécurité aux jeunes.
Dans son rapport sur la mort de Marie-Pier Paquette dans un violent accident de la route en 2009, le coroner André Dandavino recommande à la SAAQ de revoir ses publicités liées à l’alcool au volant. Il suggère aussi la création d’une campagne spécifique à l’usage de drogues illicites.
« Actuellement, le message est mal véhiculé. C’est comme si on encourageait les gens à boire et à perdre le contrôle sous prétexte qu’ils ont un conducteur désigné. Mais, que l’on conduise ou pas, on est responsable de se mettre à risque », souligne-t-il.
Le président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, abonde dans le même sens. Pour lui, il faudrait responsabiliser davantage les passagers, surtout les plus jeunes qui sont plus susceptibles de céder à la pression de leurs pairs (voir autre texte).
Pour les deux experts, la modération devrait être la règle, que l’on soit au volant ou non. Si ce message avait habité les 12 jeunes impliqués dans l’accident du 25 octobre 2009 à Saint-Jean-sur-Richelieu, l’histoire aurait pu être différente.
L’effet de groupe
Cette nuit d’octobre 2009, deux véhicules transportant respectivement 7 et 5 jeunes se dépassent à grande vitesse sur de petites routes en revenant d'une soirée pour mineurs, dans un bar.
Assise dans le coffre arrière de l’une des deux voitures et craignant pour sa vie, Marie-Pier demande plusieurs fois à son chauffeur de ralentir. Mais ses camarades, tous absorbés par la course en cours, ne l’écoutent pas. Certains sont sous l’effet de méthamphétamines.
Les deux véhicules se heurtent et la petite Kia s'écrase dans les arbres en bordure du chemin des Patriotes. L’adolescente de 14 ans est éjectée par la lunette arrière. À leur arrivée, les ambulanciers ne peuvent que constater un traumatisme majeur au niveau de la tête, du visage et de la gorge. Ils ne peuvent tenter aucune manœuvre de réanimation.
Le conducteur de 17 ans avait consommé de l’alcool et les enquêteurs ont retrouvé de la marijuana, des comprimés de caféine, une pipe de hasch et d’autres substances dans son véhicule. Il venait tout juste de récupérer son permis après une deuxième révocation.
La SAAQ n’a pas souhaité commenter les recommandations du coroner, tandis que les appels du Journal à la Société des alcools sont restés sans suite.