Trois hommes ont été assassinés à trois endroits différents en l’espace d’à peine quelques heures. Ça sent le règlement de compte entre gangs à plein nez, assure une experte.
Une fusillade a d’abord éclaté dans le stationnement des Galeries d’Anjou vendredi soir, faisant un mort et un blessé.
Puis, la voiture d’un homme qui rentrait chez lui à Laval a été criblée de balles, hier. Il est mort.
Le corps d’un homme atteint d’au moins un projectile a été retrouvé plus tard dans un appartement huppé de Côte-des-Neiges. Son meurtre serait survenu dans le même laps de temps.
Au moins trois de ces quatre hommes étaient membres de gangs de rues.
Régler ses comptes
Si les différents corps policiers ne font pas le lien entre les trois cas pour l’instant, ils collaborent tout de même dans leurs enquêtes.
Quant aux deux premiers cas, ils ont « tout à fait l’apparence d’un règlement de compte entre gangs de rues », indique Maria Mourani, députée d’Ahuntsic et auteure de livres sur le sujet.
Tant le rythme que la manière de faire achèvent de l’en convaincre.
Ligues majeures
« Quand c’est des règlements de compte, c’est très rapide comme ça, continue la criminologue. Quand la chicane pogne dans les gangs, ça se règle en 24 heures. »
Elle souligne aussi que le ou les auteurs des meurtres savaient ce qu’ils faisaient.
« Ils connaissaient les victimes. Ils les attendaient. Et ils ont gardé le contrôle de leurs nerfs », dit-elle.
Elle croit de surcroît qu’il s’agirait de gangs majeurs à l’œuvre.
« Quand je vois l’âge des victimes, cela me porte à penser que ce sont des membres de gangs de rues qu’on appelle majeurs (voir texte ci-contre). Ce ne sont pas des petits jeunes ».
Mme Mourani est d’avis que tous les scénarios sont sur la table.
Les assassinats pourraient être l’œuvre d’une même personne ou d’un groupe de personnes. Ou bien, le second est une réplique au premier.
Les motifs possibles sont tout aussi variés. « Généralement, les règlements de compte se font pour la lutte de territoires entre les gangs qui veulent contrôler le trafic de la drogue et le marché de la prostitution, explique la criminologue. Mais ça pourrait aussi être autre chose. Par exemple, un membre qui n’a pas payé son dû. »
Les enquêteurs sont à pied d’œuvre pour élucider cette histoire.
À commencer par celle d’un homme gisant dans son sang dans un penthouse du quartier Côte-des-Neiges, hier après-midi.
Lors de sa découverte, la victime de 33 ans était morte depuis plusieurs heures déjà des suites d’une blessure par balle.
Dans leurs voitures
La Sûreté du Québec se penche pour sa part sur le cas de l’homme de 42 ans qui rentrait chez lui vers 2 h hier matin, à Laval. À peine avait-il garé sa voiture qu’un tireur qui l’attendait l’a mis en joue, puis a criblé sa voiture de balles.
Membre avéré de gang de rue, la victime a réussi, malgré ses blessures, à sortir du véhicule pour aller chercher de l’aide. Il a atteint l’immeuble qu’il habitait avant de s’effondrer dans les marches de l’entrée, où sa conjointe l’a découvert.
« On a été réveillé par ses cris stridents, raconte François Laplante, qui habite l’endroit. Après, on a vu les chars de police arriver de tous bords, de tous côtés. »
Les voisins n’ont pas entendu de coups de feu. Des policiers auraient dit à M. Laplante que l’arme utilisée était munie d’un silencieux. Toujours vivant, l’homme a été transporté à l’hôpital, où il a succombé à ses blessures.
Quant à la fusillade aux Galeries d’Anjou, deux hommes âgés de 37 et 32 ans ont été la cible de coups de feu alors qu’ils étaient eux aussi à bord d’un véhicule.
L’un est décédé, l’autre a réussi à prendre la fuite vers le centre commercial. Il repose dans un état stable à l’hôpital.
► Avec la collaboration de l’Agence QMI