BROSSARD -
Max Pacioretty n’avait pas l’intention de traîner un boulet, celui d’un prochain contrat à négocier. Conservateur de nature, l’Américain de 23 ans cherchait à jouer la prochaine saison l’esprit tranquille.
Avec une prolongation de contrat de six ans et 27 millions, Pacioretty n’aura pas à répondre à des questions sur son avenir à Montréal avant la fin de la saison 2018-2019. Il aura
« Il s’agirait d’un mensonge si un joueur disait qu’il ne changerait pas sa façon de jouer en n’ayant pas un contrat en poche pour la saison suivante, a reconnu Pacioretty avec sa franchise habituelle. Mentalement, c’est énorme comme différence. Je pourrai me concentrer uniquement sur les succès de l’équipe l’an prochain. Je veux gagner pour le CH. »
Sous l’ère de Pierre Gauthier ou de Bob Gainey, le Tricolore accordait rarement des prolongations de contrat à ses joueurs et l’ancienne garde ne négociait pratiquement jamais en cours de saison. Gauthier avait dérogé à sa philosophie en janvier dernier avec Josh Gorges et Gainey l’avait fait pour Saku Koivu en 2006.
Avec le congédiement de Gauthier à la fin de la dernière saison, Pacioretty se croisait les doigts pour une approche différente.
« J’ai toujours voulu signer une prolongation de contrat, mais ce n’était pas toujours possible avec l’ancienne direction, a reconnu l’ancien choix de premier tour du CH en 2008, le 22e au total. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et j’ignorais les intentions de notre nouveau directeur général. Dès que j’ai su que Marc voulait prolonger mon contrat, je n’ai pas hésité une seule seconde. J’adore jouer à Montréal et je voulais régler ça le plus rapidement possible. »
En conférence de presse, Bergevin n’a pas voulu dire qui avait fait les premiers pas, se contentant de répondre que les deux parties avaient pris l’initiative.
Un contrat équitable
Pacioretty, 23 ans, empochera 1,5 million en 2012-2013. À partir de la saison 2013-2014, le récipiendaire du trophée Bill-Masterton verra son salaire annuel grimper à 4,5 millions.
Auteur d’une saison de 33 buts et de 65 points l’an dernier, Pacioretty pourrait s’avérer une aubaine dans le monde fou de la LNH d’ici quelques saisons. À condition évidemment de poursuivre sa courbe de progression ou de maintenir un rendement semblable.
En bon directeur général, Bergevin n’achète pas la théorie de l’aubaine pour son jeune ailier.
« Je ne vois pas ce contrat comme une aubaine, a répliqué le DG du Canadien. À mes yeux, il s’agit d’un pacte juste pour les deux parties. J’ai le sentiment que nous avons offert un engagement très important pour un aussi jeune joueur. J’ai parlé à Max ce matin et je sais qu’il est très heureux de l’entente. C’est la même chose pour nous. »
Cole, le modèle
Dans l’espoir de poursuivre sa progression, Pacioretty n’aura pas à regarder trop loin dans le vestiaire.
« Je veux copier ma carrière sur celle d’Erik Cole, a-t-il dit. Il est un grand et gros ailier avec beaucoup de vitesse. Comme moi, il a traversé des épreuves difficiles en subissant le même type de blessure au cou. J’ai déjà beaucoup appris d’Erik l’an dernier. J’espère qu’on jouera encore ensemble l’an prochain. Je souhaite devenir l’attaquant de puissance qu’on recherche depuis longtemps à Montréal. »
S’il faut en croire Bergevin, Pacioretty pourrait bien devenir le gros ailier tant attendu.
« À 23 ans, Pacioretty est encore très jeune, a-t-il rappelé. On commence à peine à voir ce qu’il peut faire. »