Une famille de Pointe-aux-Trembles comptant trois enfants ne peut plus habiter dans sa maison neuve depuis huit mois, et vit maintenant dans une roulotte.
« On est à bout », avoue Audrey Veilleux, mère de trois fillettes âgées d’un à six ans.
La vie de cette jeune famille a basculé à l’automne dernier. Après avoir découvert des problèmes d’humidité dans leur maison construite en 2008, les propriétaires ont fait appel à leur garantie de maison neuve, Abritat.
Cette dernière a alors payé une contre-expertise par une firme de microbiologie le 25 novembre dernier. Résultat ? « Une contamination faramineuse de l’air ambiant est présente (...) à un point tel que la santé des occupants est maintenant compromise et qu’ils doivent évacuer le bâtiment dans les plus brefs délais ».
Quitter sur-le-champ
« Dès que je l’ai su, il n’était pas question qu’on reste là, raconte Jean-François Chapdelaine. Maintenant, après cinq minutes dans la maison, j’ai des problèmes respiratoires. »
Ainsi, ils ont été hébergés tout l’hiver chez des membres de leurs familles. En juin dernier, ils ont finalement acheté une roulotte au coût de 25 000 $, qu’ils ont installée dans l’entrée de cour des parents d’Audrey.
« Ce n’est pas si pire parce qu’on a de l’eau et les filles trouvent ça amusant, s’encourage la mère. Mais, ce n’est pas l’idéal. Surtout qu’on ne sait pas combien de temps ça va durer. »
Jusqu’ici, ils ont dépensé 35 000 $ pour faire désinfecter les meubles, et divers travaux. Or, ils n’ont reçu que 566 $ de la part d’Abritat.
Problème de dalles ?
Dans une lettre envoyée aux propriétaires en décembre 2011, Abritat avait mis en demeure l’entrepreneur Gestion René Rousseau inc. de décontaminer les lieux.
Selon les propriétaires, l’humidité pourrait être causée par des problèmes de dalles dans le sous-sol et dans le garage. Or, dans une décision rendue le 5 décembre 2011, Abritat conclut qu’il n’y a pas de non-conformité.
Ainsi, le couple a décidé en janvier dernier de porter la cause en arbitrage. Depuis des mois, ils paient pour différentes expertises.
« Ils refusent de faire les travaux qu’on demande, et après les inspections qu’on les a vus faire, on n’a pas confiance, dit M. Chapdelaine, lui-même entrepreneur général. De plus, on a maintenant le fardeau de la preuve. »
« Il faut que notre dossier soit solide, ils vont tout faire pour le démolir », ajoute sa conjointe.
Quant à la suite des choses, la famille n’a aucune idée quand ils pourront réintégrer leur maison. Le couple devrait être en mesure de présenter son dossier à Abritat prochainement.
« Garder le moral »
« Ça peut prendre des mois, dit la mère. Il faut garder le moral, sinon on serait en dépression. »
De son côté, le directeur général adjoint d’Abritat, Ronald Ouimet, indique qu’ils sont en attente du dossier.
« On n’a pas accès à la maison pour continuer les recherches de la source du problème depuis qu’ils ont décidé d’aller en arbitrage. On ne peut rien faire pour le moment. » Hier, l’entrepreneur général n’avait pas rappelé au Journal.