Ainsi, Jean-Martin Aussant et Amir Khadir s’indignent de ne pas avoir été invités aux trois débats des chefs organisés par le réseau TVA.
On peut comprendre les frustrations des chefs d’Option Nationale et de Québec Solidaire d’avoir été écartés de ces face-à-face qui risquent d’attirer un très large public.
LE DÉBAT DES ASPIRANTS
Mais il ne s’agit pas d’organiser un « Rumble » général entre tous les chefs de partis (si on invite Option Nationale, il faudrait logiquement inviter le parti Vert, qui se classe mieux dans les sondages), plutôt de permettre aux électeurs québécois d’assister enfin à des échanges corsés et dynamiques entre les chefs qui sont susceptibles de devenir premier ministre de la province.
Or, les chiffres sont clairs : Québec Solidaire et Option Nationale ont autant de chances de gagner les prochaines élections que Scott Gomez de remporter le trophée Hart. C’est plate, mais c’est la réalité.
Les gens en ont soupé des débats figés qui font passer la période de questions de l’Assemblée nationale pour The Fast and the Furious 3D. On veut du rythme, de la vie, de l’énergie, de la vivacité. Du punch.
Tout ce qu’on ne peut pas avoir dans un débat à six.
DANS LE COIN DROIT…
Vous me direz qu’un débat politique n’est pas une émission de variétés. Vrai.
Mais quelle formule est plus susceptible de nous faire voir le vrai visage — et nous révéler les forces et les faiblesses — des aspirants au pouvoir : Charest dans le coin droit et Marois dans le coin gauche (l’équivalent du combat Ali-Spinks en 1978), ou Charest, Marois, Legault, Kadir, Aussant et Sabourin côte à côte sur le même podium ?
Et puis, qui sait ? Ces trois débats risquent d’amener indirectement de l’eau au moulin de Québec Solidaire et d’Option Nationale.
Si les téléspectateurs, au terme de ces débats, restent sur leur faim et ne sont impressionnés par aucun des candidats, ils vont peut-être décider de tourner le dos aux trois gros partis et de voter pour Monsieur Khadir ou Monsieur Aussant.
Quant à ceux qui affirment qu’Option Nationale devrait participer aux débats, vu que ce parti est présent à l’Assemblée Nationale, je souligne que Jean-Martin Aussant est un transfuge du PQ et qu’il n’a jamais été élu sous la bannière d’Option nationale.
« DJEMILA BENHADRYL »
Parlons de Jean Tremblay, maintenant.
Le maire de Saguenay a dit que Djemila Benhabib (qui habite au Québec depuis 15 ans) ne devrait pas s’impliquer dans le débat sur la laïcité car « elle vient de l’Algérie » et qu’elle « a un nom difficile à prononcer ».
Ne serait-ce que pour ça, Jean Tremblay mérite de figurer au panthéon des zigotos.
Mais il y a pire : hier, à l’émission TVA en direct que j’animais en remplacement de François Paradis, le maire a dit à plusieurs reprises que l’auteure des Soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident était… une islamiste.
Elle qui a passé sa vie à les combattre !
On peut critiquer les positions de Madame Benhabib (que Pauline Marois — délicieuse ironie — a appelé « Benhabil », hier).
Mais de là dire qu’elle n’est pas une vraie Québécoise car elle porte un nom à consonance arabe, il y a une maudite limite…