Françoise David n’est pas dupe. Si Jean Charest s’est appliqué à féliciter sa performance télévisée après le débat des chefs dimanche soir, c’est tout simplement que le premier ministre a tout à y gagner.
« Il n’est pas tombé en amour avec moi du jour au lendemain, croyez-moi », plaisante Françoise David, la coporte-parole de Québec solidaire, qui demeure très réaliste vis-à-vis des propos tenus par Jean Charest.
À l’issue de la bataille de mots que se sont livrée les chefs des quatre partis dimanche soir, le premier ministre n’a en effet pas tari d’éloges à l’égard de Mme David, et ce, à plusieurs reprises.
« Elle a tiré son épingle du jeu », a-t-il estimé, la félicitant notamment d’avoir poussé Pauline Marois a déclaré qu’elle ferait la souveraineté « demain matin », si elle le pouvait.
« Mme David a été très claire dans ses propos. (...) Elle a donné une performance qui rend service, dans la mesure où les Québécois savent plus clairement, grâce à ses interventions, ce que Mme Marois prépare », a-t-il précisé.
« Un brin d’humour »
Mais les paroles de Jean Charest n’ont pour seul effet de faire doucement sourire la porte-parole de Québec solidaire.
« Il faut prendre ça calmement, avec un brin d’humour. Surtout venant du clan des libéraux... S’il y a une part de sincérité dans ces propos ? Je n’en sais rien, mais je crois qu’ils règlent leurs comptes entre eux, sachant que nous ne sommes pas encore en mesure de prendre le pouvoir », rétorque-t-elle.
En vantant ses talents d’oratrice, Jean Charest a tout à y gagner croit la porte-parole de Québec solidaire.
« Ce qu’il veut, c’est simplement battre le PQ et la CAQ. Alors, je prends tout ça avec un grain de sel et de mon côté, je n’ai aucune félicitation à lui faire », répond-elle d’un air bien tranché.
Éloges de la rue
Mme David balaie sans conteste les éloges intéressés des libéraux d’un revers de main, et leur préfère ceux de la rue.
« Tout ceci n’est que très anecdotique. Ce qui m’importe plus que tout le reste, c’est de continuer de défendre mes idées. »
Sa journée était une nouvelle fois bien remplie hier. En milieu d’après-midi, elle s’est dirigée vers le marché Jean-Talon, à la rencontre des résidants et agriculteurs locaux.
Un pique-nique avec les militants de Québec solidaire devait suivre ainsi qu’une réunion avec un groupe de jeunes encore indécis quant à leur vote.
Et pour clore la parenthèse sur Jean Charest, Françoise David a été formelle : « Qui que ce soit qui essaierait de m’utiliser se frappera à un mur. Je ne suis pas dupe ».
La seconde moitié de campagne a plutôt bien démarré pour la porte-parole de Québec solidaire qui tentera de déloger pour la troisième fois consécutive le député péquiste Nicolas Girard dans la circonscription de Gouin.
Depuis sa performance dimanche soir, les appuis ne cessent de pleuvoir, confie-t-elle.