Ce n’est qu’une question de temps avant que les coquerelles qui fourmillent dans les lieux communs d’un HLM de Montréal n’élisent domicile dans les logements, craignent des locataires excédés.
Ils étaient près d’une trentaine de locataires réunis mardi soir dans la salle commune du 1105, Sucrerie. Le sujet de l’heure ? Les coquerelles qui leur pourrissent la vie.
La présence occasionnelle des bestioles dans l’édifice n’a rien de nouveau. Pourtant, elles pullulent au point de « rendre fou » les résidents depuis quelques semaines.
Chasse aux coquerelles
Aucun espace public n’est désormais épargné. Des coquerelles remuent dans les corridors, grimpent sur les cadres de portes, se baladent dans les lavabos du rez-de-chaussée.
Serge Latour dit en avoir chassé de son fauteuil roulant. Jeanine Duquette dit ne prendre désormais l’ascenseur que munie d’un parapluie de peur que des coquerelles ne lui tombent dessus.
« On est écœurés. On ne demande pas grand-chose, juste plus de propreté. On y a droit. On paie, moins cher peut-être, mais on paie pareil », s’insurge Réjeanne Lauzon, excédée.
« C’est assez dur sur les nerfs. On n’est pas habitués de voir des bibites de même, ajoute-t-elle. Quand j’ai vu ça, j’ai pleuré. »
Entre les tables de la salle où ils prennent place, une coquerelle gît, écrasée du pied par un locataire. Plus loin, près de la salle de toilettes, d’autres cadavres de bestioles reposent au sol.
Les résidents n’ont aucune pitié. Ils mènent une chasse acharnée contre ces indésirables.
« On fait un concours : celui qui en tue le plus gagne », grince Martin Landerman.
C’est peine perdue, leur nombre de cesse de croître faute d’un meilleur nettoyage régulier.
Négligence ?
« Il y a un manque d’entretien par l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM), explique M. Landerman, qui n’hésite pas à qualifier le tout de négligence. C’est un manque de respect total pour des personnes qui sont déjà démunies. C’est un manque flagrant de dignité. »
« En plus, le foyer d’infestation est toujours là dans la salle de vidange, au sous-sol », précise-t-il.
Cette salle grouillait en effet de dizaines de coquerelles, mortes et vivantes, lors du passage du Journal.
Leurs plaintes déposées au cours des dernières années n’ont rien changé à la présence des indésirables, assurent-ils. Rien n’y fait, les coquerelles sont toujours là.
Du côté de l’OMHM, on dit tout faire pour mettre un terme à la situation. Des travaux sont d’ailleurs prévus afin d’améliorer l’entretien du bâtiment.
Depuis 2010, les exterminateurs sont venus trois à quatre fois par année, indique Martin Després, porte-parole de l’organisme. Une intervention a aussi eu lieu la semaine dernière.
« On ne veut pas laisser des locataires là-dedans », assure-t-il, soulignant qu’il y a intervention aussitôt qu’une plainte est déposée.