Un père de famille de l’Ouest de Montréal regrette sûrement d’avoir conduit jusqu’au Connecticut pour des rendez-vous intimes avec une adolescente rencontrée sur Internet. Arrêté par la police locale puis accusé d’agression sexuelle sur une mineure, il a été condamné hier à 10 ans de prison et autant d’années en probation.
Philippe Gosselin a beau eu juré qu’il ignorait que la jeune fille avait le tiers de son âge, cela n’a pas empêché un juge américain de le condamner à une lourde peine d’emprisonnement.
Visiblement adepte du net, l’homme d’affaires de 46 ans avait rencontré sa victime vers la fin de 2010 via une application iPod, utilisant l’alias « Buzzgo ».
Après quelques discussions, entre autres sur la différence d’âge entre les deux personnes, les échanges ont alors migré sur Skype. L’accusé a alors convaincu l’adolescente de se dévêtir sur caméra pendant qu’il commentait ses performances.
Il brisera finalement la barrière numérique quelques mois plus tard, désireux de rencontrer la jeune fille au Connecticut.
Pervers audacieux
Au fil des mois, Gosselin a eu plusieurs relations sexuelles avec l’adolescente, poussant la perversion jusqu’à introduire des menottes et de la cire chaude dans la chambre à coucher, malgré les réticences de la jeune fille.
L’accusé avait à deux reprises loué une chambre d’hôtel, mais il avait ensuite poussé l’audace en se rendant à son domicile, profitant de l’absence des parents. Il avait eu une relation dans la chambre du frère avant de prendre sa douche dans celle des maîtres.
Philippe Gosselin aura finalement été arrêté en octobre 2011, après que les parents de la jeune fille aient découvert le pot aux roses en consultant l’historique de conversations de leur fille sur son ordinateur.
« Je ne savais pas qu’elle avait 15 ans », avait alors dit l’accusé aux policiers, qui avaient également trouvé menottes, bougies et cordes dans son véhicule.
Il faisait d’abord face à 14 chefs d’agression sexuelle sur une mineure et de risques de blessures sur une mineure, mais il avait finalement plaidé coupable à une seule accusation d’agression sexuelle.
« Extrêmement troublant »
Peu avant de rendre sa sentence, le juge de la Cour de New London en a profité pour commenter l’affaire.
« C’est un cas extrêmement troublant, a déclaré l’honorable juge Patrick J. Clifford. C’est le pire cauchemar qui puisse arriver à des parents. »
Tout au long de l’audience, Gosselin a gardé la tête baissée, ne s’adressant que brièvement à la Cour pour présenter ses excuses.
« Je suis vraiment désolé », a-t-il dit.
Si la victime n’était pas présente, son père était pour sa part venu assister au verdict. Il n’a cependant pas émis de commentaires.
Des 10 ans de prison auquel Gosselin a été condamné, il devra en purger au moins quatre avant de pouvoir demander de passer les années restantes dans la collectivité. Par la suite, il sera soumis à une longue probation de 10 ans, pendant laquelle il sera inscrit au registre des délinquants sexuels de l’État.
Incarcéré depuis son arrestation, il lui reste donc un peu plus de trois ans à purger. Lors de sa première comparution, sa caution avait été fixée à un million de dollars avant d’être revue à la baisse, soit à 750 000 $. Il n’avait pas réussi à réunir le montant.
Le procureur à la poursuite, Me Lawrence Tytla, a fait savoir que l’accusé pourrait demander de purger la durée de sa probation au Canada.