QUÉBEC | Les pdg d’Hydro-Québec et de la Caisse de dépôt et placement devront atteindre les objectifs de François Legault s’il devient premier ministre. Sinon, ils perdront leur emploi, a-t-il prévenu.
M. Legault ne tolérera aucune entrave au « grand ménage » qu’il entend réaliser dans la bureaucratie québécoise. Les dirigeants des sociétés d’État n’auront qu’à bien se tenir si la CAQ va au pouvoir. Il a directement ciblé Thierry Vandal et Michael Sabia en entrevue éditoriale au Journal.
« Si M. Vandal n’est pas prêt à couper 600 M$ (chez Hydro-Québec) et si M. Sabia (à la Caisse de dépôt) n’est pas prêt à augmenter à 25 % les participations dans les compagnies québécoises, il va y avoir un changement », a-t-il laissé tomber.
« Je n’annonce pas une purge, mais, en même temps, si on veut faire des changements au Québec, il y a une dizaine de postes clés; il y a quatre ou cinq sous-ministres qui sont importants, puis quatre, cinq présidents de sociétés d’État. Soit ils acceptent notre plan ou on met quelqu’un d’autre. »
M. Legault croit beaucoup à l’imputabilité. « Ça ne me dérange pas de payer plus cher les dirigeants de sociétés d’État, mais ils vont être imputables. S’ils ne livrent pas la marchandise, ils vont perdre leur job. »
S’attaquer à Hydro-Québec
Selon François Legault, il est prioritaire de « s’attaquer à Hydro-Québec », qu’il compare à un « État dans l’État », et de couper 600 millions sur 2,6 milliards de dépenses. « C’est raisonnable et je connais même des gens qui sont prêts à prendre cette job-là », a-t-il largué, prévenant de nouveau Thierry Vandal qu’il est assis sur un siège éjectable.
La CAQ veut abolir 4 000 postes sur 23 000 chez Hydro-Québec. Par attrition. Personne ne va perdre son emploi, insiste-t-il. Mais les 19 000 autres vont inévitablement se répartir leurs tâches, admet M. Legault. « Il y a du travail qui se fait par deux ou trois personnes qui pourrait être fait par une personne. Il y a trop de bureaucratie et le nombre de cadres est trop élevé », dit-il, évoquant un « problème d’efficacité ».
Appui d’ex-dirigeants
Il confie avoir consulté d’ex-dirigeants d’Hydro-Québec pour la confection de son programme. Et ils sont « tous d’accord pour dire qu’il y a au moins de 4 000 à 6 000 employés de trop chez Hydro-Québec », a-t-il soutenu.
Quant à Michael Sabia, il se souvient de lui avoir parlé de son souhait de préserver les sièges sociaux avec une minorité de blocage de 34 %. « Il m’a répondu : “Ça coûterait 20 milliards et je ne pense pas que ça soit une bonne idée.” Donc, s’il ne change pas d’idée, on va avoir un petit problème... », a évoqué M. Legault, qui doit dévoiler aujourd’hui ses engagements pour la région de Québec.