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Éducation | Grève

Un dur retour en classe

Une rentrée scolaire plutôt tendue pour les « carrés rouges », selon la porte-parole Jeanne Reynolds

Un dur retour en classe
Photo le journal de montréal, sarah-maude lefebvre À l’instar de milliers d’autres étudiants, Jeanne Reynolds a repris ses cours, la semaine dernière, au Cégep de Valleyfield, après plusieurs mois de grève. La porte-parole croit que le défi est maintenant de trouver un moyen de « raccrocher » les étudiants moins militants, à la lutte contre la hausse des droits de scolarité.

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Après six mois de grève générale, le retour en classe ne s’effectue pas sans heurts pour les leaders étudiants.

Jeanne Reynolds, qui est la seule porte-parole du mouvement étudiant à retourner physiquement sur les bancs d’école, admet que le climat était plus que tendu lors du retour en classe, la semaine dernière, au Cégep de Valleyfield.

« La grève a été éprouvante. En assemblée générale, il y a eu des mots qui ont été choquants. Il y a presque eu une bataille. Il y avait donc beaucoup de craintes lors de la rentrée », a confié l’étudiante de 20 ans lorsque le Journal l’a rencontrée, hier, à son cégep.

« Forme de rancune »

Alors que les étudiants qui étaient contre la grève se sont plaints d’avoir été victimes d’intimidation pendant le conflit, ce sont les « carrés rouges » qui étaient les plus nerveux lors de la reprise des cours, selon Mme Reynolds.

« Il y a une forme de rancune. Quand je vais dans mes cours, je sens les regards se poser sur moi. Les militants avaient peur de se faire intimider. Mais finalement tout s’est bien déroulé. Les professeurs ont beaucoup aidé à détendre l’atmosphère. »

Le mouvement étudiant se heurte toutefois à un obstacle de taille depuis la reprise des cours dans les cégeps. Pour plusieurs étudiants, la fin de la grève semble avoir sonné le glas de la lutte contre la hausse des droits de scolarité.

« C’est un peu triste. La première journée de notre retour en classe, à Valleyfield, c’était comme si rien ne s’était passé, comme s’il n’y avait pas eu de grève », déplore Mme Reynolds.

« J’étais très déçue sur le coup. Après quelques jours, j’ai décidé de changer de mentalité, car le travail est loin d’être terminé. »

Pas une victoire évidente

Jeanne Reynolds croit que le défi est maintenant de trouver un moyen de « raccrocher » les étudiants moins militants, à la lutte contre la hausse des droits de scolarité.

« Il faut prouver que l’on n’a pas fait ça pour rien, dit-elle. Ce n’est peut-être pas une victoire évidente, mais c’est une victoire quand même. On a créé un vent de mobilisation historique.

« Je ne pense pas que le conflit va tomber dans l’oubli. Mais il faut trouver un moyen d’en parler aux étudiants sans les écœurer. Ils en ont tellement entendu parler pendant six mois. Il faut expliquer que la grève n’a pas été inutile et encourager les étudiants qui le veulent à y retourner. »


► Selon les estimations de la CLASSE, 59 associations étudiantes regroupant environ 35 666 étudiants sont toujours en grève actuellement.

Sont-ils de retour en classe ?
Jeanne Reynolds (CLASSE)
Oui, depuis le 14 août. Elle suit un cours qui lui permettra de terminer son DEC en Arts et Lettres (Théâtre).
Camille Robert (CLASSE)
Non, son association étudiante, l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l'UQÀM, a reconduit la grève jusqu’aux élections.
Éliane Laberge (FECQ)
Non, elle suit des cours à distance au Collège de Rosemont, mais elle a abandonné son DEC en Arts et Lettres durant la présente session, en raison d’un manque de temps.
Martine Desjardins (FEUQ)
Elle rédige à temps partiel son doctorat en Éducation à l’UQAM.
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