Il y a de plus en plus de trafic à l’aéroport Montréal-Trudeau. À l’ombre des avions, des riverains s’inquiètent de l’impact de la croissance de l’activité aéroportuaire sur leur santé et sur l’environnement.
Outre ceux de Dorval qui habitent en bordure des pistes, des citoyens d’Ahuntsic, Villeray, Pointe-Claire et même de certains quartiers de Laval sont forcés de fermer leurs fenêtres en plein été, de monter le volume de leur télévision et de renoncer aux soupers de famille autour du barbecue.
La députée bloquiste d’Ahuntsic, Maria Mourani, note même que certains résidents plus incommodés que d’autres déménagent pour fuir les avions. Mais Christiane Beaulieu, la vice-présidente des Affaires publiques d’Aéroport de Montréal (ADM), explique que certaines années ont été bien plus occupées que les deux dernières.
En effet, en 1999 et en 2008, par exemple, les pistes de Montréal-Trudeau ont été plus sollicitées qu’en 2011. Mais, malgré cette croissance en dents de scie, il y a plus d’avions aujourd’hui qu’il y a deux décennies.
Selon Statistique Canada, en 2011, 232 076 aéronefs ont atterri ou décollé à l’aéroport Montréal-Trudeau, soit 35 864 de plus qu’en 2001 et 34 684 de plus qu’en 1991.
En 1997, les vols internationaux de Mirabel ont été rapatriés à Dorval et les vols nolisés ont suivi en 2004. Ceci a provoqué une augmentation du nombre de mouvements sur les pistes de Montréal-Trudeau pendant les années qui ont suivi.
Progressivement, cette recrudescence de trafic s’est résorbée, sans toutefois revenir au niveau de 1992, quand ADM a obtenu la gestion des deux aéroports.
Il y a ainsi presque deux fois plus de mouvements d’aéronefs à Montréal-
Trudeau qu’il n’y en avait en 1966, quand le gouvernement fédéral a décidé de construire un aéroport à l’extérieur de la ville. Ces installations devaient pouvoir absorber la croissance du trafic sans nuire aux riverains.
Dans ce contexte, des citoyens se regroupent pour réclamer une étude indépendante au sujet de l’impact du trafic aérien sur la vie humaine. Une telle étude n’a jamais été menée à Montréal, bien que l’aéroport de Dorval soit en service depuis 1941.
Croissance en vue
Partout dans le monde, les citoyens se mobilisent pour influencer la gestion de leurs aéroports. En 2010, les riverains de Heathrow, en Angleterre, ont ainsi empêché qu’il s’y construise une troisième piste.
Mais, ici, « les gens peuvent pester tant qu’ils veulent, le développement ne s’arrêtera pas », croit Michel Nadeau, le directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques, qui rendra public un rapport sur la gouvernance d’ADM à l’automne.
Malgré les protestations, ADM prévoit en effet que le trafic continuera de croître de 3 % par année en moyenne à Montréal-Trudeau. « On a de la place pour avoir plus de mouvements sans modification du champ aérien », souligne Christiane Beaulieu.