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drôles d’oiseaux

Petit Blongios

Un visiteur assez rare à l’île Bizard

CA_JeanLéveillé

Jean Léveillé @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Petit Blongios

Plus souvent présent en Ontario, c’est une espèce plutôt rare au Québec, car on évalue que seulement de 200 à 300 couples viennent s’y reproduire chaque année. On les trouve principalement dans les bassins versants des rivières Richelieu, Châteauguay et Outaouais, des lacs Saint-Louis et Saint-Pierre ou du canal Beauharnois.

AUTREFOIS APPELÉE ÎLE BONAVENTURE

Alors, recevoir un appel téléphonique pour me les signaler dans un milieu humide de la région de Montréal a de quoi surprendre. Je me dirige immédiatement vers l’île Bizard, qui, jusqu’au début du 19e siècle, portait le nom d’île Bonaventure. Malgré la construction d’un pont en 1893, elle préservera une vocation agricole jusqu’en 1960, mais depuis la création, vers 1958, de deux grands terrains de golf, l’urbanisation a rapidement pris le dessus. Par clairvoyance, certains milieux humides y ont été préservés.

Le long d’une passerelle servant surtout de piste cyclable, je perçois au milieu des joncs une série de « coo-coo-coo » ces notes graves qui trahissent ce petit timide bien difficile à obser­ver. Bien que mâles et femelles soient semblables, je reconnais le dessus de la tête et du dos un peu plus foncé chez le « monsieur ». D’un gabarit à peine supérieur à celui d’un merle d’Amérique, le petit échassier allonge entre les quenouilles son bec long et pointu qui lui permet de capturer des proies principalement constituées d’insectes et d’amphibiens.

LA BONNE VOLONTÉ SUFFIRA-T-ELLE ?

On considère que l’espèce est en déclin au Canada et aux États-Unis, principalement en raison de la perte et de la détérioration des milieux humides. À titre d’exemple, 80 % de ces véritables éponges naturelles qui retiennent les grandes précipitations et les crues soudaines avant de les filtrer et de les purifier ont disparu de la grande région de Montréal.

Mais il en reste, qui, parfois, accueillent de bien précieux visiteurs maintenant déclarés espèces vulnérables par les autorités et protégées par des lois. Sur les lopins privés, la préservation de ces endroits inestimables repose essentiellement sur la bonne volonté ou la sensibilisation de leurs propriétaires… Est-ce-suffisant, selon vous ?

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