Le Congrès mondial contre le cancer se tiendra cette semaine pour la première fois au Canada, à Montréal du 27 au 30 août. J’aurai l’opportunité d’y présenter une synthèse des derniers développements sur le rôle crucial des habitudes de vie sur le risque de cancer.
PRINCIPALE CAUSE DE MORTALITÉ
Malgré de nombreux progrès scientifiques et médicaux, le cancer demeure l’une des principales causes de mortalité à l’échelle mondiale. Chaque année, 13 millions de personnes sont diagnostiquées avec un cancer et 8 millions de personnes en meurent. Au Canada, le cancer est devenu la principale cause de décès, dépassant pour la première fois en 2007 la mortalité causée par les maladies cardiovasculaires. Ainsi, on estime que l’an dernier 177 800 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués et que 75 000 personnes sont décédées de suites de cette maladie. Selon un sondage récent, plus de 90 % des Canadiens âgés de 35 à 70 ans ont été touchés directement par le cancer ou connaissent des personnes qui ont été affectées par cette maladie. Il s’agit donc d’un problème de santé publique majeur, qu’il faut absolument mieux connaître pour améliorer le traitement de la maladie et, par le fait même, la qualité de vie de la population.
L’UNION FAIT LA FORCE
Fondée en 1933, l’Union internationale contre le cancer (UICC) a comme mission d’accélérer la lutte contre le cancer. Regroupant des chercheurs, médecins et des décideurs influents localisés dans plus de 120 pays, cette organisation vise à réduire de manière significative le fardeau que représente le cancer à l’échelle mondiale. Le Congrès mondial contre le cancer de l’UICC qui se tient à Montréal cette semaine représente donc une occasion privilégiée pour tous les intervenants de la lutte contre le cancer d’échanger et d’élaborer de nouvelles solutions pour améliorer notre approche de cette maladie. Plus de 3 000 participants et chefs de file mondiaux dans la lutte contre le cancer seront présents pour discuter des derniers développements dans la prévention et le dépistage précoce, les soins, et la survie au cancer, les soins palliatifs et le traitement de la douleur ainsi que la mise en place de systèmes de lutte au cancer à grande échelle.
L’IMPORTANCE DE LA PRÉVENTION
Dans un colloque organisé par le World Cancer Research Fund, je présenterai une conférence plénière sur les derniers développements de la recherche en prévention du cancer. Les lecteurs de cette chronique sont familiers avec le nombre important d’études qui ont montré hors de tout doute que près des deux tiers des cas de cancers diagnostiqués annuellement pourraient être évités en modifiant les habitudes de vie. L’aspect le plus important est sans aucun doute la lutte contre le tabagisme, responsable à lui seul de 30 % de tous les cancers, mais comme nous l’avons mentionné à maintes reprises, l’alimentation, le contrôle du poids corporel et l’activité physique régulière exercent également un impact considérable, avec 30 % des décès par cancers qui pourraient être évités par des modifications à ces aspects du mode de vie.
Une telle synthèse est importante, car malgré leur grande implication dans la lutte contre le cancer, la majorité des intervenants cliniques n’ont tout simplement pas le temps de lire les milliers d’articles scientifiques publiés chaque année dans le domaine de la prévention du cancer. Comme quoi le simple fait de lire régulièrement cette chronique vous permet de demeurer à l’avant-garde des derniers développements de la recherche sur le cancer, avant même plusieurs spécialistes qui travaillent dans ce domaine !