Alors que la rentrée a été perturbée hier et que des cours ont dû être annulés dans deux universités, la CLASSE appelle les étudiants à continuer à faire respecter les mandats de grève, quitte à déplaire aux « scabs » qui désirent reprendre leur session.
« Les étudiants doivent faire respecter les mandats de grève qui ont été votés en assemblée générale. Une personne qui ne respecte pas la volonté démocratique et qui veut rentrer en classe malgré un mandat de grève, n’ayons pas peur des mots, c’est un scab », a affirmé hier la coporte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds.
Par ailleurs, cette dernière blâme vivement l’administration de l’Université de Montréal qui a fait appel aux forces policières hier, pour déloger des manifestants qui s’étaient embarricadés dans un local.
« On a fait entrer des forces policières pour la première fois. C’est une réaction démesurée. Je ne suis pas certaine que les professeurs ont aimé enseigner sous la force et dans un tel contexte », dit Mme Reynolds.
La rentrée a été fortement perturbée hier à l’Université de Montréal (UdeM) ainsi qu’à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Hier à l'UQAM, plusieurs militants ont tenté d'empêcher des étudiants de l'Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH) de reprendre leurs cours et se sont présentés masqués dans les classes. La semaine dernière, l'AFESH a voté en faveur du prolongement de la grève et plusieurs de ses membres semblaient déterminés hier à perturber la rentrée des classes.
Au total, une soixantaine de cours ont dû être annulés.
« Je dois sortir de la salle parce que j'en ai reçu l'ordre de la part des agents de sécurité, sinon je resterais », a expliqué un professeur à l’Agence QMI, dérangé par quelques dizaines d'étudiants qui sont entrés dans sa salle en criant et en tapant sur les bureaux, hier après-midi.
Le SPVM intervient
À l’UdeM, malgré la présence policière aux abords du pavillon Jean-Brillant, au moins quatre cours ont été perturbés par des groupes de manifestants.
Un groupe d’étudiants s’est même barricadé dans un local de l’établissement.
Le SPVM a dû intervenir en vertu du Code criminel, puisque des allégations de méfaits ont été rapportées aux autorités. Dix-neuf personnes ont été placées sous surveillance policière.
Vers 13 h 30, le SPVM a libéré les personnes visées par les allégations, sans qu’aucune accusation ne soit portée contre eux. « On leur remet un papier comme quoi on enquête en vertu de la loi 12 », a indiqué le lieutenant du SPVM, Ian Lafrenière.
En début d’après-midi, deux manifestants cagoulés qui transportaient des projectiles dans leur sac à dos ont été arrêtés au sous-sol de l’édifice. L’un d’entre eux pourrait faire face à des accusations de voies de fait sur un agent de la paix.
Appel au calme de la FEUQ
« Ce n’est pas en faisant de l’intimidation que l’on va calmer la situation », a rappelé hier la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.
Mme Desjardins a notamment invité la CLASSE à publier la liste des cours touchés par le boycott, afin de calmer le jeu.
« Dans certains cours, on peut retrouver des étudiants qui ont voté pour la trêve, et d’autres pour la poursuite de la grève. C’est mélangeant et complexe. En mettant les choses au clair, on va régler les situations problématiques. »
Avec la collaboration de l’Agence QMI