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Une offre attendue

Une offre attendue
Photo d’archives Le commissaire de la Ligue nationale, Gary Bettman, devrait soumettre une nouvelle proposition aux joueurs aujourd’hui.

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Ça passe ou ça casse. On raconte que les négociations de la présente semaine ­détermineront si la saison ­démarrera en octobre ou encore si la Ligue nationale, comme en 2004, imposera un lock-out.

La mission des négociateurs n’est-elle pas de trouver des moyens pour espérer un rapprochement ?

J’ai hâte de connaître ce que les ­propriétaires ont à proposer aux joueurs, comme le veut la rumeur, et il est évident que cette nouvelle offre aura des ­conséquences importantes sur la ­tournure des événements.

Que la ligue et Gary Bettman présentent une nouvelle proposition, c’est qu’effectivement des progrès ont été réalisés la semaine dernière. Des progrès minimes, dira-t-on, mais on semble avoir avancé d’un pas.

Évidemment, on ne touchera pas au plafond salarial puisque le directeur exécitif de l’Association des joueurs, Donald Fehr, ­accepte, bien malgré lui, le système implanté en 2004.

Par conséquent, ce sont le partage des revenus ainsi que le pourcentage des revenus attachés aux salaires de la ligue qui ­seront au cœur des discussions.

DEMANDES DES PROPRIOS

La première ­offre des propriétaires comprenait entre autres :

► Statu quo relativement au plafond salarial.

► Diminution de 57 % à 43 % du pourcentage des revenus versés aux joueurs.

► Abolition de la clause de l’arbitrage.

► Les contrats pour les nouveaux joueurs seront de cinq ans au lieu de trois selon un salaire de base. Actuellement, le salaire de base est de 850 000 $.

► L’autonomie complète après 10 ans de service plutôt que de 7 ans.

► La durée des contrats ne ­devra plus excéder cinq ans.

En résumé, ce sont les points les plus importants.

Du côté des joueurs, l’offre s’appuie sur deux clauses importantes :

► Le partage des revenus. Les équipes avec les revenus les plus importants ­devront venir en aide aux équipes dans le besoin.

► Pas d’augmentation du pourcentage des revenus associés aux salaires des joueurs... si la ligue ne parvient pas à hausser les revenus de la saison de plus de 7 %. Les joueurs sont prêts également à amenuiser le pourcentage de 57 % des ­revenus présentement consenti pour les salaires.

ARGUMENTS DES DEUX CÔTÉS

Évidemment, on dira que les ­propriétaires ont le gros bout du bâton, qu’ils versent les salaires, qu’ils assument les responsabilités financières de la société. Donc, ils ont tous les ­pouvoirs.

Les joueurs, de leur côté, claironnent que si la Ligue nationale a atteint une somme de 3,3 milliards en revenus, c’est grâce à leur prestation sur la surface de jeu, sur la compétition de plus en plus captivante et sur le spectacle offert aux amateurs.

Les propriétaires ont des arguments, les joueurs également.

Cependant, le hockey ne peut pas se permettre un autre conflit.

Au cours des dernières années, la ligue a signé une nouvelle entente avec NBC et la ­popularité du hockey est en hausse.

J’imagine que les propriétaires en sont bien conscients.

NOUVEAU DISCOURS

Par contre, on ne croit pas à la survie du sport dans le contexte actuel. Pourtant, il y a sept ans, Bettman disait que le hockey s’était donné des structures exceptionnelles pour que la Ligue nationale progresse et on créait chez les équipes des petits marchés la possibilité de ­compétitionner au niveau des grands.

Il affirmait que la Ligue nationale ­venait de franchir un grand pas vers la stabilité financière. Or, ce beau système, ce système du plafond salarial que convoitaient tellement Bettman et les propriétaires ne fonctionne plus, selon leurs commentaires.

Alors, si ce modèle d’affaires ne fonctionne plus comme ils l’avaient anticipé, pourquoi le propose-t-on à nouveau ?

Mais, attendons la prochaine offre. Bettman nous réserve-t-il une surprise ?

En principe, la LNH tentera de ­présenter un autre modèle d’affaires ­aujourd’hui, et évidemment, la discussion portera sur le côté économique.

Le contexte est bien particulier, on l’admettra, puisque le hockey professionnel de la Ligue nationale demande aux joueurs de réparer les erreurs des ­propriétaires, mais, en revanche, la LNH déclare des revenus qui augmentent chaque année.

L’équation ne fonctionne pas.

LE MÊME REFRAIN DANS TROIS ANS

C’est pourquoi Fehr répète souvent qu’un système basé sur le plafond salarial, sans une solide structure quant au partage des revenus, ne fonctionnera jamais.

Supposons qu’on en vient à un accord, et un jour, il faudra bien que les deux groupes trouvent un terrain d’entente, dans trois ou quatre ans, les propriétaires claironneront encore que les ­salaires des joueurs sont trop élevés.

Pourquoi ?

Parce que pour assouvir leur soif de victoires, plafond salarial ou pas, ils se lancent dans les dépenses folles. Ce que Fehr dit aux penseurs de la Ligue ­nationale, c’est que le modèle d’affaires basé sur le partage des revenus est ­beaucoup plus efficace. Les équipes riches veulent dépenser, parfait.

Cependant, parce qu’elles jouissent d’un statut particulier, évoluant dans des marchés très généreux, elles devront ­apporter une contribution financière au prorata du montant versé pour les ­salaires de leurs joueurs aux équipes avec des budgets plus ­restreints.

Pour le moment, les personnages les plus influents de la ligue, et ce sont ceux qui possèdent les sociétés les mieux nanties de la LNH, ne veulent absolument rien savoir de ce principe.

Que proposera la ligue ?

Laissera-t-on miroiter la possibilité d’ajouter deux autres formations dans les plus brefs délais ? Va-t-on résoudre le dossier des Coyotes de Phoenix ? Va-t-on se montrer plus conciliant sur les clauses d’arbitrage ? Va-t-on respecter la présente clause pour l’autonomie complète ?

On verra bien si Bettman et son groupe sont de bonne foi...

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