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Une question de volonté

Une question de volonté
photo d’archives À titre d’éclaireur du Canadien sur le territoire québécois, Donald Audette aura les meilleurs espoirs d’ici à l’œil . Parmi eux, nul autre que son fils Daniel, premier choix du Phoenix de ­Sherbrooke lors du dernier repêchage de la LHJMQ.

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Alors que Donald Audette effectue ses premières sorties à titre de nouvel éclaireur du Canadien pour le territoire de la Ligue de hockey junior ­majeur du Québec, son fils ­Daniel fait ses premiers pas dans ce même circuit avec le Phoenix de Sherbrooke.

Ce n’est pas tout à fait un hasard puisque le paternel rêvait d’une seconde carrière au ­niveau professionnel quand son rejeton ­partirait de la maison pour poursuivre son apprentissage du hockey.

Après avoir consacré sept ans au hockey mineur comme entraîneur ou directeur ­général du Phénix du collège Esther-Blondin, de la Ligue midget AAA (poste qu’il continue à occuper), Audette se sentait d’attaque pour un nouveau défi.

Il n’a pas eu à attendre longtemps avant qu’une organisation de la Ligue nationale lui fasse signe. Il fait partie du groupe des neuf hommes de hockey ­québécois embauchés par le Tricolore dans le cadre de sa restructuration.

Audette a d’abord ­rencontré son bon ami Michel Therrien, mais le nouvel entraîneur en chef n’a pas retenu sa candidature pour le poste d’adjoint qu’il convoitait.

Leur relation demeure tout de même au beau fixe.

« On se parle encore ! », lance Audette en riant de bon cœur.

LE TALENT NE MANQUE PAS

Finalement, il sera les yeux et les oreilles du Canadien dans la LHJMQ, au même titre que Serge Boisvert qui est en poste depuis deux ans.

Son embauche à ce poste est la réalisation d’une promesse faite par Marc Bergevin, le jour de sa nomination.

Tout en disant qu’il était du devoir de ­l’organisation d’avoir des éclaireurs à temps complet au Québec, le nouveau directeur ­général avait ajouté que le Canadien n’a pas le droit de laisser passer dans ses filets les joueurs de talent évoluant dans sa cour, quand ils sont disponibles.

Les bavures commises dans les cas de ­Patrice Bergeron et de Claude Giroux ­demeurent fraîches dans la mémoire ­collective des partisans du Tricolore.

RIEN À ENVIER AUX ONTARIENS

De son côté, Audette ne nie pas que ­l’organisation du Canadien a une obligation morale envers les jeunes joueurs québécois. Mais il le dit en apportant un bémol.

« Il faut que le joueur nous tombe dans l’œil, fait-il valoir.

« Si on est forcé de les chercher, on a un problème. Le joueur doit montrer des ­qualités, qu’elles soient offensives ou ­défensives.

« Mais cela dit, il y a du talent au Québec. »

Audette l’a vu à titre d’entraîneur de l’équipe du Québec des moins de 15 ans et des moins de 16 ans, au cours des deux dernières années. L’hiver prochain, il dirigera la ­formation des moins de 17 ans.

En 2010, il a mené l’équipe québécoise au deuxième rang aux Jeux du Canada.

« On a battu les Ontariens quatre fois de suite », raconte-t-il.

« On n’a rien à envier à l’Ontario côté ­talent. Le problème se situe au chapitre de la combativité.

« On dirait que nos jeunes joueurs ­deviennent complaisants quand ils atteignent le junior. C’est là que l’ouvrage commence. »

MEILLEUR ENCADREMENT

Ce n’est pas que les jeunes ne sont bien ­encadrés, même si on peut les penser ­exploités par le système.

À une certaine époque, on entendait que les joueurs provenant du circuit junior québécois étaient mal entraînés, mais ce n’est plus le cas.

« Certains commencent même à faire du conditionnement physique à 13 ans », ­souligne Audette.

Dans son temps, les vestiaires des équipes juniors ne comptaient pas de gymnase ou si peu. C’était à l’époque où les équipes de la LNH repêchaient presque exclusivement des joueurs de gros gabarit.

Au cours de ces années, le Canadien a choisi des joueurs comme Lindsay Vallis, Brent Bilodeau, David Wilkie et Brad Brown, qu’on n’a jamais vu jouer à Montréal.

BEL EXEMPLE

À la fin de son stage dans la Ligue midget AAA, Audette avait été repêché en 12e ronde par le Titan de Laval.

Trois ans plus tard, après une saison de 161 points, les Sabres de Buffalo prenaient une chance en le sélectionnant au 183e rang (neuvième ronde).

On connaît la suite de l’histoire. « Preuve que quand tu veux, tu peux », ­renchérit Audette.

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