Louise Harel voudrait que Montréal ressemble davantage à Toronto, qui s’est négociée des pouvoirs avec le gouvernement ontarien en 2007, car le système actuel au Québec «favorise l’instabilité» et contribue à «étouffer Montréal», selon la chef de l’opposition à l’hôtel de Montréal.
La Ville de Toronto a le pouvoir de taxation depuis cinq ans et possède la possibilité de modifier l’organisation de sa gouvernance, un système que Mme Harel voudrait voir s’implanter à Montréal.
Mme Harel s’exprimait ainsi au lendemain du dévoilement de la plateforme pour Montréal lancé par le Parti québécois.
«Ce qui paralyse Montréal, c’est l’éparpillement et la fragmentation des pouvoirs, a expliqué l’ex-ministre du PQ. C’est d’ailleurs un des quatre enjeux prioritaires identifiés par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.»
Elle reproche aux différents partis d’avoir «à peine effleuré» le sujet de la gouvernance dans la présente campagne électorale provinciale.
Personne du Parti québécois, du Parti libéral ou de la Coalition avenir Québec, ne s’est attaqué à cet épineux problème.
Elle juge que la gouvernance déficiente fait en sorte que Montréal a le plus fort taux de chômage des régions du Québec, après Gaspésie-Île-de-la-Madeleine, entre autres.
Celle qui a orchestré les fusions municipales lorsqu’elle occupait le poste de ministre des Affaires municipales croit qu’une modification de la Charte de la Ville de Montréal s’impose plus que jamais.
«Elle veut paralyser Montréal»
Cette vision d’une structure interne de la Ville qui ne fonctionne pas a vivement fait réagir le maire Gérald Tremblay.
«Durant la campagne de 2010, Louise Harel voulait faire redémarrer Montréal. Maintenant, c’est elle qui veut paralyser la ville, a-t-il critiqué. En 2008, la Loi 22 nous a pourtant donné tous les pouvoirs dont nous avions besoin.»
Pour le maire Tremblay, le problème de fond qui se pose est beaucoup plus «de diversifier les sources de revenus de la ville», que de s’attaquer aux structures administratives. Pour lui, c’est Louise Harel qui «déstabilise» la ville et non la façon actuelle de gouverner.