Deux étudiants intentent un recours collectif contre le gouvernement du Québec et 25 cégeps et universités pour les préjudices subis pendant la grève étudiante le printemps dernier.
Le Journal a appris que Kim Laganière, étudiante en soins infirmiers au cégep de Montmorency et Mihai Adrian Draghici, étudiant en histoire à l’Université Laval ont déposé, hier, au palais de justice de Montréal, une requête pour autorisation d’exercer ce recours collectif.
Les établissements visés sont les collèges Montmorency, Bois-de-Boulogne, Rosemont, Ahuntsic, Lionel-Grouxl, Édouard-Montpetit, Maisonneuve, Valleyfield, Saint-Hyacinthe, Saint-Jérôme, André-Laurendeau, Marie-Victorin, Saint-Laurent, Vieux-Montréal, Limoilou, Saint-Jean-sur-Richelieu, Drumondville et de Sherbrooke.
Les autres établissements sont les universités Laval, de Sherbrooke, de Montréal, du Québec en Outaouais, à Chicoutimi, à Rimouski et l’UQAM en plus du Procureur général du Québec.
Fondation
Trois étudiants, Laurent Prouxl, Marc-Olivier Fortin et Alexandre Meterissian ont formé, au cours de l’été, la Fondation 1625 (montant de la première hausse de droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest) afin de recueillir des fonds pour financer le recours en justice. La Fondation est inscrite au Registre des entreprises.
Des millers d’étudiants ont subi d’importants préjudices en raison de la « grève », le printemps dernier, signale Marc-Olivier Fortin, dans une note remise au Journal. À son avis, les étudiants qui ont « boycotté » leurs cours n’avaient pas le droit d’empêcher l’accès aux salles de cours. « Un étudiant au Québec n’a pas à renoncer à son éducation sous prétexte d’un vote de grève ››, soutient M. Fortin.
« Les intimés n’ont pris aucune mesure afin de dispenser les cours et assurer la sécurité des étudiants, se pliant plutôt à la volonté des étudiants ayant voté en faveur de la grève, écrivent les requérants dans leur document déposé à la cour (...) Les établissements d’enseignement et l’État, par leur incurie, ont fait en sorte d’accorder une légitimité aux votes (de grève) pris par les associations étudiantes, privant ainsi les (requérants) de recevoir l’enseignement pour lequel ils avaient payé et qu’ils étaient en droit de recevoir. »
Milliers d’étudiants
Des milliers d’étudiants pourront se greffer au recours collectif s’il devait être autorisé, souhaitent les dirigeants de la Fondation. Les dommages à réclamer pourraient atteindre plusieurs millions de dollars, estime le procureur saisi de la requête, Me Michel Savonitto.
Les associations étudiantes, FECQ, FEUQ et CLASSE « ne peuvent être tenues légalement responsables du préjudice », reconnaît la Fondation.