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Madonna chasse ses démons

Marc-André Lemieux

Marc-André Lemieux @

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Madonna chasse ses démons dans son nouveau spectacle. Un exercice fascinant qui témoigne du parcours d’une chanteuse pop parvenue à sa pleine maturité artistique.

Devant 16 000 fans en délire hier soir au Centre Bell, l’indestructible icône a proposé un concert tantôt sombre, tantôt lumineux, mais toujours divertissant et provocant.

Madonna est apparue au public à 22 h 10. Mitraillette en main, vêtue d’un voile et d’une couronne dorée (un clin d’œil au look qu’elle arborait quand elle s’est mariée à Guy Ritchie), la chanteuse de 54 ans a retiré son attirail avant d’entonner Girl Gone Wild, accompagnée d’une demi-douzaine de danseurs aux allures de moines dépravés.

Chorégraphie réglée au quart de tour, rythme vrombissant, décolleté plongeant… Le ton était donné.

Le pied sur l’accélérateur, une main sur la gâchette, Madonna a poursuivi sa virulente course avec Gang Bang, la meilleure pièce de son dernier CD, MDNA. Telle une héroïne «badass» d’un film de Quentin Tarantino, l’étoile s’est furieusement débarrassée – un à un – des bandits masqués qui menaçaient de l’abattre dans sa chambre d’hôtel bon marché. À chaque tir, le sang giclait sur les écrans géants placés en toile de fond. Des images saisissantes qui traduisaient bien la violence des paroles du morceau. Cascades, cervelles qui éclatent, rires démoniaques… L’agressivité montrée par Madonna n’avait rien de plaqué. Au contraire. On la sentait investie, passionnée et même possédée.

Entre l’ombre et la lumière

Madonna a entamé la deuxième partie du concert habillée en majorette avec Express Yourself. Tenant à conserver son trône, elle a profité de l’occasion pour reprendre quelques lignes du fameux Born This Way de Lady Gaga, soulignant explicitement les ressemblances entre les deux pièces.

Et histoire d’enfoncer le couteau dans la plaie, elle a conclu le numéro en chantant She’s Not Me, un extrait de son album Hard Candy (2008). Comme quoi Madonna peut être tout aussi assassine en chanson qu’avec des armes à feu.

La diva a empoigné sa guitare – avec plus ou moins d’aisance – trois fois durant le spectacle. L’instrument a toutefois apporté un punch supplémentaire aux accrocheuses Turn Up the Radio et I Don’t Give A.

MDNA en puissance

Certains reprocheront à Madonna d’avoir privilégié ses plus récentes compositions et boudé plusieurs incontournables. Les chiffres ne mentent pas : 8 des 19 chansons au programme étaient tirées du dernier opus de l’Américaine. Où étaient les Into the Groove, Holiday et Music ? Nulle part.

Pour ravir les spectateurs et convaincre les critiques, Madonna se complique la vie. Au lieu d’enchaîner les tubes durant deux heures, elle sort des sentiers battus et offre des titres qui s’inscrivent dans l’histoire qu’elle souhaite raconter.

Et quand elle daigne sortir les classiques, ils sont quasi méconnaissables, ce qui donne des résultats étonnants : Open Your Heart (relecture acoustique avec Kalakan, un trio basque et son fils Rocco qu’elle a fait monter sur scène), Vogue (version Super Bowl) et Like A Prayer (dansante et spirituelle). Quant à Like A Virgin, oubliez l’instrumentation clinquante de 1985. Madonna l’aborde en toute simplicité aux côtés du claviériste montréalais Ric’key Pageot.

Seul Human Nature demeure fidèle à l’original. Madonna a d’ailleurs profité des rythmes langoureux du titre pour montrer qu’en matière de striptease, elle se débrouille encore très bien. Sous les cris approbateurs du public, elle a conclu le numéro les culottes baissées, affichant l’inscription « Free Pussy Riot » sur son dos dénudé.

La touche du Cirque

On a remarqué la signature du Cirque du Soleil – et du metteur en scène québécois Michel Laprise – à plusieurs reprises durant le concert. Pendant Hung Up, des acrobates multipliaient les pirouettes sur des sangles élastiques, tandis que Give Me All Your Luvin, était agrémentée des soldats tambours suspendus à 20 mètres dans les airs.

Impossible d’ignorer l’apport de Moment Factory, qui signe le contenu multimédia du concert. Les images verres qui revolent en éclat ont fait sensation en ouverture. Mais la firme montréalaise s’est surtout illustrée avec ses 36 cubes motorisés couverts d’écrans LED qui métamorphosaient la scène en un tournemain.

Madonna a mentionné ses racines québécoises durant une intervention au micro – sa mère était Canadienne-française. « On a une connexion spéciale ! », a-t-elle lancé.

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