On dit souvent que les électeurs votent contre un parti bien plus qu’ils ne votent pour un parti. Ce sera mon cas cette fois.
Je ferai ma croix à côté du nom du candidat péquiste. Mais ce sera un vote contre les libéraux d’abord et avant tout. L’idée d’un quatrième mandat libéral me ramollit les jambes.
J’aurais voté pour la CAQ si François Legault n’était pas devenu si inconditionnellement fédéraliste qu’il a maintenant la bénédiction de The Gazette. Je ne lui demandais même pas de rester un souverainiste pressé, mais de se garder une petite gêne nationaliste comme l’ADQ de jadis.
Oui, je sais, je pourrais vous donner une longue liste d’excellentes raisons pour lesquelles j’aurais pu ne pas voter pour le PQ.
En 2005, Pauline Marois nous disait vouloir moderniser le modèle québécois. On voit aujourd’hui le spectaculaire résultat.
Le programme économique et fiscal du PQ est populiste, irréaliste et taillé sur mesure pour courtiser la clientèle tentée par Québec solidaire. La pensée péquiste sur le financement des services publics est totalement dépassée.
Son comportement pendant le conflit étudiant a été désolant. Au moins, Québec solidaire croit réellement ce qu’il dit. Il a tort, mais il est sincère. Des tas de péquistes admettent en privé qu’une hausse des droits de scolarité est nécessaire.
UN PARI
La semaine dernière, j’avais écrit que je croyais Mme Marois quand elle disait n’avoir pas compris la question sur ces souverainistes plus à droite qu’elle envoyait promener. Des lecteurs se sont empressés de m’envoyer la séquence télévisée. Oups !
Se pourrait-il que je vote pour un parti dont la chef me dit carrément qu’elle ne veut pas de mon vote ? Remarquez, ce ne serait pas la première connerie de ma vie.
Il est évident aussi que le PQ actuel ne fera pas la souveraineté. Un autre PQ, peut-être, mais pas celui qu’on a devant nous.
Il n’est pas assez rassembleur, pas assez inspirant. Il n’a pas assez de hauteur et de lucidité. L’indépendance ne m’a jamais semblé aussi nécessaire et aussi éloignée en même temps.
D’ici là, à supposer que ce jour vienne, le PQ actuel défendra sans doute mieux l’intérêt national du Québec au sein du Canada que les deux autres grands partis. Un redressement sur le front linguistique est aussi urgent.
Mathieu Bock-Côté oppose souvent ceux qui souhaitent une modernisation économique et ceux qui se réclament d’une identité francophone renforcée. Imaginez le dilemme de ceux qui, comme moi, croient qu’il faut faire les deux !
Au fond, je fais le pari que l’exercice du pouvoir injectera une dose de réalisme et de responsabilité au PQ et le ramènera plus près d’où je pense qu’il devrait être.
Je ne le cache pas : ce sera l’un des votes les plus désenchantés de toute ma vie.