De nombreux membres en règle des Hells Angels ont rendu un dernier hommage à un de leurs vétérans dans ce qui avait tout d’une opération visibilité visant à faire sentir leur présence à Montréal.
Ils étaient une centaine de motards venus des quatre coins du pays pour saluer le départ de Gaétan Comeau, dimanche, au complexe funéraire Magnus Poirier de la rue Sherbrooke Est (voir texte ci-contre).
Leurs vestes ornées de patchs bien en vue et verres fumés sur le nez, des membres des chapitres de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, mais surtout de l’Ontario ont défilé devant le complexe tout au long de l’après-midi.
Rien de moins que l’ensemble des membres des Hells Nomads de l’Ontario y était selon les sources consultées par le Journal. Leur chef, Paul « Sasquatch » Porter figurait d’ailleurs en tête du cortège.
Il ne se serait pas vu de rassemblement d’une telle importance depuis les célébrations du 30e anniversaire du chapitre de Montréal en 2007.
La réunion des motards à l’occasion du décès de M. Comeau est une manifestation de la présence des Hells Angels en sol québécois telle qu’il est très rare d’en voir depuis que les membres de la province ont été décimés par l’Opération SharQc en 2009.
En effet, une centaine de Hells d’ici sont aujourd’hui derrière les barreaux. Les autres sont en cavale.
Ce sont leurs voisins ontariens qui se chargent de tenir le fort alors que les Hells québécois se retrouvent sous les verrous.
L’important rassemblement de dimanche à Montréal semblait donc être l’occasion parfaite de rappeler à tous que les motards sont toujours bien présents.
Woolley présent
D’autant plus que cet exercice de visibilité des Hells survient quelques semaines après une tentative d’unification de tous les gangs de rue de la métropole sous les ordres des Syndicates, un gang à la solde des Hells.
Le Journal a d’ailleurs reconnu parmi les personnes présentes Gregory Woolley, à l’origine de cette tentative.
Ancien homme de confiance de Maurice « Mom » Boucher, il est le chef des Syndicates qui contrôlent le trafic de la drogue au centre-ville de Montréal.
D’autres se sont joints à la cérémonie. Plusieurs membres de clubs émergents québécois en ont profité pour se montrer aux côtés des Hells Angels.
Certains arboraient ainsi les couleurs des Devil's ghosts de la Rive-Nord, des Deimo's Crew ou encore des Brotherhood de Montréal.
Ils n’ont toutefois pas pu se restaurer en compagnie des Hells et de la famille du défunt, qui seuls étaient admis dans le restaurant Dora, non loin du complexe funéraire où a eu lieu la cérémonie.
D’ordinaire clos les dimanches, l’établissement a ouvert ses portes pour recevoir les membres du groupe tout au long de l’après-midi.
Sous haute surveillance
Tout autant de policiers que de Hells étaient postés aux abords du complexe funéraire.
Les forces policières avaient encerclé l’endroit, se gardant toutefois de bloquer l’accès aux rues qui y mènent.
C’est que les policiers étaient bien au fait de la présence des membres du club dans la métropole.
La Sûreté du Québec avait intercepté l’arrivée des Hells à Vaudreuil dans les jours précédents. Deux motos auraient alors été saisies parce que leurs conducteurs ne détenaient pas de permis de conduire valide au Québec.
Devant le complexe funéraire, certains policiers s’affairaient à documenter le rassemblement, en photographiant et identifiant les personnes présentes.
Ils n’étaient pas seuls à observer de près le rassemblement. Plusieurs badauds et touristes se sont arrêtés devant l’endroit le temps d’examiner de plus près ce qui s’y déroulait.
Avec les informations de Daniel Renaud