Jean Charest quitte la vie politique. Le premier ministre sortant a annoncé sa décision dans un discours solennel, mercredi après-midi à l'Assemblée nationale, au lendemain d'une élection générale qui a relégué les libéraux sur les banquette de l'opposition officielle.
«Je quitterai mes fonctions de chef du Parti libéral du Québec dans quelques jours, dès que le prochain gouvernement sera formé», a déclaré Jean Charest. L'homme était seul au bas de l'escalier du foyer de l'Assemblée nationale, cinq drapeaux du Québec placés derrière lui, pour annoncer sa décision dont la teneur circulait depuis déjà quelques heures.
Les membres de son conseil des ministres qu'il venait de rencontrer assistaient à la scène, le visage triste; certains ne pouvaient retenir leurs larmes. Au terme de sa déclaration qui a duré une dizaine de minutes, M. Charest est remonté l'escalier seul en route pour retrouver sa famille. Il a pris congé des questions des journalistes.
Fierté
Il a fait une énumération rapide de ce qui le rend fier d’avoir été le premier ministre du Québec, notamment ce qu'il a fait en faveur des familles, pour la santé, la lutte contre le décrochage scolaire, ou encore l’accès des femmes aux plus hautes fonctions de l’État.
Puis, solennelle, il a tenu à remercier sa femme, Michelle Dionne et a dit voir un signe dans le fait qu’il va bientôt être grand-père. À ce moment de son discours, Jean Charest a été submergé par l’émotion, et il lui a fallu quelques secondes avant de conclure.
L’ex-premier ministre a été battu mardi dans sa circonscription de Sherbrooke par le candidat du Parti québécois Serge Cardin. Il était député de ce comté depuis 1998 et premier ministre du Québec depuis 2003.
Mardi soir, lors de son discours de défaite, M. Charest avait dit assumer «l’entière responsabilité du résultat», et avait laissé entendre qu’il n’était pas prêt à se retirer de la vie politique. «Je vous donne rendez-vous pour que nous puissions, ensemble, continuer ce travail», avait-il en effet lancé avant de quitter.
Coopération souhaitée
M. Charest a salué l’élection de la première femme premier ministre dans l’histoire du Québec. «Je souhaite au gouvernement de Mme Marois le succès que les Québécois peuvent espérer en formulant le vœu que les partis représentés à l'Assemblée nationale sachent emprunter le chemin de la coopération», a souhaité Jean Charest.
Cette décision marque le départ d'un personnage qui a occupé l'espace politique québécois et canadien pendant 28 ans. Jean Charest fut d’abord élu député fédéral de Sherbrooke dans le gouvernement progressiste conservateur de Brian Mulroney en 1984 avec qui il a officié pendant huit ans.
Il fut par la suite chef du Parti progressiste conservateur en 1997, avant de prendre la direction du Parti libéral du Québec en 1998, qu'il conduisit au pouvoir en 2003 pour l'y maintenir jusqu'à l'élection du 4 septembre.