Le vrai Michel Dumont et sa femme, Solange Tremblay, ont été émus en regardant le film L’affaire Dumont, qui relate leur long combat judiciaire.
Le couple, campé à l’écran par Marc-André Grondin et Marilyn Castonguay, a pu voir le film pour la première fois il y a quelques semaines, lors d’une projection privée avec le réalisateur Podz.
« Ils ont été émus et sous le choc de voir ces onze années difficiles de leur vie condensées en un film de deux heures, relate Podz (Les 7 jours du talion, 10 et demi, Minuit le soir).
« C’est sûr que je voulais qu’ils se reconnaissent dans le film et qu’ils aient le sentiment que c’est véridique. Mais mon but premier était de faire un bon film, pas de leur plaire. C’est la même chose quand je fais la série 19-2. Je suis flatté que les policiers me disent que c’est fidèle à ce qu’ils vivent. Mais encore là, mon objectif premier, c’est de faire une bonne série. »
C’est l’actrice Geneviève Brouillette qui a été la première à avoir eu l’idée d’un film inspiré de l’histoire de Michel Dumont et Solange Tremblay. Elle a rapidement pensé à Podz pour la réalisation. Ce dernier, en a parlé à la productrice Nicole Robert avec qui il travaillait Les 7 jours du talion, qui a elle aussi embarqué dans le projet.
« Dès le départ, ça m’a intéressé, admet le cinéaste. Hey, c’est l’histoire d’un gars faussement accusé de viol et qui a fait du temps pareil ! Comment ne pas être touché et révolté par cela ? J’ai commencé à lire les documents de cour, à voir comment les gens ont dealé avec ça. On se rend compte à quel point ça peut arriver à n’importe qui. J’ai tout de suite vu là un bon sujet de film. »
Selon lui, cette histoire en dit long sur l’imperfection de notre système judiciaire.
« Il faut faire attention quand on s’embarque dans une affaire comme celle-là, signale-t-il. Il faut poser les bonnes questions et s’entourer des bonnes personnes, parce qu’on peut se faire bouffer très rapidement. Michel n’avait pas les avantages de quelqu’un qui a de l’argent et une bonne éducation. Il s’est fait avaler par le système. »
Collé à la réalité
Hollywood ayant produit des tas de drames judiciaires du genre (les Erin Brockovich et autres), Podz avait plusieurs exemples sur lesquels il aurait pu s’appuyer pour faire son film. Il a toutefois décidé de s’éloigner des différents modèles hollywoodiens, autant pour la mise en scène que pour la structure du scénario (écrit par Danielle Dansereau).
« Quand Geneviève (Brouillette) m’a parlé de cette histoire, j’ai tout de suite pensé à un film qui se terminait avec des écriteaux qui indiquaient où en étaient rendus les personnages, admet-il.
« J’aimais voir cela dans les films que je regardais quand j’étais plus jeune. Mais je voulais être proche de la réalité, éviter le côté théâtral des films judiciaires à l’américaine. Je voulais me coller à la réalité, explorer comment ça se passe dans la vraie vie. »
Fait intéressant : les dialogues des scènes en cour sont tirés des documents originaux du procès. L’un des défis, selon Podz, consistait d’ailleurs à rester collé à la réalité tout en se détachant de la véritable histoire de Michel Dumont et Solange Tremblay.
« C’est dur, parce qu’à un certain moment, il faut se dire que c’est un film. Le côté fait réel apporte quelque chose de vrai au film, mais c’est lourd comme mandat. Il y a beaucoup de considérations légales, il faut penser à beaucoup de gens. Ça alourdit le processus et ça finit par devenir anti créatif. À un moment donné, j’ai dit aux acteurs et à mon équipe : ok, on oublie ça, c’est un film qu’on fait, pas un documentaire. »
Une histoire d’amour
Dès le départ, le réalisateur a voulu aborder le récit de Michel Dumont et Solange Tremblay comme une histoire d’amour.
« Le film prend une autre tangente quand Solange arrive dans l’histoire, signale-t-il. Le film devient autre chose, on entre dans un autre monde. C’est une histoire d’amour, un combat qui repose sur la force de l’amour. »
Podz a enchaîné les tournages depuis qu’il a bouclé L’affaire Dumont. Sa nouvelle série télé, Tu m’aimes-tu, sera présentée cet automne à Radio-Canada. Et il tourne présentement la prochaine saison de 19-2.
Au printemps, il sera de retour derrière la caméra pour tourner son troisième long métrage, Miraculum, un film choral.
« Je tourne beaucoup, c’est vrai, mais j’aime tellement ça, glisse-t-il. Il y a plein d’histoires à raconter, d’univers à explorer. Et par-dessus tout, j’aime travailler. »
L’affaire Dumont prend l’affiche vendredi (le 14 septembre)